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Meurtre de Kévin à Mourmelon-le-Grand : deux mineurs mis en examen pour assassinat

Les deux suspects du meurtre de Kévin ont été mis en examen pour assassinat, annonce le procureur de Reims. Ils auraient soigneusement mis sur pied le piège mortel dans lequel la victime est tombée.

Un agent de police (photo d'illustration)
Un agent de police (photo d'illustration)
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Meutre de Kévin : "une détermination certaine" et une dynamique "quasiment machiavélique" selon le procureur
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Thibaut Deleaz

"Une détermination certaine" et une dynamique "quasiment machiavélique". Le meurtre de Kévin, poignardé samedi 2 juin à Mourmelon-le-Grand, aurait été prémédité par deux adolescents qui le connaissaient, a détaillé Matthieu Bourrette, le procureur de Reims, lors d'une conférence de presse mercredi 6 juin. Les deux mineurs de 17 ans ont été mis en examen pour assassinat.

O. s'est rendue samedi vers 15h au parc avec Kévin, qu'elle appelle son "presque petit ami". Le jeune homme est poignardé à une vingtaine de reprises, dont deux coups mortels aux poumons, par un homme qui prend la fuite. Dans sa première déclaration, O. indique qu'une altercation a démarré lorsque Kévin a tenté d'empêcher un individu de lui voler son sac à main.

Grâce à sa description, les enquêteurs réalisent un portrait robot du suspect, qui sera relayé dans la presse. Sauf qu'il ne correspond pas du tout à l'individu qui a poignardé le jeune Kévin.

L'arme du crime retrouvée au domicile du suspect

C'est le témoignage d'un camarade de classe qui va remettre les enquêteurs sur la bonne piste. Lundi 4 juin, au retour en classe, il remarque que son camarade A. boite et est blessé, et fait le lien avec ses sentiments envers O. et le meurtre de Kévin. Il en parle à son père qui alerte les enquêteurs.

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A. est appréhendé au domicile familial, et son ADN correspond à celui du sang retrouvé sur le chemin de fuite de l'auteur du meurtre. Chez lui, les enquêteurs ont trouvé un poignard, qui s'avère être l'arme du crime, ainsi que des vêtements ensanglantés. Il portait au moment des faits deux pantalons, et s'est changé en quittant le parc à pied pour ne pas être repéré.

Il s'était confié à sa petite sœur après le meurtre, à laquelle il aurait tout avoué, a détaillé le procureur. Il lui aurait dit avoir agi à la demande de O., qui souhaitait se débarrasser de Kévin qui la "harcelait" selon elle.

Un assassinat soigneusement planifié

Le jeune homme a reconnu les faits en garde à vue, et indique avoir organisé le meurtre avec la "complicité active" de O., 3 à 4 jours avant. Selon lui, elle devait donner rendez-vous à Kévin dans le parc, où A. devait simuler le vol du sac de la jeune femme pour conduire la victime à intervenir et le poignarder.

Il indique que O. devait, dans leur plan, être blessée pour donner plus de crédit à l'attaque. Les deux suspects avaient même recherché une photo sur internet pour préparer le portrait robot.

L'exploitation de leurs téléphones montre, selon le procureur, qu'ils ont eu des contacts "quasi-quotidiens" durant ces 6 derniers mois, signe d'une certaine proximité entre eux. Il évoque avoir trouvé dans leurs échanges "des photos d'une certaine intimité et suggestibilité de la jeune fille", et des photos où ils se mettent en scène avec des armes de guerre.

Une passion pour les armes

A. avait cherché à se construire un alibi, prétextant être allé courir. Il avait posté une photo de ses chaussures de sport sur les réseaux sociaux, et écrit "J'ai bien couru lol". Le jour du meurtre, il venait d'être breveté pour sa préparation militaire marine. Il a admis avoir une passion pour les armes et les reconstitutions d'épisodes de guerres.

Le suspect minimise ses sentiments envers la jeune fille, disant ne pas penser en être amoureux, bien que les témoignages de son entourage laissent au contraire apparaître un amour fort. Il explique aux enquêteurs, comme à sa petite sœur, avoir tué Kévin pour que O. puisse s'en débarrasser, mais aussi par vengeance. Il dit avoir été exclu d'un groupe d'amis communs à cause de la victime.

Le rôle encore flou de la jeune femme

Le rôle qu'a pu jouer la jeune femme dans le meurtre reste encore flou. Elle assure que A. a préparé seul le meurtre pour la libérer de l'emprise de Kévin. O. a appelé à plusieurs reprises les gendarmes pour faire part de sa peur d'être mise en cause par A., avant sa garde à vue.

Elle a admis avoir rencontré A. une heure avant les faits, et l'avoir parfaitement reconnu lorsqu'il aurait poignardé Kévin, contrairement à sa déclaration initiale. O. assure qu'elle ne voulait pas la mort de la victime.

"Je ne peux que m'interroger pour savoir si j'ai 'de nouveaux amants diaboliques' ou si j'ai une logique de bras armé avec une tête criminelle", a déclaré le procureur Matthieu Bourrette lors de la conférence de presse.

Le parquet a ouvert une information judiciaire pour assassinat contre A. et O. Ils encourent 20 ans de réclusion criminelle, voire 30 ans si l'excuse de minorité n'est pas retenue aux assises.

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