5 min de lecture Terrorisme

Attentat à Paris : ce que l'on sait au lendemain de l'attaque au couteau

L'attaque, revendiquée par Daesh et qui a coûté la vie à un passant, a été perpétrée par un Français de 20 ans né en Tchétchénie. Les parents de cet homme fiché S ont été placés dimanche 13 mai en garde à vue.

Une attaque au couteau a coûté la vie à un jeune homme de 29 ans dans le IIe arrondissement de Paris samedi 12 mai 2018
Une attaque au couteau a coûté la vie à un jeune homme de 29 ans dans le IIe arrondissement de Paris samedi 12 mai 2018 Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Félix Roudaut
et AFP

En moins de 24 heures, les enquêteurs ont récolté des informations capitales pour tenter de comprendre le drame qui s'est noué samedi 12 mai dans la soirée en plein cœur de la capitale. L'attaque, qui a coûté la vie à un passant près du métro Quatre-Septembre, dans le IIe arrondissement de la capitale, a été perpétrée par un Français né en 1997 en Tchétchénie naturalisé français en 2010.

S'il n'avait pas d'antécédent judiciaire, le jeune homme prénommé Khamzat était en revanche fiché S depuis deux ans pour radicalisation. Il connaissait également une personne ayant cherché à partir en Syrie. Lui-même avait pu exprimer un intérêt pour un départ en zone irako-syrienne. Il n'était cependant jamais passé à l'action. Khamzat avait une vie assez normale, il avait eu son BAC en 2016 en session générale économique et social il n'avait jamais été condamné par la justice.

Un jeune homme de 29 ans a été tué et quatre personnes blessées par cet homme armé d'un couteau qui aurait crié "Allah Akbar", selon des témoins. Daesh, qui a frappé plusieurs fois la France depuis 2015, a rapidement revendiqué l'attaque. "L'auteur de cette attaque au couteau à Paris est un soldat de l'État islamique (EI)", a déclaré une "source sécuritaire" à Amaq, l'agence de presse de l'EI.

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Le déroulé des faits

L'agression a eu lieu peu avant 21 heures rue Monsigny, près de l'Opéra, un quartier touristique de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir. "À ce stade et sur la foi d'une part de témoignages faisant état du fait que l'agresseur a crié 'Allah Akbar' en attaquant les passants au couteau", et "compte tenu du mode opératoire, nous avons saisi la section antiterroriste du parquet de Paris", a déclaré le procureur de la République François Molins.

Un policier a fait usage d'un pistolet à impulsions électriques pour maîtriser l'assaillant, qui avait menacé les forces de l'ordre. Puis un deuxième fonctionnaire de police lui a tiré dessus à deux reprises, le blessant mortellement, selon une source policière.

Les blessés hors de danger

Un homme de 34 ans a été transporté en "urgence absolue" à l'hôpital parisien Georges-Pompidou et une femme de 54 ans a aussi été grièvement blessée. Une femme de 26 ans et un homme de 31 ans l'ont été plus légèrement.

"La personne la plus grièvement blessée (...) va mieux", elle "a été opérée et donc aujourd'hui elle est sauvée", s'est réjoui dans la nuit Gérard Collomb, qui s'est rendu à son chevet à Georges-Pompidou. "Deux de ses amis sont dans un autre hôpital, ils sont totalement hors de danger. Une quatrième personne qui avait été blessée est aussi hors de danger", a-t-il ajouté.

Le ministre a tenu à "saluer (la) mémoire" du jeune homme qui "a perdu la vie". "C'est à nouveau la jeunesse de France qui est frappée", a-t-il relevé, deux ans et demi après les attentats sanglants du 13 novembre 2015, au Bataclan et sur des terrasses des Xe et XIe arrondissements de Paris.

Scènes de panique en plein Paris

Près de l'Opéra, les témoins racontaient la panique qui a saisi ceux qui passaient la soirée dans le quartier. "On a entendu deux coups de feu, on ne savait pas ce que c'était, on a vu des gens partir en courant et on est partis en courant aussi", a raconté Sébastien, qui se trouvait à la terrasse bondée d'un café avec deux amis. "On a croisé quelqu'un qui sortait de l'immeuble et qui a dit avoir vu l'assaillant égorger quelqu'un. Des gens se sont réfugiés dans le bar", a ajouté son ami Maxime.

Jonathan, serveur dans un restaurant proche du lieu du drame, a tout vu du début à la fin. À commencer par les victimes. "J'ai entendu la jeune femme crier. Elle a couru, elle a essayé de se réfugier dans notre restaurant, elle n'a pas pu malheureusement et l'assaillant l'a agressée", explique-t-il sur notre antenne. Le compagnon de la jeune femme est intervenu pour la sauver. "Il est arrivé pour pousser l'agresseur qui s'est mis à le suivre et a essayé de rentrer dans le restaurant d'à côté." 

C'est à cet instant qu'un premier vent de panique a eu lieu. "Il y avait beaucoup de monde. Tout le monde a vu l'agresseur avec un couteau plein de sang. Ils ont essayé de rentrer dans notre restaurant."

Nombreuses réactions politiques

"Ce soir, notre ville a été meurtrie", a dit la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui s'est rendue sur place. "Une attaque lâche et barbare qui ne peut se réclamer d'aucune religion et que nous condamnons fermement", a abondé la grande mosquée de Paris.

Cette attaque intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste. La dernière attaque meurtrière, le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (sud-est), avait porté à 245 le nombre de victimes tuées dans les attentats sur le sol français depuis 2015. Des attaques ont déjà été menées au couteau, notamment à Marseille en octobre 2017. 

De leur côté, la droite et l'extrême droite ont appelé l'exécutif à la fermeté. "Dans la guerre contre le terrorisme, les mots ne suffisent pas, il faut des actes", a tweeté le président des Républicains, Laurent Wauquiez. "Maintenant nous attendons une information essentielle", a asséné la dirigeante du FN Marine Le Pen : "Par quelle filière ce terroriste islamiste et sa famille sont-ils présents sur notre territoire ?"

Cette attaque, qui porte à 246 le nombre de victimes tuées dans des attentats sur le sol français depuis 2015, intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste. Particulièrement visé, l'Hexagone fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre l'EI. Dans sa revendication, l'EI affirme que l'assaillant de Paris a agi "en représailles envers les États de la coalition".

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L'attaque, revendiquée par Daesh et qui a coûté la vie à un passant, a été perpétrée par un Français de 20 ans né en Tchétchénie. Les parents de cet homme fiché S ont été placés dimanche 13 mai en garde à vue.
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