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Le dispositif Alerte enlèvement (illustration)
Crédit : THOMAS COEX / AFP
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Les yeux rivés sur un tableau blanc où figure, inscrit au feutre vert, un scénario d’enlèvement. Huit enquêteurs, chacun installé devant un ordinateur, téléphone à portée de main, écoutent attentivement les consignes. Dans le cadre de l’exercice, ce sont des collègues policiers qui se font passer pour des témoins.
Les appels s’enchaînent. "Vous-même, vous étiez en voiture ? L’homme ressemblait à quoi, s’il vous plaît ?" demande l’un des opérateurs. Un autre recentre un interlocuteur : "Monsieur, je vous coupe, vous n’êtes pas chez Pizza Peroni, vous êtes sur un standard d’appel téléphonique pour une alerte enlèvement. Je vous prie de bien vouloir raccrocher."
À chaque appel jugé concluant, l’écoutant lève la main. La responsable de la cellule observe, note, centralise les informations sur un tableau. "Un témoignage vraiment crucial avec l’enfant retrouvé par un médecin dans un hôpital. Dans ce cas-là, moi, j’appelle immédiatement le service territorial local pour envoyer un équipage sur place", explique-t-elle.
Dans le scénario du jour, le petit "Mezzo" est finalement localisé à l’hôpital de Nancy. L’exercice prend fin au bout de vingt minutes. Ces entraînements, organisés chaque vendredi, visent à maintenir les équipes en condition opérationnelle. Chaque information collectée est transmise aux chefs de salle, qui disposent de fiches de synthèse et relaient aux services territoriaux sur l’ensemble du territoire pour vérification. L’objectif : fluidifier la circulation des renseignements et garantir la réactivité maximale le jour où une vraie alerte sera déclenchée.
Depuis sa création en 2006, 37 alertes ont été lancées. Dans 35 cas, les enfants ont été retrouvés sains et saufs. Un taux de réussite qui s’explique notamment par la mobilisation du public.
À chaque déclenchement, la cellule d’appel peut recevoir en moyenne 360 appels. "On peut monter à près de 1 000 appels dans certains cas. Ça peut être énorme et il faut pouvoir l’absorber. Nous avons toujours assez d’opérateurs pour répondre au plus vite, afin qu’il n’y ait pas d’attente", explique Charlotte Savicky, cheffe adjointe de l’Office central pour la répression des violences aux personnes, à l’issue de l’exercice.
Le déclenchement du dispositif relève du procureur de la République. C’est lui qui "appuie sur le bouton", après vérification de critères stricts : l’enlèvement d’un mineur, un danger avéré pour son intégrité physique, et des informations suffisamment précises sur le lieu, l’heure ou l’auteur présumé.
Thomas Pison, alors procureur à Nancy, a dû déclencher l’alerte à deux reprises, une situation rare. La première fois, en décembre 2012, pour Lucas, un nourrisson de trois jours. Deux ans plus tard, il réitère pour un autre enfant.
"Si on retrouve l’enfant, c’est grâce à vous. Si on ne le retrouve pas, c’est à cause de vous", confie-t-il au micro de RTL. "C’est assez angoissant. Ça met une vraie pression. Mais pour Lucas, quand j’ai appris qu’il avait été retrouvé, j’ai été très ému."
L’analyse des dossiers révèle par ailleurs une évolution marquante : l’alerte est désormais majoritairement déclenchée dans des contextes familiaux. Sur les quatorze derniers cas recensés ces six dernières années, onze concernaient des enlèvements intrafamiliaux.
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