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La lettre d'excuse de François Hollande aux magistrats, "un document indispensable"

François Falletti, ancien procureur général de Paris, estime que les excuses du président de la République, après ses déclarations sur "la lâcheté" des magistrats, étaient nécessaires.

François Falletti, procureur général de Paris de 2010 à 2015
François Falletti, procureur général de Paris de 2010 à 2015
Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
3 minutes pour comprendre du 15 octobre 2016
04:00

Rassuré, mais sceptique. Si François Falletti, semble apaisé par les excuses de François Hollande au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l'ancien procureur général de Paris continue de s'interroger sur les intentions du président de la République. Dans Un Président ne devrait pas dire ça de Gérard Davet et Fabrice Lhomme publié le 12 octobre, François Hollande a présenté la magistrature comme "une institution de lâcheté". "Parce que c'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux", lance-t-il ainsi. Le chef de l'État a, depuis, adressé une lettre d'excuse au CSM, "un document qui était devenu indispensable" selon François Falletti.

"Le président avait été sollicité en ce sens, notamment par des personnes très proches comme l'avocat Jean-Pierre Mignard", explique l'ancien procureur général, qui vient de publier Confidences d'un procureur général (Michel Lafon). Toutefois, les excuses formelles ne taisent pas, selon lui, cette déclaration cinglante, couchée sur papier dans un livre publié cinq jours après un discours tenu par François Hollande, en personne, à la magistrature. "Les interrogations demeurent. Le discours en public très solennel et positif sur le rôle de la magistrature le 7 octobre, et les propos rapportés dans le livre, c'est un élément d'interrogation". 

Un lien de confiance à renouer

"On ne comprend pas très bien ce qu'il a voulu dire", déplore le magistrat. "Je ne peux pas m'empêcher de penser aux procureurs qui sont dans des affaires de terrorisme ou de délinquance urbaine. C'est souvent très dur à l'audience, il y a des menaces", rétorque-t-il pour régir à l'affirmation de François Hollande selon laquelle les hauts magistrats "se planquent". Quant à la vertu, "la justice n'en a pas le monopole, poursuit François Falletti. Les politiques aussi proclament une vertu républicaine et c'est tant mieux". 

Celui qui dit vouloir "renouer les fils républicains" reconnaît qu'il y a du travail en ce sens. "C'est peut-être la dernière formule qui est la plus utile", poursuit-il, reprenant la phrase de François Hollande selon laquelle les hauts magistrats "n'aiment pas les politiques". "C'est peut-être réciproque, rétorque François Falletti. Peut-être aussi parce qu'ils se connaissent mal. Je pense qu'il y a quelque chose à faire pour établir une meilleure confiance."

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