3 min de lecture Justice

Incendie de Notre-Dame : un an après, l'enquête semble piétiner

L'enquête concernant l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris semble pour le moment au point mort, un an après le drame.

L'incendie de Notre-Dame le 15 avril 2019
L'incendie de Notre-Dame le 15 avril 2019 Crédit : Fabien Barrau / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

Où en est l'enquête concernant l'incendie à Notre-Dame de Paris ? Un an après le feu qui a amputé l'iconique cathédrale de sa flèche et de sa "forêt" le 15 avril 2019, l'heure n'est pas encore à la reconstruction. Déblayage, choix techniques, confinement, les raisons sont nombreuses afin d'expliquer l'état actuel des choses. 

Mais il y a un autre domaine qui semble quelque peu au point mort : l'enquête judiciaire sur l'origine du désastre. "C'est une enquête qui dure, qui est complexe, qui est colossale", a reconnu en février le procureur de Paris, Rémy Heitz, sur Europe 1. À ce jour, la cause précise de l'incendie reste toujours inconnue.

Au cours de son enquête préliminaire, bouclée en un peu plus de deux mois, le parquet de Paris avait analysé 96 scellés, procédé à une centaine d'auditions de témoins et compilé 1.125 feuillets de procédure.

L'hypothèse de l'accident privilégiée

En juin, au moment de transmettre le dossier à trois juges d'instruction, le procureur privilégiait la piste accidentelle. Ainsi, les hypothèses d'une cigarette mal éteinte ou d'un dysfonctionnement électrique étaient évoquées. Depuis, aucun élément nouveau n'est venu accréditer l'hypothèse criminelle, selon Rémy Heitz.

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Mais les recherches doivent se poursuivre : dans un rapport déposé le 22 octobre 2019, le Laboratoire Central de la Préfecture de Police (LCPP) préconisait notamment de diligenter des investigations complémentaires sur la zone de départ de feu, selon une source judiciaire.

Les investigations sur le terrain avancent en effet désormais difficilement, certaines zones de l'édifice, dont celle qui a été identifiée comme celle de départ du feu, restant inaccessibles.
Les enquêteurs de la Brigade criminelle attendent maintenant d'avoir accès au chantier pour faire de nouvelles constatations, mais il faut d'abord que l'échafaudage, qui enserrait la cathédrale avant l'incendie pour des travaux de restauration et qui est resté en place après, soit démonté.

La crise Covid suspend les travaux

Mais cette opération délicate devra attendre, car elle devait débuter le 23 mars et a été de facto stoppée pour cause de pandémie de Covid-19. En effet, l'établissement public qui conduit le chantier estime que les installations existantes ne permettent pas de respecter les mesures de sécurité sanitaire sur le chantier, notamment la distanciation sociale. Or, plus le temps passe, plus les chances de trouver des indices sur les causes de l'incendie, qui étaient déjà minces, s'amenuisent.

Les investigations ont toutefois permis de mettre au jour des défaillances dans la sécurité de la cathédrale, qui, si elles ne sont pas à l'origine du sinistre, ont pour certaines d'entre elles peut-être permis aux flammes de se propager dans l'édifice.

L'appel aux pompiers a notamment été nettement retardé en raison d'une erreur de signal ou d'une mauvaise interprétation de celui-ci, selon une source proche de l'enquête, le message d'alarme-feu apparu sur l'écran de contrôle du PC sécurité de la cathédrale affichait "comble nef-sacristie".

Des défaillances relevées

L'agent de service - un intérimaire d'une société de sécurité qui effectuait son quatrième jour de travail à Notre-Dame - a alors envoyé un agent-relais au-dessus de la sacristie, qui n'y a rien vu. S'en est alors ensuivie une discussion téléphonique de 18 minutes entre l'agent intérimaire et son responsable, avant qu'ils ne comprennent qu'il fallait en fait se rendre sous la charpente de la nef, dans la partie située du côté de la sacristie. Là, les flammes avaient déjà commencé à ravager la toiture.

D'autres failles, sans lien avec l'incendie, ont à l'occasion été relevées. Ainsi, selon une autre source proche de l'enquête, les investigations ont montré que le système électrique d'un ascenseur ne se coupait pas comme il le devait.

Si certains de ces manquements ne donnent pas matière à engager la responsabilité pénale de certaines personnes, ils relèveront vraisemblablement de la justice civile, et pourraient donner lieu à de féroces batailles d'experts... et d'assurances.

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