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Jihad : Salim Benghalem condamné à 15 ans de prison

Le Français sous le coup d'un mandat d'arrêt international a été condamné, en son absence, par le tribunal correctionnel de Paris.

Le jihadiste français Salim Benghalem
Le jihadiste français Salim Benghalem Crédit : HO / AL HAYAT MEDIA CENTRE / AFP
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et AFP

Salim Benghalem, le bourreau présumé de l'État islamique a été condamné, en son absence, à 15 ans de prison. Le Français était le principal prévenu dans le procès d'une filière d'acheminement de jihadistes vers la Syrie qui a commencé le 1er décembre, devant le tribunal correctionnel de Paris. Les six autres prévenus de l'affaire ont été condamnés à des peines allant de six à dix ans de prison. 

C'est le premier procès de jihadistes présumés depuis les attentats du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts et 350 blessés à Paris. Salim Benghalem est considéré comme l'un des plus dangereux djihadistes français. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, il est recherchés par les États-Unis. Son sinistre parcours a commencé en prison, il y a une dizaine d'années.

Le petit délinquant devenu terroriste

Salim Benghalem a déjà été condamné à 11 ans de prison en 2007 devant les assises du Val-de-Marne, pour un assassinat dans un règlement de comptes entre cités en 2001. Selon un proche du dossier, c'est en prison qu'il rencontre des islamistes violents, comme Mohammed El Ayouni, pilier de la filière des Buttes-Chaumont, groupe radical du nord parisien que Benghalem fréquentera à sa sortie de prison. Il y rencontrera notamment les futurs assassins de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, les frères Kouachi et Amédy Coulibaly

Désormais "client" identifié de l'antiterrorisme, il est interpellé en septembre 2010 pour le projet avorté d'évasion d'un auteur des attentats de 1995, Smaïn Aït Ali-Belkacem. Coulibaly et Chérif Kouachi sont condamnés. Benghalem s'en tire avec une garde à vue.

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En juillet 2011, il part avec l'un des Kouachi pour Oman, porte d'entrée pour le Yémen, sans prévenir ses proches. Lorsqu'il revient trois semaines plus tard, il leur aurait raconté avoir été formé aux armes par une "tribu de jihadistes". À cette occasion il aurait croisé un gros poisson du radicalisme islamiste français, Peter Chérif, et des responsables d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). À en croire les confessions d'un proche aux policiers, Benghalem aurait raconté avoir reçu pour mission "de commettre un attentat en France contre des Américains". Il aurait renoncé, entretenant "un doute sur le bien-fondé" d'une telle action. 

Il n'empêche, ses envies d'"hijra", d'émigration en terre d'islam, se font de plus en plus fortes. En décembre 2012, il part en Tunisie, et y tisse des liens avec des Tunisiens qu'il retrouvera en Syrie. Une destination naturelle pour un islamiste radical français. Benghalem y part mi-2013. Celui qui se fait appeler "Abou Mohamed" reste en contact avec la France par Skype et Viber, raconte les combats, les rivalités entre jihadistes, affiche son souhait de "mourir en martyr". En novembre 2013, selon le récit de son épouse, il est blessé par balle à une jambe. Mais il guérit. Un proche du dossier décrit un homme endurci, "insensible".

Un bourreau au service de Daesh

"Il travaillait dans une prison et il participait aux interrogatoires", notamment de soldats de Bachar al-Assad mais aussi de personnes ayant commis des infractions au regard des règles de l'État islamique "car il fait partie de la police islamique", a expliqué en audition un membre de son entourage. Comme l'a révélé Le Monde, il a été avec Mehdi Nemmouche, le tireur du musée juif de Bruxelles, un des geôliers des quatre journalistes français libérés en avril 2014 après dix mois de détention. En le plaçant en septembre 2014 sur leur liste noire, les Américains n'ont exprimé aucun doute : loin d'être chargé de verbaliser des infractions mineures comme ont pu l'affirmer certains proches à Cachan, Benghalem "effectue des exécutions pour le compte" de l'EI.

Selon le récit d'un proche aux enquêteurs, l'homme - qui compare son parcours à celui de Mohamed Merah : délinquance, prison, radicalisation - ne croyait plus alors que les attentats à la bombe soit "d'actualité". Pour lui, ce sont "les tueries en série qui sont préconisées". Le 9 février 2015, dans une vidéo de propagande tournée par le Britannique John Cantlie, journaliste otage de Daesh, il exprimait sa joie après les tueries de Paris et appelait ses "frères" à des actions similaires.

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