4 min de lecture Attentat à Nice

Attentat de Nice : le soir où la fête familiale du 14 juillet est devenue tragédie nationale

RÉCIT - Le soir du 14 juillet 2016, alors que la levée de l'état d'urgence a été annoncée le matin-même, un camion fonce sur la foule rassemblée sur la Promenade des Anglais pour le feu d'artifice, faisant 86 morts, dont dix enfants et adolescents.

Hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet sur la promenade des Anglais à Nice, trois mois après l'attaque
Hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet sur la promenade des Anglais à Nice, trois mois après l'attaque Crédit : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

La nuit est chaude et festive. Le 14 juillet 2016, les Niçois et de nombreux touristes se rassemblent sur la Promenade des Anglais pour assister au traditionnel feu d'artifice tiré à l'occasion de la fête nationale. Les stigmates des attentats de novembre se sont peu à peu estompés, même si la violence des attaques de Bruxelles en mars ainsi que le meurtre des deux policiers de Magnanville en juin a ravivé les souvenirs. Pour les Français, la menace, si elle est réelle, paraît presque lointaine.

Le gouvernement aussi paraît confiant. Le matin même, François Hollande annonce la levée imminente de l'état d'urgence. Dans la ville azuréenne, la fête bat son plein. Le festival de jazz est même en préparation. Les habitants sont loin d'imaginer l'horreur qui va fendre la foule quelques minutes plus tard. Pourtant, à 22h32, après le bouquet final du feu d'artifice qui éclate dans le ciel méditerranéen, la terreur se répand une nouvelle fois sur le sol français.

La terreur frappe encore

Un camion blanc force le barrage de policiers prévu pour la sécurité en montant sur le trottoir. Pendant deux kilomètres, le "camion fou", comme l'appellent rapidement les témoins et survivants, tente de faire un maximum de victimes  sur la Promenade en leur fonçant dessus. Des scènes de panique et d'hystérie, qui paraissent irréelles, s'enchaînent. 

Ailleurs en France, on a du mal à y croire. La soirée est interrompue en un message. Les téléphones vibrent, sonnent, alertent. "Un camion fonce dans la foule à Nice", sont les mots bruts qui s'affichent sur les écrans et ravivent tant de souvenirs douloureux. L'heure est aux coups de téléphone. Ceux qui connaissent du monde dans la ville tentent de joindre leurs proches, d'avoir des nouvelles. Facebook active son "Safety Check".

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Sur place, c'est le chaos. Les ambulances hurlent. Les gens pleurent. Certains aident les secours en tenant des poches de médicaments. Toute la nuit, les rescapés vont tenter de retrouver leurs proches, rassurer les leurs, tandis que des centaines de personnes sont acheminées vers les hôpitaux en "urgence absolue".

86 morts en trois minutes

La France,  une nouvelle fois attaquée un soir de fête, est à nouveau meurtrie. Des familles, des enfants, des poussettes... Des dizaines de morts et de blessés. Le nombre de victimes ne cesse d'augmenter. On passe d'une vingtaine à une trentaine, pour vite atteindre plus de 80 décès. Des semaines plus tard, le bilan final fera état de 86 morts et 458 de blessés. La traditionnelle fête familiale s'est transformée en cauchemar national.

En novembre 2015, le jeune âge de certaines victimes du Bataclan avait choqué. Là encore, le terroriste n'a pas fait de distinction. Parmi les morts, dix enfants et adolescents fauchés au début de leur vie. Des touristes, des Français, des jeunes, des personnes âgées, des musulmans, des athées... En trois minutes, plus de 80 vies sont volées. 90 secondes pour 86 âmes.

Puis les mêmes images se répètent. Les larmes, les fleurs, les bougies, les dessins, les slogans "Je suis Nice", les minutes de silence, les hommages des personnalités publiques, des politiques... En France et à l'étranger. Les drapeaux sont mis en berne et trois jours de deuil national sont décrétés par le premier ministre, Manuel Valls.

Flou autour du camion

Dès le lendemain, les critiques pleuvent. L'union nationale ne se fera pas, cette fois. La droite attaque le gouvernement ; l'extrême droite s'en prend à la gauche et la droite. Henri Guaino regrette qu'aucun "militaire avec un lance-roquettes" n'ait été présent sur la Promenade des Anglais.

Le terroriste est identifié comme étant Mohamed Lahouaiej Boulhel. La manière dont sa course a été stoppée est encore floue. Si le rapport affirmait que les autorités ont réussi à stopper le véhicule en tirant sur le terroriste, une enquête diffusée en septembre dans l'émission Quotidien révélait que le camion aurait en réalité calé. Sans problème technique, il aurait donc pu être en mesure de poursuivre sa course meurtrière.

Des images de ses repérages capturées par les caméras de vidéo-surveillance, un an plus tôt, mettent la question de la surveillance et du renseignement au cœur du débat. Il n'est plus question de lever l'état d'urgence, qui restera permanent jusqu'à novembre 2017, au moins.

Un hommage à la hauteur

En un an, le lieu de recueillement prévu place de la République a bien diminué. L'arbre planté et la plaque dorée ne sont décorés que d'une ou deux fleurs et quelques dessins devenus presque illisibles... Comme si l'habitude et la résignation avaient remplacé l'indignation et la souffrance. 

Depuis, les attentats se sont multipliés en Europe. Quelques semaines après les événements du 14 juillet, le prêtre Hamel est égorgé dans une église près de Rouen. Et le mode opératoire du terroriste de Nice se répète. À Berlin, sur le marché de Noël, et encore récemment à Londres, sur le London Bridge

Pour que les victimes de Nice ne tombent pas dans l'oubli, une association a prévu de réaliser un geste fort, un an après : prendre 86 galets de la plage qui borde la Promenade des Anglais et les déposer sur l’Himalaya. Comme pour mettre les victimes sur le toit du monde, plus près du ciel.

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2017-07-14 06:30:00
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