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L'État attaqué pour la pollution : "C'est la révolte des victimes", assure Écologie sans frontière

INTERVIEW - Une Parisienne souffrant de problèmes respiratoires a attaqué l'État en justice pour sa politique de lutte contre la pollution. Une procédure pour "carence fautive", détaille le vice-président de l'association.

Pollution de l'air à Paris, le 23 janvier 2017
Pollution de l'air à Paris, le 23 janvier 2017
Crédit : SIPA
Claire Gaveau
Claire Gaveau

Une offensive citoyenne. Clotilde Nonnez, qui habite à Paris depuis trente ans maintenant, a décidé d'attaquer l'État en justice. La raison ? Les conséquences de la pollution sur la santé. "J'ai été danseuse professionnelle avant d'être professeur de yoga donc j'ai toujours été sportive, je n'ai jamais fumé. J'ai toujours eu une hygiène de vie très saine", déclare-t-elle à Franceinfo

Pourtant, malgré ce rythme de vie sérieux, la quinquagénaire a très rapidement développé "un asthme important". Et l'accumulation des pics de pollution en décembre dernier ont considérablement détérioré la santé de cette Parisienne. "J'ai vu une évolution dans les douleurs thoraciques. Ça a été pire que tout. J'ai eu peur parce que j'ai senti tout de suite qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas", raconte-t-elle. Celle qui est obsédée par Airparif et la météo souffrait dès lors d'une péricardite aiguë, un problème cardiaque grave.

L'État attaqué pour "carence fautive"

Si les premières plaintes d'associations remontent au début des années 2000, celle-ci est une véritable première en France. "Ce coup-ci, c'est une victime qui dépose plainte avec le soutien des associations. On prend en charge les frais, on fait une requête d'indemnisation car les malades subissent des préjudices", détaille Nadir Saïfi, vice-président d'Écologie sans frontière, contacté par RTL.fr. Mobilisée dans cette bataille, l'association assure que l'État  "ne fait pas suffisamment de choses", ce qui en termes juridiques s'appelle une "carence fautive".

Les réglementations ne sont, selon elle, pas suffisamment contraignantes et sont régulièrement dépassées dans les grandes villes, les bassins industriels et parfois même dans certaines zones rurales. Si les autorités ont notamment mis en place la circulation alternée, la réduction de la vitesse ou encore le recours aux vignettes lors des pics de pollution, Nadir Saïfi est catégorique : "C'est de la gnognotte, c'est histoire, déplore-t-il. La seule chose qu'il faut faire, c'est éradiquer le diesel, mettre en place une fiscalité écologique et donner les moyens aux citoyens d'avoir une voiture propre".

Les gens sont tétanisés, il faut faire en sorte d'aller devant les tribunaux

Nadir Saïfi, Écologie sans frontière
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Selon vice-président d'Écologie sans frontière, la priorité demeure "sûrement" la pollution automobile. "On la subit tout de suite, elle tue beaucoup de gens, des milliers de personnes sont malades et subissent des attaques, développent la maladie de Parkinson ou des cancers", assure-t-il voulant notamment s'inspirer du Japon par exemple, "qui s'est mis extrêmement tôt à l'électrique".

Un appel à la révolte pour les victimes

Face à ce combat, qui s'annonce d'ores et déjà ardu, il demeure confiant alors que les plaintes des associations n'ont jamais abouti. "Ce coup-ci, cela peut aboutir. Les dossiers sont solides. On travaille dessus depuis plus de trois mois et l'avocat, Me Lafforgue, connaît parfaitement son sujet".

Soutenue par plusieurs associations, Chlotilde Nonnez pourrait bientôt être imitée par d'autres victimes. "C'est la révolte des victimes, on les incite à faire en sorte que l'on répare ce préjudice", glisse Nadir Saïfi à RTL.fr. Avant de poursuivre : "Révoltez-vous ! Les gens sont tétanisés, il faut faire en sorte d'aller devant les tribunaux car l'État démonte la santé des citoyens". Au total, une trentaine de personnes pourraient également suivre le chemin tracé par la Parisienne dans les mois à venir, à Paris, Lyon, Lille ou encore dans la vallée de l'Arve.

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