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Attaque du Thalys en 2015 : qui sont les trois co-accusés du tireur El Khazzani ?

ÉCLAIRAGE - Au procès de l'attentat avorté du Thalys en 2015, ce mardi 16 novembre, les juges se sont penchés sur le parcours des 3 co-accusés.

Ayoub El Khazzani lors de son procès pour l'attentat avorté du Thalys, le 16 novembre 2020, à Paris.
Ayoub El Khazzani lors de son procès pour l'attentat avorté du Thalys, le 16 novembre 2020, à Paris. Crédit : Elisabeth De Pourquery / AFP
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Paul Turban et AFP

2015, avant les attentats de novembre, qui ont touché notamment le Bataclan, mais après les drames de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher. Au beau milieu de l'été, un terroriste armé d'une Kalachnikov avait été arrêté grâce à l'intervention héroïque de plusieurs voyageurs d'un train Thalys.

Ce lundi 16 novembre, le procès d'Ayoub El Khazzani a débuté. Le suspect, manifestement prêt à faire un massacre, s'était enfermé dans les toilettes du train pour écouter un chant guerrier. Après cela, il était sorti torse nu, armé, avec près de 270 munitions. 

Il n'est pas seul devant les juges. L'un voulait "découvrir le monde" et s'est retrouvé en Syrie, le deuxième juste "rentrer en Europe" et le troisième assure qu'il n'a rien à voir avec l'histoire. Ce mardi 16 novembre, ce sont les parcours des trois co-accusés qui ont été explorés par la cour d'assises spéciale.

Bilal Chatra, 24 ans

Mince, doté d'une imposante chevelure, Bilal Chatra a été élevé par sa grand-mère. Après une enfant passée majoritairement "dans la rue", il a arrêté l'école à 14 ans puis quitté l'Algérie. "J'avais envie de découvrir le monde", a-t-il expliqué au procès. Fin 2014, il s'est envolé pour Istanbul, était devenu passeur entre la Turquie et la Grèce, et s'est enrichi "grâce à son intelligence et sa ruse".

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En Turquie, il a fait la rencontre d'Abdelhamid Abaaoud, coordinateur de l'attaque du Thalys et du 13-Novembre. "Il m'a parlé de l'État islamique qui se trouve là-bas, de la vie qui y est belle, a raconté Bilal Chatra, maillot de foot sur le dos. Il m'a demandé si je voulais y aller, j'ai dit oui". Durant cinq mois, il a découvert l'Islam et s'était entraîné aux armes, avant de prendre le nom d'"Abou Hamza le sniper". 

À l'été 2015, il a pris la route des Balkans, jouant l'éclaireur pour le coordinateur de l'attaque du Thalys et du futur tireur, qui l'ont suivi quelques temps après. "J'ai aidé à ouvrir la route, mais mon rôle s'est arrêté là", s'est-il défendu devant les juges. 

Selon les enquêteurs, Abdelhamid Abaaoud comptait le faire participer à l'attaque du Thalys mais Bilal Chatra a pris la fuite quand il s'en est rendu compte. "Abaaoud, vous le considériez comme un ami ?", a demandé le président. "Non. Comme un grand frère au départ", a dit Chatra, puis "comme une connaissance de travail"

Redouane El Amrani Ezzerrifi, 28 ans

Redouane El Amrani Ezzerrifi a décidé de rejoindre l'Europe en 2015, lui qui est né dans une famille nombreuse et modeste au Maroc. Il a rencontré Abdelhamid Abaaoud en Turquie, où il a logé au même endroit avec d'autres migrants, puis il a fait un voyage entre la Turquie et la Grèce dans le même bateau. 

"Je l'ai trouvé gentil au début, j'ignorais ce qu'il avait dans la tête", a assuré Redouane El Amrani Ezzerrifi, chemise grise, courts cheveux noirs. Les enquêteurs estiment qu'il a pris la route des Balkans en janvier 2015 "commandé" par Abdelhamid Abaaoud, pour y repérer le passage le plus sûr pour éviter la prise d'empreintes digitales. "Je n'ai rien à voir dans l'histoire", "tout ce que je voulais c'était rentrer en Europe", a-t-il soutenu à la cour. 

Redouane El Amrani est arrivé en Allemagne où il a déposé une demande d'asile. Il sait qu'il ne l'obtiendra pas pour raisons économiques, a-t-il expliqué à la cour. "Tout le monde ment, on m'avait dit 'si tu ne crées pas une histoire compliquée tu n'auras pas l'asile'", a-t-il assuré. Il a inventé une histoire de menaces d'un groupe islamiste extrémiste qui avait tenté de le recruter. 

"C'était faux", a-t-il répété plusieurs fois au président qui a insisté pour trouver un fond de vérité dans cette histoire. "Vous avez une propension assez importante à mentir...", a noté l'avocat général. Ses proches, le foyer pour migrants qui l'avait accueilli en Allemagne et le quartier d'évaluation de la radicalisation (QER) qui l'a suivi en prison en France, n'ont noté aucun signe de radicalisation. 

Mohamed Bakkali, 33 ans

Ce Belge considéré par ailleurs comme un logisticien clé des attentats du 13-Novembre, est accusé d'avoir ramené les trois autres prévenus en voiture en Belgique. Il a soutenu que ce n'était pas lui. Ayoub El Khazzani et Bilal Chatra ont dit à la cour qu'ils ne l'avaient jamais rencontré. Son parcours devait être examiné plus tard dans la journée.   

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Justice Faits divers Tirs dans un Thalys
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