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"Elle s'est éteinte petit à petit" : sur RTL, la veuve de Caroline Grandjean réclame justice après les conclusions de l'enquête administrative sur le suicide de l'institutrice

L'enquête sur le suicide de l'institutrice de Caroline Grandjean, institutrice du Cantal victime d'homophobie durant des mois, a conclut à une "défaillance institutionnelle". Sur RTL, sa veuve confie qu'il y a eu des "signaux d'alarme" sur ce que subissait son épouse.

Le rassemblement devant le ministère de l'Éducation nationale à Paris, après le suicide de Caroline Grandjean, directrice d'école victime de harcèlement homophobe

Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP

Stéphane Carpentier & Hugo Palacin

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Cinq mois après le suicide de Caroline Grandjean, directrice d'école dans le Cantal victime d'un harcèlement homophobe qui l'a poussée à mettre fin à ses jours le 1er septembre 2025, l'enquête administrative diligentée par le ministère de l'Éducation nationale a été bouclée, a annoncé ce vendredi 6 février le ministère.

Cette enquête conclut à une "défaillance institutionnelle dans le soutien" apporté à l'institutrice. Au micro de RTL ce samedi 7 février, Christine Grandjean-Paccoud, veuve de Caroline Grandjean, réagit à ces conclusions. La reconnaissance de cette défaillance "me soulage un petit peu, mais je vais continuer d'hurler. Parce que derrière les responsabilités, il y a des responsables. Et je veux savoir qui est responsable", confie-t-elle.

Selon Christine Grandjean-Paccoud, l'Éducation nationale aurait pu agir pour prévenir ce drame. "Il y a eu des signaux d'alarme. Évidemment qu'ils auraient dû intervenir plus tôt. Je pense que les enquêtes administratives, dans des cas pareils, devraient démarrer tout de suite, sans attendre le décès d'une personne", regrette-t-elle.

"Elle s'est éteinte petit à petit"

La veuve de l'institutrice est également revenue au micro de RTL sur le harcèlement quotidien dont était victime Caroline Grandjean. "Ce qu'elle vivait, c'est qu'elle ne vivait plus, à force d'être insultée sur son lieu de travail, dans son travail qu'elle aimait, qu'elle faisait correctement. Tout se passait bien avec les enfants. Elle se faisait insulter, puis elle a été mise de côté, pour cacher le problème et ne plus en parler. Il y a eu tellement de petits faits, tellement de paroles qui l'ont détruite. Et elle s'est éteinte petit à petit", retrace-t-elle avec beaucoup d'émotion.

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Désormais, Christine Grandjean-Paccoud attend que les harceleurs soient retrouvés et jugés. "J'espère qu'ils ont conscience maintenant du mal qu'ils ont fait. Le corbeau l'a blessée, les autres l'ont tué." La veuve de Caroline Grandjean a porté plainte contre l'Éducation nationale. Elle espère que "l'enquête sur le corbeau va reprendre" et qu'il sera "puni", au même titre que les autres harceleurs de sa compagne.

"Ils ont détruit ma vie"

"J'espère qu'il y aura autre chose aussi dans ma vie. Mais pour le moment, je ne vis que pour ça. Caroline le mérite. Ils ont détruit la vie de Caroline et par là même, ils ont détruit ma vie. Je ne resterai pas les bras baissés. Ça doit être fait aussi pour les autres, pour les suivants", alerte Christine Grandjean-Paccoud.

Au sein de "l'Éducation nationale, tous les professeurs sont en souffrance. Tous les professeurs se font agresser par les parents, par les enfants. Il n'y a plus aucun respect des professeurs. Il faut rétablir ce respect. Ils sont courageux, les profs qui continuent. Je vous jure qu'ils sont courageux", clame-t-elle.

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