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Lyon : le procès de l'agresseur de Marin s'ouvre aux assises pour mineurs

Marin, un étudiant, a été violemment agressé en 2016 pour avoir défendu un couple qui s'embrassait dans la rue à Lyon. Gravement blessé depuis, il poursuit sa longue et difficile rééducation. Son agresseur présumé risque 15 ans de prison.

La cour d'assises de Lyon (Rhône)
La cour d'assises de Lyon (Rhône) Crédit : ALLILI MOURAD/SIPA
Thibaut Deleaz
Thibaut Deleaz
et AFP

La vie de Marin, étudiant en droit et sciences politiques, a basculé en 2016 alors qu'il prenait la défense d'un couple qui s'embrassait dans la rue à Lyon (Rhône). Agressé à son tour, il est gravement blessé et est toujours, un an et demi plus tard, en rééducation. Le procès de son agresseur s'ouvre ce mercredi 2 mai devant la cour d'assises des mineurs à Lyon.

Le 11 novembre 2016, Marin, 20 ans, intervient pour défendre un couple qui s'embrasse devant le centre commercial de la Part-Dieu. Un baiser qui n'était pas au goût d'un jeune homme qui passait par là.

Après l'altercation, Marin monte dans un bus avec sa petite amie. L'agresseur le suit et lui assène, par derrière, trois coups violents à la tête avec une béquille. Marin s'effondre, et tombe dans le coma.

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J'ai abandonné tout espoir de redevenir le Marin d'avant

Marin, sur Facebook
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Depuis, il est gravement blessé. "J'ai, depuis un petit moment désormais, abandonné tout espoir de redevenir le Marin d'avant, celui qui pouvait jouer au foot, danser avec ses amis et son amoureuse en soirée", confiait-il sur Facebook un an après les faits. Sur la page "Je soutiens Marin", suivie par près de 200.000 personnes, ses proches et lui, quand il le peut, racontent son quotidien.

"Un an que je suis mentalement submergé par mes tocs, que je compte tout, etc. Un an que je subis une sorte d'allergie, qui provoque éternuements et démangeaisons à répétition. Un an que je souffre d'un problème de désinhibition (très) embêtant", écrivait-il en novembre 2017.

Une rééducation coûteuse

Après de nombreuses et lourdes opérations, Marin poursuit sa rééducation en Suisse. Mais elle est particulièrement coûteuse : 187.000 euros par trimestre payés par la Sécurité sociale, les dons réunis par "La Tête Haute", l'association créée par son entourage, et les indemnités déjà perçues. Mais il faudra attendre quatre ans après l'agression pour établir ses séquelles définitives et déterminer le montant à réclamer aux assureurs des parents de l'agresseur.

Dimanche 29 avril, il explique sur Facebook quitter la Suisse et poursuivre sa rééducation en région lyonnaise le temps de trouver une nouvelle structure d'accueil. "Estimant que je n’évoluais plus suffisamment depuis plusieurs semaines, les médecins de mon centre ont estimé qu’il était désormais temps pour moi de quitter le centre, et d’envisager une nouvelle forme de rééducation", écrit-il.

Lettres d'excuses

L'histoire de Marin a ému jusqu'au Vatican. Le pape François l'a reçu le 11 avril dernier. Une rencontre privée dans laquelle il a beaucoup été question du pardon. Son agresseur présumé, incarcéré depuis son interpellation, lui a écrit plusieurs lettres d'excuses.

Âgé de 17 ans au moment des faits, il sera jugé à huis clos par la cour d'assises des mineurs de Lyon du mercredi 2 au vendredi 4 mai. En échec scolaire, connu de la police, il avait manifestement des addictions à l'alcool et au cannabis. Poursuivi pour "violences avec usage ou menace d'une arme suivie de mutilation ou infirmité permanente", le jeune homme risque jusqu'à 15 ans d'emprisonnement

"Pas un seul jour ne passe sans qu’il ne regrette ce geste qu’il a commis et qu’il a reconnu mais qu’il n’explique toujours pas", affirme son avocate Anne Guillemaut dans les colonnes de 20 minutes. Au moment de l'agression, son client était selon elle "en pleine dérive. Il a réagi sur l'instant. Tout s'est passé en une fraction de seconde". 

Marin se présent à l'audience

Marin sera en partie présent à l'audience. Mais l'un de ses avocats, Me Frédéric Doyez, explique que sa présence "n'est pas souhaitable" pour "le côté technique est expertises". Si "Marin donne des apparences d'aller beaucoup mieux", Facebook "est un peu comme une ardoise magique, il vous donne une illusion de quelques instants et ensuite tout s'efface", souligne Me Doyez.

"Marin et sa famille attendent une réponse sous forme de condamnation. Ils veulent qu’il (l'accusé, ndlr) s’explique et veulent voir si ces explications correspondent au contenu des lettres qu’il a adressées à Marin depuis sa cellule", explique Me Doyez à 20 minutes

"Ce qui est attendu de ce procès, c'est une possibilité pour Marin de tourner cette page-là, pour ne plus avoir comme perspective que celle de sa guérison", complète Me Jean-Félix Luciani.

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