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Interpellation à Aulnay-sous-Bois : ce qu'il faut savoir sur l'affaire

ÉCLAIRAGE - L'avocat de Théo raconte l'état d'esprit dans lequel se trouve le jeune homme, après la mise en examen pour viol d'un fonctionnaire de police.

Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Quatre policiers mis en examen. Dimanche 5 février, un fonctionnaire de police a été mis en examen pour viol et ses trois collègues pour violences volontaires en réunion après une interpellation au cours de laquelle un jeune homme de 22 ans a été gravement blessé à coups de matraque, laissant "sous le choc" la cité des 3.000, à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. 

Dans un entretien à L'Express, son avocat Maître Éric Dupond-Moretti explique que "ce pauvre garçon ne comprend pas ce qui lui est arrivé. C'est comme si la foudre s'était abattue sur lui". Cinq jeunes ont été interpellés dans la nuit de dimanche à lundi à Aulnay-sous-Bois après des tirs de mortier artisanal dans la cité des 3.000, où plusieurs voitures ont été incendiées, a-t-on appris lundi de source policière. 

Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, estime qu'il "faut reconstruire une police avec d'autres missions de service public. On a aujourd'hui une police qui est extérieure à ces quartiers et qui intervient souvent de manière musclée sans les résultats qui sont prétendus".

Que s'est-il passé ?

Jeudi 2 février vers 17 heures, quatre fonctionnaires procèdent à un contrôle dans la Cité des 3.000. Une interpellation violente éclate et Théo, un jeune homme de 22 ans, est gravement blessé à coups de matraque, au niveau de la zone rectale. Il a dû être opéré d'urgence.

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Son avocat explique à L'Express que "les constatations médicales font état de l'introduction d'une matraque dans l'anus sur une profondeur de 10 centimètres avec des séquelles physiques entraînant 60 jours d'Interruption totale de travail (ITT) ! Une matraque sert à porter des coups, pas à être introduite dans un anus ! Rien ne peut expliquer une telle violence. Il y avait une volonté d'humiliation".

Des images de vidéosurveillance

Des caméras de vidéosurveillance de la ville ont filmé la scène. On peut y voir "nettement les violences, et, à un moment, un coup de matraque télescopique, porté à l'horizontale, transperce le caleçon du jeune homme", selon une source citée par Libération.

Le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, a déclaré dans un communiqué qu'il souhaitait "que toute la lumière soit faite sur les accusations d'une extrême gravité portées à l'encontre de ces fonctionnaires (...) L'enquête, et notamment l'exploitation des images du dispositif de vidéo protection de la ville, ainsi que celles qui auraient été tournées par plusieurs témoins, permettra à la justice d'établir la vérité des faits (...) S'il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit n'ont pas été scrupuleusement respectées, des sanctions adaptées seront évidemment prises".

J’ai réussi à me débattre, je suis parti devant les caméras

Théo
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Théo, qui est toujours hospitalisé, a confié à son avocat dans des propos rapportés à BFMTV avoir été choqué par la violence de l'interpellation. Il explique avoir tenté de se mettre dans le champ des caméras "volontairement". "Je savais que là où on était il n’y avait pas de caméras, j’ai réussi à me débattre, je suis parti devant les caméras. Je n’ai pas cherché à fuir, j’ai dit aux policiers, 'vous avez déchiré mon sac', ils me répondent 'on s’en fout'", raconte le jeune homme.

Au micro de RTL, son frère appelle à l'apaisement : "On respecte la police mais ces gens-là salissent le métier de policier. On est les premiers à condamner tout acte envers les policiers. Le problème, c'est que ça se multiplie. Sur Aulnay, il y a eu d'autres agressions de ce type. ça n'a pas été aussi loin. De notre côté, on ne peut pas laisser passer ça. si on est là, c'est parce qu'on veut que ça aille jusqu'au bout et qu'on sache tout ce qui s'est passé dans cette affaire là". 

Le maire d'Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, explique dans les colonnes du Parisien, que "cette enquête avait commencé sur une qualification de viol. C'est un mot qui a du sens dans cette affaire. En revanche, la notion de violences volontaires n'en avait aucun. Par conséquent, je demandais la requalification des faits en viol. Il y a eu des constatations médicales. Cet homme a été blessé dans son intimité, humilié. J'ai pu rencontrer la famille. C'est une famille très respectable d'Aulnay tout comme ce jeune homme. Elle est psychologiquement détruite". 

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