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Essonne : des brigades régionales de sécurité aux abords des lycées pour lutter contre la violence

Alors que les élections régionales arrivent à grand pas, RTL vous propose un focus sur l'Île-de-France où la sécurité, qui n’est pourtant pas une compétence de la région, est LE thème avancé par les candidats.

La police municipale (illustration)
La police municipale (illustration)
Crédit : Fred TANNEAU / AFP
Essonne : des brigades régionales de sécurité aux abords des lycées pour lutter contre la violence
03:30
Journée spéciale Elections régionale Ile de France.
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Vincent Serrano
Journaliste

RTL s’est intéressé à la sécurité aux abords des lycées, théâtre régulier des guerres de bandes. Des dizaines d’agressions depuis le début de l’année, des jeunes poignardés, massacrés qui parfois trouvent la mort ou sont plongés dans le coma, comme au Lycée Léonard de Vinci de Saint-Michel-sur-Orge. Où la douceur du chant des oiseaux contraste avec la violence des coups de marteau et de pierres qu’a reçu sur ce parvis aux pavés défoncé Dramane le 28 mai dernier. Depuis, l’adolescent de 15 ans est plongé dans un coma artificiel

Trois jours plus tard, les élèves voient débarquer devant leur lycée 5 armoires à glace toutes de noir vêtues : l’une des brigades régionales de sécurité. À droite, Walid, qui regarde à l’horizon depuis un point surélevé : "C’est au cas où un groupe d’individus qui paraitrait suspect arriverait de derrière". Et devant la grille Mamadou, le chef de cette brigade explique : "Les bandes rivales, c’est l’inquiétude". "On est une présence dissuasive" continue-t-il, leur travail "c’est beaucoup de médiation : on parle avec les élèves, on établit des relations de confiance. C’est ce qui nous permet parfois d’avoir des infos en amont, d’anticiper et d’appeler les forces de l’ordre". 

Et la sécurité des élèves passe nécessairement par un contrôle des sacs : "On a déjà trouvé des bouteilles d’essence, on peut aussi retrouver de l’acide", confie encore Mamadou. Et d’ajouter : "Ce dispositif-là, il est mis en place parce qu’il y a un contexte très particulier". Et parce que la région l’a proposé au proviseur de ce lycée qui ne connaissait pas l’existence de ces bridages régionales de sécurité. 

"Ils sont juste là pour faire beau"

Plus inquiétant : pour Younès et Karim, leur présence ne les rassure pas vraiment. "Ça va servir à quoi contre un groupe de 25 ?" demande l’un d’eux. "Ils sont juste là pour faire beau", renchérit-il. "Ça ne va protéger personne. Peut-être il y en a qui se sentent protéger, mais pour moi, c’est comme s’il n’y avait personne". "Et puis même, les faits se sont passés vendredi, revenir tout de suite après ça va servir à rien", explique l’autre. 

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Ce qui frappe les parents rencontrés dans leur voiture c’est le faible équipement de cette brigade : un talkie et une paire de gants. "Ça ou rien, c’est pareil. La police peut intervenir très rapidement, ils ont leur expérience de policiers, il n’y a pas de problème. Mais quand les jeunes les voient, ils fuient ou ils n’ont plus peur. C’est pour ça que les jeunes attaquent en pleine rue, en plein jour", raconte une mère. "Comment faire pour pas que ça arrive ? C’est plus possible. Tous les jours, on a un fait divers", déplore-t-elle. Deux mères de famille expliquaient d’ailleurs qu’elles sont en train de déménager : la rentrée de leurs enfants sera dans un autre établissement. 

Ce qui est frappant également, c’est ce balai incessant de voitures : par dizaines des parents, comme Karine, ne prennent plus le risque de voir leur enfant partir seul le matin au lycée. "D’habitude ma fille prend le bus, mais là je l’amène et viens tous les jours", dit Karine. Elle martèle : "C’est pas normal, à un moment donné il faut que ça s’arrête". Devant la grille Mike, deux mètres de haut, a de plus en plus de mal à remplir sa mission. Il commente : "Ce qui est impressionnant, c’est qu’ils n’ont pas de conscience. Ils sont de plus en plus violents. Il en faut très peu pour que ça parte en vrille". "Quand on est là, on fait du mieux qu’on peut", ajoute-t-il. 

Pour rappel, les effectifs de ces brigades régionales de sécurités : 5 équipes de 5 personnes pour sécuriser potentiellement les abords de 465 établissements

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