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"Il y a beaucoup plus de victimes" : Rachel, victime présumée de l'abbé Pierre, se confie sur RTL

Invitée de RTL, Rachel Le Nan raconte les violences sexuelles qu'elle affirme avoir subies de la part de l'abbé Pierre alors qu'elle avait 8 ans. Longtemps persuadée d'être un cas isolé, elle explique comment la révélation de nombreuses autres victimes, à l'été 2024, a bouleversé sa compréhension des faits et l'a incitée à témoigner dans son livre "Et pourtant, tout le monde savait", publié le 2 janvier 2026.

Rachel, qui dénonce les agressions sexuelles de l'abbé Pierre, le 9 janvier 2026 sur RTL

Crédit : RTL

Rachel dénonce les agressions sexuelles de l'abbé Pierre lorsqu'elle avait 8 ans et témoigne d'un "crime continu"

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Rachel dénonce les agressions sexuelles de l'abbé Pierre lorsqu'elle avait 8 ans et témoigne d'un "crime continu"

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Marc-Olivier Fogiel - édité par Yasmine Boutaba

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Pendant près de cinquante ans, Rachel Le Nan a vécu avec la conviction d'être seule. Le 17 juillet 2024, en entendant à la radio le nom de l'abbé Pierre associé à des agressions sexuelles, cette certitude s'effondre. "C'était même inimaginable de pouvoir me dire qu'il y avait eu d'autres victimes", a-t-elle confié. Ce moment a marqué le début d’une prise de conscience brutale : ce qu'elle a vécu n'était pas un fait isolé.

Jusqu'à l'éclatement du scandale, Rachel pensait porter seule le poids de son histoire. "Je me suis tue pendant des décennies parce que je pensais être la seule", a-t-elle exprimé sur RTL. La découverte de témoignages similaires agit comme un électrochoc et lui permet de mettre des mots sur ce qu'elle identifie désormais comme un "système".

Autour de l'abbé Pierre, "ils étaient plusieurs"

Avec le recul, Rachel a décrit un fonctionnement structuré, protégé par des statuts et des silences. René, son beau-père qui l'a aussi violée lorsqu'elle avait treize ans, pourtant condamné pour des faits graves sur des enfants, a été accueilli à Emmaüs. "Et le soir même où l'abbé Pierre m'agresse, mon beau-père me viole pour la première fois".

À 11 ans, Rachel a tenté de raconter ce qu'elle a subi à des adultes de confiance. Elle n'est pas crue. "On me fait taire", a-t-elle résumé. Le statut de l'abbé Pierre et de son entourage - l'Église et Emmaüs - ont ainsi rendu toute accusation impensable. 

68 victimes recensées

Aujourd'hui, 68 victimes ont été recensées. Les rapports évoquent un système de prédation. "Il y a beaucoup plus de victimes", a insisté Rachel, persuadée que tous les témoignages n'ont pas encore émergé.

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Si Rachel a dit distinguer l'œuvre de l'abbé Pierre de l'homme, son engagement est clair : permettre à d'autres victimes de comprendre qu'elles n'étaient pas seules. "Le livre en lui-même, c'est un exutoire d'écrire", a-t-elle expliqué au micro de RTL. "Le but de mon livre, c'est que la vérité éclate et que justice soit rendue", a-t-elle conclu. 

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