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Liste noire, animaux morts enterrés... Le Zoo d'Amnéville au cœur de la tourmente

VU DANS LA PRESSE - Des employés du zoo d'Amnéville en Lorraine dénoncent les pratiques douteuses du parc. Au total, 120 personnes poursuivent le parc aux prud'hommes.

Un éléphant dans un zoo à Amnéville, le 15 juin 2018 (Illustration)
Un éléphant dans un zoo à Amnéville, le 15 juin 2018 (Illustration) Crédit : AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN
Venantia
Venantia Petillault

Criblé de dettes, attaqué aux prud'hommes, le zoo d'Amnéville est pris dans un tourbillon judiciaire depuis ce mercredi 4 décembre. Dans une enquête de France Bleu Lorraine Nord, d'anciens et d'actuels salariés dénoncent les agissements douteux de l'entreprise. 

Le déclencheur, un fichier Excel portant le nom "Olive Black List" qui serait tenu par plusieurs membres du zoo. Au total, 214 noms surlignés en jaune et associés aux mentions suivantes : "élément perturbateur en service restauration", "problème pru'dhomme", "problème en fin de contrat, a réclamé des heures impayées" mais encore "anti-cirque", "sympathisant association animaliste"...

Dénoncé à la police début 2019 par une employée, le document n'aurait fait l'objet d'aucune enquête. Le directeur du zoo, Michel Louis, nie l'existence de cette "liste noire" : "c'est n'importe quoi, vous pouvez d'ailleurs regarder dans nos ordinateurs". Une invitation qui fait suite à un grand nettoyage du parc, selon les informations de France Bleu. 

Salaires démesurés et cimetière d'éléphants

À partir de 2014, les virements sont instaurés et certains salaires décollent de façon arbitraire. Un ancien proche de Michel Louis, interviewé par France Bleu fait part de sa consternation : "une caissière à plus de 3.000 euros par mois, ça parait énorme, non ?". De plus, le directeur aurait distribué des cadeaux et du liquide pour les salariés qu'il considérait comme étant les plus méritants. 

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Les dénonciations envers les pratiques de ce parc qui abrite 2.000 animaux, ne s'arrêtent pas là. L'enquête révèle que l'entreprise, faute d'avoir les moyens de payer l'équarrissage des animaux, les enterrait de façon hasardeuse : "un lion, un puma, un boa... On n'avait pas les moyens de payer l'équarrissage, alors on acceptait, pour la boîte", explique Julie. Un autre employé confiait qu'en 2017, alors qu'un gorille était officiellement mort d'une "rupture d'anévrisme", il aurait en réalité succombé à une "erreur d'anesthésie". 

Des eaux usées dans la nature

Le zoo d'Amnéville ne semble pas non plus avoir de pratiques très écologiques. À six endroits différents, fin novembre, des tuyaux, des tubes sortent du parc et déversent du liquide dans la forêt. La mairie d'Hagondange affirme que "tout va bien" mais un ancien salarié, pense le contraire : "les eaux usées des tapirs, des tamanoirs, des jaguars, des perroquets, des manchots partent dans la nature, avec parfois des produits détergents comme du chlore ou de l'acide chlorhydrique". 

Face à ces multiples accusations, Michel Louis n'a pas souhaité s'exprimer davantage sur France Bleu Lorraine Nord mais affirme que "tout est bidon". L'audience est prévue le 3 février 2020.

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