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Humanitaires tués au Niger : le frère d'une victime veut "connaître les circonstances"

DOCUMENT RTL - Les familles des Français tués lors d'une attaque terroriste au Niger en août 2020 vont être reçues par la Justice. Simon, le frère de Myriam, l'une des victimes, veut savoir "quels ont été les derniers instants" de sa sœur.

La cérémonie d'hommage aux six humanitaires français tués au Niger, à Orly, le 14 août 2020.
La cérémonie d'hommage aux six humanitaires français tués au Niger, à Orly, le 14 août 2020.
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP / POOL
Humanitaires tués au Niger : le frère d'une victime veut "connaître les circonstances"
04:05
Nicolas Burnens - édité par Victor Goury-Laffont

Ce massacre avait suscité la sidération et choqué le pays, celui de six jeunes humanitaires français, de leur guide et de leur chauffeur, tués le 9 août 2020 au Niger lors d'une excursion dans la réserve de Kouré, près de la capitale Niamey. Cet attentat avait été revendiqué par le groupe État Islamique.

Les familles des victimes sont reçues aujourd'hui pour la première fois par les juges antiterroristes à Paris. De sa sœur, Simon garde précieusement ces photos. On y voit Myriam, longs cheveux châtains, toujours souriante. Elle enlace ses proches et ses amis entre deux missions sur le terrain, en Afrique, engagée au Tchad, en Tunisie ou au Niger. Agée de 26 ans, elle était travailleuse humanitaire. 14 mois après sa mort, il cherche toujours des réponses.

"À chaque fois qu'il y a quelqu'un qui envoie une photo de ma sœur, qui se rappelle d'elle, je la vois vivante alors qu'elle ne l'est pas, explique Simon. C'est difficile de faire le deuil, surtout dans une situation aussi brutale. Je suis son grand frère, je l'ai vu grandir. Pour elle, aider les autres, c'était une raison d'être. Ma sœur, c'est un modèle d'engagement, j'en suis extrêmement fière"

Un engagement de longue date

Originaire de la région toulousaine, Myriam grandit dans une famille catholique qui lui transmet très tôt les valeurs de l'engagement. Un bac littéraire, une licence en communication, elle apprend l'anglais et l'espagnol, avant d'entamer un master en gestion de crise et conflits à Paris. Elle intègre l'ONG Acted en 2018. La jeune femme enchaîne alors plusieurs missions, jusqu'à son départ au Niger. 

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"Elle a toujours été engagée pour aider les plus démunis. Elle le faisait plus ou moins dans des associations quand elle était en France, mais son but c'était d'aider au Niger, le pays avec l'IDH le plus faible au monde, détaille le frère de Myriam. On savait qu'il y avait des risques, mais à aucun moment, ni ma mère ni moi n'avions tenté de l'en dissuader car nous savions que c'était ce qu'elle voulait faire. Egoïstement, on voulait l'avoir auprès de nous"

Lors d'un week-end de repos, Myriam et cinq de ses collègues partent en excursion dans la réserve de girafes de Kouré, à 60 kilomètres de la capitale Niamey. Aux abords du parc, leur véhicule est attaqué par des hommes armés à motos. Les humanitaires sont froidement exécutés, Myriam est égorgée. Aujourd'hui, son frère cherche toujours à comprendre ce qui s'est précisément passé.

Des circonstances encores floues

"En fait, on aimerait en savoir un peu plus sur les circonstances exactes. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Comment ils l'ont vécu ? Quels ont été les derniers instants de ma soeur ? Est-ce qu'ils ont crié, pleuré ? Comment ça se fait qu'on puisse assassiner huit personnes dans une réserve sans qu'il se passe quoi que ce soit ? Pour l'instant, on sait peu de choses en fait".

L’enquête, menée conjointement par la France et le Niger, reste longue et compliquée. Les mesures de sécurité étaient-elles suffisantes ? Cet attentat a-t-il été minutieusement préparé dans cette région, investie par les groupes terroristes ? Les humanitaires ont-ils été ciblés ou leur sort s'est décidé au moment de leur rencontre avec leurs assaillants ? Quel est l'éventuel commanditaire ? À ce stade, aucun suspect n'a été identifié ou interpellé. 

"On a dit que c'était des touristes qui étaient allés voir des girafes. Pour nous, ce n'est pas du tout ça. Leur engagement, ce pour quoi ils étaient là-bas, c'est la force du travail humanitaire. Ils savent qu'il y a un risque, mais c'est leur valeur".

Loin du Niger, Myriam repose désormais dans le village de son enfance, à Montlaur, en Haute-Garonne. A Niamey, les membres d'Acted poseront bientôt les premières pierres d'une école dédiée aux six humanitaires français, afin, de faire perdurer, leur engagement auprès de la population. 

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