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Des personnes devant une photographie représentant Samuel Paty lors d'une cérémonie d'hommage le 16 octobre 2021.
Crédit : Alain JOCARD / AFP
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Quatre personnes, condamnées en première instance à des peines allant de 13 à 16 ans de réclusion criminelle, seront rejugées en appel à partir de ce lundi 26 janvier, à Paris, dans le dossier de l’assassinat du professeur Samuel Paty, survenu en octobre 2020.
L’enseignant avait été tué le 16 octobre 2020 près du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, un islamiste tchétchène. Le meurtrier avait été abattu par les forces de l’ordre peu après les faits. Ce crime avait été précédé d’une campagne de haine et d’intimidation visant l’enseignant.
À l’issue du premier procès, tenu en novembre et décembre 2024, les sept hommes et la femme poursuivis avaient tous été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison allant d’un à seize ans.
Parmi les sept personnes condamnées, quatre d’entre elles ont interjeté appel et seront jugées devant la cour d'assises d'appel spéciale de Paris, jusqu'au 27 février.
Se trouveront sur le banc des accusés : Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, amis de l’assaillant, condamnés à 16 ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat, ainsi que Brahim Chnina et le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, respectivement condamnés à 13 et 15 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste.
L’affaire "Samuel Paty" avait débuté par le mensonge d’une élève de 13 ans, fille de Brahim Chnina, qui avait accusé son professeur d’avoir discriminé les élèves musulmans lors d’un cours sur la liberté d’expression au cours duquel une caricature de Mahomet avait été montrée. En réalité, l’adolescente n’avait pas assisté à ce cours.
Cette accusation mensongère avait ensuite été largement diffusée sur les réseaux sociaux par son père, Brahim Chnina, et par Abdelhakim Sefrioui. Après plusieurs jours d’une campagne virulente visant l’enseignant de 47 ans, Samuel Paty avait été décapité par Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical tchétchène.
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Découvrir l'émissionDans leur décision, les magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris ont reconnu que Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas personnellement l’auteur du meurtre.
Ils ont toutefois estimé que les deux accusés avaient, en toute connaissance de cause, pris le risque - malgré le contexte de menaces pesant sur l’enseignant - qu’une atteinte volontaire à son intégrité physique soit commise par un tiers violent et radicalisé, devenu selon eux leur "bras armé".
Les juges ont également considéré qu’ils avaient contribué à créer un climat propice au passage à l’acte, en alimentant la colère et la haine d’un individu radicalisé.
À ce nouveau procès, les conseils de Brahim Chnina, Me Franck Berton et Me Louise Tort, attendent que le rôle de leur client "soit ramené à sa juste place" : "Il n'a jamais participé à la moindre entreprise terroriste".
"C'est le procès de la dernière chance pour Abdelhakim Sefrioui", commente, de son côté, un de ses avocats, Me Vincent Brengarth. "On ne comprend pas pourquoi la juridiction de première instance n'a pas tiré les conséquences de la réalité factuelle de ce dossier, à savoir que M. Sefrioui ne connaissait pas Anzorov, et que rien ne le relie, directement ou indirectement, au crime de ce dernier", explique-t-il.
Pour Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés pour complicité d'assassinat terroriste, les magistrats de première instance ont retenu qu'ils étaient "parfaitement" conscients de la dangerosité de leur ami, et qu'ils l'avaient pourtant aidé, dans sa recherche d'armes notamment.
Pour Me Hiba Rizkallah et Me Martin Méchin, avocats de Naïm Boudaoud, ce dernier "a été condamné sur le fondement d'interprétations fragiles et hasardeuses, sans aucune preuve d'une intention criminelle". Ils appellent la cour d'assises d'appel à ne "céder ni à l'émotion, ni aux pressions populaire et médiatique".
La famille de l'enseignant espère, elle, une "confirmation du jugement sur le principe, au niveau des qualifications et des peines", et "que les faits soient reconnus et que chaque étape de l'engrenage soit jugée", déclare Me Virginie Le Roy, avocate des parents et d'une autre sœur de Samuel Paty.
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