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Marseille : le témoignage glaçant de la veuve d'un ex-dealer

DOCUMENT RTL - La veuve d'un ex-dealer, tué devant chez lui le 12 août, raconte de la difficulté qu'elle a de vivre avec sa peine et revient sur la tension qui règne dans la cité phocéenne. "Ça va continuer malheureusement" présage-t-elle.

Une vue de la ville de Marseille (illustration)
Une vue de la ville de Marseille (illustration)
Crédit : NICOLAS TUCAT / AFP
Le témoignage glaçant de la veuve d'un ex-dealer à Marseille
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Morad Djabari - édité par Quentin Marchal

Théâtre d'un été meurtrier, la ville de Marseille et ses environs sont en proie à de rares violences. Depuis le début de l’année, quinze personnes sont décédées dans des règlements de compte sur fond de trafic de drogue. Le jeudi 12 août, vers 20h30 dans un quartier de Martigues, un homme de 27 ans originaire de la cité des Lauriers dans le 13e arrondissement de Marseille est tué devant chez lui. RTL est allé à la rencontre de sa femme, qui a décidé de témoigner.
Le salon est en désordre, plongé dans le noir, les volets fermés et les rideaux tirés. Avec sa fille de quelques mois sur les genoux, la maman de trois enfants en bas âge est calfeutrée dans son petit appartement depuis bientôt quinze jours, hantée par cette image de son mari gisant sur le palier.

"C'était une journée comme une autre en fait. Avec mon mari, on allait faire les courses, donc je suis rentré pour poser le bébé et aider mon mari à finir de décharger la voiture et à ce moment là j'entends des coups de feu. Je sors et je vois mon mari au sol, sans vie. J'essaye de voir si il respire et je crie pour que tout le monde appelle les secours et la police mais c'était trop tard", témoigne-t-elle.

En état de choc, la jeune femme raconte ensuite la difficulté qu'elle a de vivre avec sa peine, au quotidien : "On ne sort plus parce que ça s'est passé devant chez moi et au moment où j'essaye de sortir, je revis toute la scène". Désormais veuve, elle est une victime collatérale de cette guerre des stups à Marseille.

"Ça va continuer malheureusement"

Elle explique ensuite que son conjoint, qui était défavorablement connu des services de police, avait quitté son réseau de trafiquants de drogue et ne s'attendait pas à subir un tel sort : "Je ne savais pas du tout que ça pouvait arriver parce que mon mari avait décroché. C'était une journée en famille comme une autre, comme on en fait tout le temps. Si j'avais eu le moindre doute, je pense que j'aurais pris mon mari et mes enfants et je serais partie".
La veuve de l'ex-dealer est ensuite revenue sur le passé tumultueux de son mari, à l'origine de sa mort : "Je n'ai pas honte de le dire, mon mari a été mêlé à ça quand il était plus jeune mais il avait décroché et ça je le sais, je le dis et je le crie haut et fort. Qu'on arrête de dire 'règlement de comptes sur fond de...' parce que mon mari avait décroché et ça faisait un bon moment".

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Alors que la violence flambe à Marseille, théâtre d’une guerre des gangs qui revendiquent des territoires liés au trafic de drogue, la conjointe de l'ancien dealer se montre peu optimiste quant à l'avenir de la cité phocéenne : "Ça va continuer malheureusement parce que la police n'a pas les moyens alors que ça fait des années que ça dure. On est en France, en 2021 et je trouve qu'on ne se donne pas les moyens (pour y mettre fin). C'est malheureux mais c'est comme ça".

Un appel au secours pour trouver un nouveau logement

"Comme je le dis depuis le début, il faut essayer de se protéger au maximum, c'est tout ce que je demande parce que je pense que des femmes comme moi, il y en a plein, je suis pas la seule et si je peux aider les autres, c'est avec plaisir", ajoute-t-elle. Tandis que son adresse est désormais connue, elle craint également d'éventuelles représailles : "Même si ce n'est pas moi qui était visée, des personnes savent où j'habite. Je ne sais pas ce qui se passe dans leur tête et les proportions que ça peut prendre".

Au moment où la rentrée des classes approchent, elle espère trouver un nouveau domicile pour elle et ses trois enfants et lance un appel au secours en demandant à son bailleur social Habitat 13 d'être relogée et mise à l'abri : "Je cherche un nouveau logement où je me sentirais en sécurité, sortir, amener mes enfants à l'école parce que là j'appréhende jeudi prochain et je ne sais pas comment je vais faire. Je peux plus sortir, aérer mes volets, je suis en prison en fait" conclut-elle sur un ton glaçant.

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