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Suicide de Caroline Grandjean, directrice d'école dans le Cantal : l'enquête administrative conclut à une "défaillance institutionnelle"

L'enquête a pointé "des décisions administratives vécues comme des injustices, par exemple s'agissant du refus d'attribuer une bonification de points liée à son handicap (RQTH) pour sa mobilité".

Le rassemblement devant le ministère de l'Éducation nationale à Paris, après le suicide de Caroline Grandjean, directrice d'école victime de harcèlement homophobe

Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP

AFP & Aymeric Parthonnaud

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L'enquête administrative diligentée après le suicide de Caroline Grandjean, directrice d'école dans le Cantal cible de propos homophobes qui s'est suicidée en septembre, a conclu à une "défaillance institutionnelle dans le soutien" qui lui a été apporté, a indiqué vendredi 6 février 2026 le ministère de l'Éducation.

"Ce constat repose en partie sur le sentiment éprouvé par l'enseignante que l'institution n'a pas toujours fait bloc avec elle face aux conflits avec certains parents", souligne le ministère, confirmant une information du journal régional La Montagne. Il rapporte que l'enquête a pointé "des décisions administratives vécues comme des injustices, par exemple s'agissant du refus d'attribuer une bonification de points liée à son handicap (RQTH) pour sa mobilité".


Selon le ministère, "bien que cette bonification n'était pas mathématiquement nécessaire pour obtenir sa mutation, ce refus, fondé sur une lecture stricte des règlements, a privé Mme Grandjean d'une forme de reconnaissance et de soutien institutionnel dont elle avait besoin à ce moment-là". Le ministère annonce par ailleurs "renforcer la formation de ses cadres à la gestion des situations de détresse psychologique", "à la lumière de ces conclusions, et conformément aux recommandations de la mission". "L'objectif est de garantir qu'à l'avenir nos processus RH (ressources humaines, ndlr) ne soient pas seulement réglementaires, mais traités avec toute l'humanité et le discernement requis", a-t-il ajouté. 

"Il y a des responsables et ils ne sont pas reconnus dans le rapport"

Caroline Grandjean, 42 ans, était la cible depuis septembre 2023 de harcèlement en raison de son homosexualité et s'est donné la mort le 1ᵉʳ septembre 2025, jour de la rentrée scolaire, un drame qui a suscité l'émoi dans le monde enseignant. Des tags "sale gouine" et "gouine = pédophile" avaient notamment été découverts sur les murs de son école de Moussages, un village du Cantal de 200 habitants.

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Une enquête avait été ouverte après ces inscriptions mais classée sans suite en mars 2025 "en l'absence de faits nouveaux", avait alors indiqué le parquet. En arrêt maladie, l'enseignante s'était vue proposer un poste à quelques kilomètres de Moussages pour la rentrée scolaire mais avait été incapable de reprendre son travail alors.

L'épouse de Caroline Grandjean, Christine Paccoud, qui a porté plainte contre l'Éducation nationale pour "harcèlement", a regretté, ce vendredi, que les "responsables" ne soient pas "reconnus" après la publication du rapport par l'Éducation nationale. "C'est un sentiment de satisfaction que l'Éducation nationale reconnaisse une défaillance mais derrière, il y a des responsables et ils ne sont pas reconnus dans le rapport", a-t-elle déclaré à l'AFP. 

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