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INFO RTL - La Caisse d’Épargne devra éponger l’ardoise des escrocs de Bali

La banque, condamnée pour blanchiment, devra rembourser quatre millions d’euros aux victimes de deux coachs en bien-être, qui leur avaient fait miroiter des investissements de rêves à Bali.

La Caisse d'Epargne (illustration)
La Caisse d'Epargne (illustration)
Crédit : Sameer Al-DOUMY / AFP
INFO RTL - La Caisse d'Épargne devra éponger l'ardoise des escrocs de Bali
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Me Antoine Vey, avocat des victimes de l'arnaque Vivalavi
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Thomas Prouteau - édité par Thibault Nadal

Après des années de combat judiciaire, plusieurs dizaines de victimes de l’escroquerie Vivalavi vont retrouver une partie de leurs économies disparues. Décision rare : c’est la banque française par laquelle ont transité certaines des opérations frauduleuses qui est condamnée à payer solidairement une partie de l’ardoise. 

La Caisse d’Épargne d’Île-de-France, condamnée le 16 décembre en appel pour blanchiment, devra verser solidairement 4,05 millions d’euros d’après un décompte consulté par RTL. C’est une victoire importante pour les victimes flouées car les fonds investis en pur perte entre 2009 et 2014 dans un complexe touristique de rêve à Bali, ont purement et simplement disparu. Et les deux frères à l’origine de la filouterie, les "coachs financiers" Eric et Frank Girardot, condamnés en appel pour escroquerie en bande organisée le 16 décembre, sont aujourd’hui insolvables. Sans la condamnation en appel de la Caisse d’Épargne, qui avait été relaxée en première instance, les investisseurs n’auraient sans doute jamais revu leurs fonds.

Pour l’avocat Antoine Vey, qui défendait 51 parties civiles au procès, ce n’est pourtant qu’une victoire d’étape car toutes les victimes n’ont pas le droit à l’indemnisation décidée par la Cour d’appel : "C’est essentiel parce que ce type d’escroquerie ne peut pas prospérer sans établissement bancaire… mais c’est une victoire à la Pyrrhus puisque la Cour d’appel a trié en quelque sortes en fonction des victimes et quasiment la moitié d’entre elles ne recevront rien en l’état de la décision", a-t-il expliqué.

Un préjudice global estimé à 13 millions d'euros

Seule la Caisse d’épargne d’IDF a été en effet été condamnée, alors que d’autres banques étrangères comme HSBC étaient impliquées dans le montage financier et n’ont pas été poursuivies. Et seule la période 2012-2014 a été retenue par la Cour d’appel comme période où la Caisse d’Épargne d’Île-de-France avait suffisamment "d’indices" pour avoir "conscience" de l’origine frauduleuse des fonds. Du coup la justice ne retient la responsabilité de la banque qu’à hauteur 50%. 

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En clair pour chaque investisseur floué qui rentre dans les clous, le montant restitué sera égal à la moitié de la somme perdue. Les 51 parties civiles représentées par Me Antoine Vey ont donc formé un pourvoi en cassation pour contester la décision et obtenir une condamnation solidaire de banque sur l’ensemble du préjudice chiffré par la justice soit 13 millions d’euros.

Les deux camps vont se pourvoyer en cassation

La banque elle, indique "ne pas comprendre" la décision qui va "à l’encontre de la jurisprudence", selon Olivier Provost, porte-parole de la Caisse d’épargne d’Île-de-France et va également se pourvoir en cassation. L’établissement considère en effet que le blanchiment suppose d’avoir eu "l’intention" de commettre le délit alors que dans ce dossier, la "non-intentionnalité" est avérée selon la banque. 

En clair la Caisse d’Épargne d’IDF reconnait le défaut de vigilance mais pas celui d’une responsabilité. Tandis que la Cour d’appel estime que la banque avait forcément conscience de l’illégalité du montage des frère Guillot qu’un rapport Tracfin cité dans l’arrêt du 16 décembre a caractérisé comme de la "cavalerie" : les nouveaux investisseurs servaient à servir des intérêts aux plus anciens… jusqu’à ce que la pyramide s’écroule.

Jusqu'à 450.000 investis

Pour Aline, une des victimes défendues par le cabinet d’Antoine Vey, la position de la banque est intenable : "Dès l’instant que la Caisse d’Épargne a accordé sa confiance aux deux frères, ils doivent indemniser les victimes et tâcher de récupérer l’argent où il existe… s’il existe". 

À ce jour les 13 millions d’euros envolés n’ont en effet pas pu être retrouvés. Aline a investi 450.000 euros dans le projet après avoir rencontré les deux frères "dans un salon Zen" et leur avoir fait confiance. Elle évoque un discours très convaincant, des plaquettes bien faites et des promesses de rémunération élevées. Elle est même allée à Bali pour visiter le chantier, qui n’avait d’ailleurs pas avancé, mais a continué à y croire. "Quand on m’a annoncé la faillite j’ai mis plusieurs mois à comprendre". Aline avait vendu son appartement pour investir dans Vivalavi : la cadre en informatique voyait alors la retraire approcher. 

Son idée était de réaliser les bénéfices de Vivalavi puis de racheter plus petit en profitant d’une meilleure pension. Aujourd’hui elle se dit "obligée de choisir ses dépenses et de compter comme quand j’ai commencé à travailler". Une amertume profonde pour cette ancienne employée devenue cadre informatique à force d’implication professionnelle. La retraitée qui dit avoir perdu les "meilleures années" du début de sa retraite, se dit satisfaite de la décision mais espère bien obtenir plus devant la Cour de cassation. Et avant cela, elle attend de savoir quand la première partie des fonds lui sera versée.

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