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Femme défenestrée au Mans : "Entendre que je suis fautive, c’est très compliqué", réagit Aïda

DOCUMENT RTL - Aïda, la femme défenestrée par son ancien compagnon en août 2013, témoigne sur RTL de son incompréhension face à la décision de Commission d'indemnisation de refuser de l’indemniser complètement.

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RTL Midi du 04 janvier 2019 Crédit Image : RTL.fr | Crédit Média : RTL | Date :
Morad Djabari
et Arièle Bonte

Elle ne remarchera plus. Aïda, la femme défenestrée par son ancien conjoint en août 2013 témoigne au micro de RTL de son incompréhension face à la décision de la Commission d'indemnisation qui a refusé de l’indemniser en totalité. "C'est inacceptable, j'ai été victime de la violence de mon ami. Il m'a frappée et quand j'étais inconsciente il m'a jetée par le fenêtre. Arrivé en bas il a continué au sol, il y a des témoins", a-t-elle raconté au micro de RTL. 

Aïda s'est réveillée un court instant, alors que son ancien compagnon l'avait "soulevée et posée sur le capot d'une voiture". Puis c'est un nouveau trou noir. "J'étais inconsciente jusqu'au jour où je me suis réveillée à l'hôpital. J'avais le visage tuméfié, deux cocards aux deux yeux", détaille Aïda avant d'ajouter : "Je suis paraplégique complète, je ne remarcherai plus. Malheureusement je dois vivre avec ça".

L'agresseur d'Aïda a été reconnu coupable et condamné à 15 ans de prison. Dans son arrêt civil de juin 2016, la cour d'assises avait alors fixé la provision pour l'indemnisation de la victime à 90.000 euros. Ses avocats ont alors saisi la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi) pour que l'État, via le Fonds de garantie des victimes (Fgti), verse cette provision pour financer les conséquences du handicap.

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Je n'ai pas de mot

Aïda, défenestrée par son ancien compagnon en août 2013
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Mais le Fonds n'en retient qu'une indemnisation partielle. "Il considère qu'il y a partage de responsabilité et que notre cliente a commis une faute civile en retournant à son domicile", explique son avocat, maître Jarry.

"C'est vraiment le fait que l'on dise que je suis responsable de ce qui m'est arrivée que je n'accepte pas. Je n'ai pas de mot. Avec ce que je vis et ce que j'ai vécu, des violences et ensuite à cause de ces violences un handicap... Entendre que j'ai été responsable de cela, que je suis fautive aujourd'hui, c'est très compliqué pour moi", confie encore Aïda à RTL. 

Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, a réagi à l'affaire en assurant qu'elle était prête à intervenir personnellement sur le dossier. 

Le comportement "à risque" pris en compte

Le Fonds de garanti de son côté motive sa décision en rappelant le texte qui a l'a motivée. En espèce, l'article 706.3 du Code Pénal qui prévoit qu'une victime qui contribue par "sa faute" aux dommages peut voir son indemnisation réduite.

Mais le Fonds de garanti souligne que le terme de "faute", forcément choquant, ne signifie pas que la victime est considérée comme responsable de son agression, c'est le comportement à risque qui est pris en compte. Dans ce cas précis : il s'agit du fait pour Aïda d'être retournée chez son compagnon alors qu'elle avait promis aux policiers de rentrer chez ses parents. 

Enfin, le Fonds rappelle que la décision a été validée par des juges civiles. La Cour d'appel tranchera dans les prochains mois. À noter que le parquet général a déjà requis la confirmation de la décision.

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Femme défenestrée au Mans : "Entendre que je suis fautive, c’est très compliqué", réagit Aïda
DOCUMENT RTL - Aïda, la femme défenestrée par son ancien compagnon en août 2013, témoigne sur RTL de son incompréhension face à la décision de Commission d'indemnisation de refuser de l’indemniser complètement.
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2019-01-04 12:54:00
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