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Festival italien, cocktails Molotov, huit suspects... Ce que l'on sait du projet d'action violente de huit militants d'ultragauche contre le chantier du projet ferroviaire Lyon-Turin

Huit militants d'ultragauche ont été mis en examen pour association de malfaiteurs, suspectés de préparer une action violente contre le projet ferroviaire Lyon-Turin. Ils avaient notamment été observés par les enquêteurs en train de s'entraîner à manier des cocktails Molotov.

Le tunnel Lyon-Turin fait de nombreux mécontents des deux côtés des Alpes

Crédit : AFP/Jean-Pierre Clatot

Ils projetaient de s'en prendre au chantier du projet ferroviaire Lyon-Turin : huit militants mis en examen

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Sophie Neumayer - édité par Laurène Rocheteau

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Ils sont soupçonné d'avoir préparé un projet d'action violente : huit militants d'ultragauche ont été mis en examen, suspectés de projeter une attaque contre le chantier du projet ferroviaire Lyon-Turin en marge d'un festival en Italie. Ils étaient déjà soupçonnés d'avoir participé à une manifestation violente contre le canal Seine-Nord. 

Les autorités italiennes ont prévenu la France. Les suspects ont notamment été observés par les enquêteurs en train de s'entraîner à manier des cocktails Molotov. D'autres éléments retrouvés par les enquêteurs laissent penser à une action violente en préparation. Les huit suspects ont été mis en examen pour association de malfaiteurs et ont été placés sous contrôle judiciaire. 

Une action en marge d'un festival en Italie

L'alerte a été donnée par les autorités italiennes : le 22 juillet dernier, la préfecture de police a été prévenue qu'un groupe de militants radicaux d'ultragauche se préparait à franchir la frontière italienne, à l'approche du festival Alta Felicita. Organisé depuis 10 ans, ce rassemblement s'oppose au projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin

Depuis son lancement il y a plus de 30 ans, soutenu par les autorités et les acteurs économiques, au nom du développement du fret ferroviaire, mais contesté par les militants écologistes qui dénoncent son impact sur les Alpes et son coût considérable, le projet était estimé à plus de 14 milliards d'euros.

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Le signalement des autorités italiennes concernait un groupe de huit individus, soupçonné de préparer une action violente lors de ce rassemblement qui avait lieu entre le 24 et le 26 juillet en Italie. Cette année, le festival a effectivement été marqué par de violents affrontements avec les policiers italiens. 

Ils s'étaient entraînés à manier des cocktails Molotov

Les huit suspects, six hommes et deux femmes, nés entre 1997 et 2007, ont été interpellés avant de pouvoir se rendre au festival. Les enquêteurs français ont notamment pu les observer en train de s'entraîner à manier des cocktails Molotov dans des tunnels de la petite ceinture parisienne. 

Des serflex et des bouteilles en plastique, dont certaines explosées, ont été retrouvés sur place. Une perquisition a également permis de mettre la main sur 21 mortiers d'artifice chez l'un des suspects, bien que la défense des suspects évoque de simple "pétards". Des téléphones dédiés laissent entendre qu'ils prévoyaient bien de se rendre en Italie. 

Les huit suspects sont également soupçonnés d'avoir déjà participé à une manifestation violente contre le canal Seine-Nord, projet qui vise à relier le réseau fluvial du nord de la France et le bassin versant de la Seine par un nouveau canal. 

Les suspects mis en examen

Les huit suspects ont été mis en examen pour association de malfaiteurs, mais également pour détention et transport en bande organisée d'engins explosifs. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Le parquet avait initialement requis leur placement en détention provisoire, qui n'a finalement "pas été sollicitée par le juge d'instruction ni prononcée par le juge des libertés et de la détention", indique le ministère public. 

"Quatre magistrats différents ont considéré que la place de ces étudiants était à leur domicile familial et pas en détention", s'est félicitée auprès de l'AFP Me Aïnoha Pascual, avocate d'un suspect. 

Les avocats des mis en examen dénoncent une "construction intellectuelle" du parquet, truffée "d'irrégularités procédurales", et pointent du doigt un "fantasme sur l'extrême gauche pour en arriver à ces qualifications-là".

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