1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. Marseille : comment le trafic de drogue gangrène des quartiers de la ville
2 min de lecture

Marseille : comment le trafic de drogue gangrène des quartiers de la ville

Alors qu'une nouvelle fusillade a encore éclaté à Marseille ce week-end, le trafic de stupéfiants ne recule pas. Il a même tendance à s'intensifier, embarquant même de jeunes adolescents...

Un brassard de police (illustration)
Un brassard de police (illustration)
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Hugo Amelin - édité par Charlotte Diry

À Marseille, deuxième ville de France, les règlements de comptes s’enchaînent. Dans la nuit de samedi 21 à dimanche 22 août, un homme a été enlevé en pleine rue puis retrouvé mort par balle dans une voiture en flammes. Jeudi 19 août, c’était un adolescent de 14 ans qui était exécuté à la kalachnikov.



Le trafic de stupéfiants ne recule pas à Marseille. Malgré les renforts de police et les visites du ministre de l’Intérieur, les pouvoirs publics ne parviennent pas à endiguer ce phénomène. Le nombre de points stupéfiants à Marseille ne diminue pas. Il est même passé de 156 à 160 sur les 6 derniers mois selon la brigade des stups. On compte 160 supermarchés de la drogue désormais barricadés comme Fort Knox. Il y a 10 ans, à l’entrée de ces quartiers, il y avait un guetteur, posé sur une chaise, qui ne relevait la tête que lorsqu’il repérait une voiture banalisée de la BAC.

Des barrages pour accéder à ces "points stupéfiants"

Aujourd'hui, on a de véritables barrages, des check-points, conçus avec des meubles, des containers de poubelles… Des guetteurs-paranos, armés parfois, qui fouillent les coffres, posent des questions. Ils peuvent même empêcher le visiteur de passer s’ils le soupçonnent d’être un policier déguisé en infirmière, en artisan ou en journaliste. Pour nous ce sont des territoires quasiment interdits et donc la parole des habitants est complètement confisquée.

Cela n’empêche pas la BAC nord, première BAC de France, d'enlever les barrages ou aussi, d’interpeller le revendeur de barrettes. Mais ce revendeur n’est souvent qu’un employé, âgé de 13 ou 14 ans. Il est d'ailleurs remplacé dans l’heure qui suit. C’est donc en multipliant les interventions, en "harcelant" les dealers, que le ministère de l’Intérieur entend les décourager. La mairie tente aussi de freiner le recrutement des plus jeunes par les réseaux de trafiquants.

Des guerres de territoires

À lire aussi

Mais ce "harcèlement" déclenche aussi des guerres de territoires. Un point de deal qui subit une descente, une saisie de plusieurs dizaines de kilos ou l’arrestation de 3 ou 4 têtes de réseau, se retrouve alors fragilisé. C’est à ce moment-là, que d’autres équipes, venues d’autres quartiers, vont l’attaquer, parfois tirer au hasard sur le point de deal pour terroriser ceux qui ont échappé au coup de filet… et s’accaparer l’endroit. Il faut imaginer ce que ça rapporte : entre 60.000 et 100.000 euros de chiffre d’affaires chaque jour pour les plus gros réseaux.


Depuis l’arrivée du printemps Marseillais à la mairie, les choses bougent un peu. 10 centres sociaux sont restés ouverts au mois d’août pour ne pas laisser les jeunes livrés à eux-mêmes. Pour les plus grands, c’est plus compliqué. En 30 ans, les industries ont disparues des quartiers nord. Dans une cité, il reste une boulangerie, un kebab et puis une entreprise qui fait travailler 20 personnes à plein temps (le réseau de trafiquant) et qui peut tranquillement puiser sa main d’œuvre dans ce vivier de jeunes souvent conscients des risques, mais aveuglés par les signes extérieurs de richesses.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/