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Air cocaïne : les 6 faits à connaître sur l'affaire

ÉCLAIRAGE - Deux des quatre Français arrêtés en mars 2013 à l'aéroport de Punta Cana, avec 700 kg de cocaïne à bord d'un avion, ont réussi à quitter la République dominicaine pour regagner la France. Ils avaient été condamnés à 20 ans de prison en août 2015.

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Air cocaïne : que vont devenir les deux pilotes revenus en France? Crédit Image : AFP | Crédit Média : Jean-Alphonse Richard | Durée : | Date : La page de l'émission
Jean-Alphonse Richard
Jean-Alphonse Richard et Geoffroy Lang

Après avoir été condamné à 20 ans de prison pour trafic de drogue le 14 août 2015, les deux pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos ont finalement regagné la France pour retrouver leur famille dans la région lyonnaise, comme le rapporte leur avocat dans Le Figaro. Les autorités de République dominicaine avaient assorti leur remise en liberté d'une interdiction de quitter le territoire en attendant la tenue de leur procès en appel.

Ils avaient été arrêtés le 19 mars 2013 à bord d'un jet privé, en compagnie d'un membre d'équipage et d'un passager, Alain Castany et Nicolas Pisapia, alors que près de 700 kg de cocaïne se trouvaient à bord de l’appareil. L'avion s'apprêtait à décoller de l'aéroport de Punta Cana pour Saint-Tropez.

1. Une arrestation en grande pompe

Tout commence dans la nuit du 19 au 20 mars 2013, sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana. Après avoir reçu des informations en provenance des États-Unis, la police dominicaine déploie un important dispositif sur l'aéroport pour intercepter un Falcon 50 qui s'apprête à décoller vers Saint-Tropez : des hommes en armes au sol et un hélicoptère dominicaine de l'agence de lutte contre le trafic de drogue.

Près de 700 kg de cocaïne sont retrouvés dans l'appareil, répartis dans 26 valises. Les quatre Français présents à bord sont immédiatement arrêtés et placés en détention provisoire : les pilotes Pascal Fauret (44 ans) et Bruno Odos (54 ans), ainsi qu'un passager de 36 ans Nicolas Pisapia et l'apporteur d'affaires Alain Castany, 67 ans.

2. Alain Affelou, Nicolas Sarkozy... : la liste des suspects s'allonge

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L'affaire prend une nouvelle ampleur quand la justice révèle que le Falcon utilisé appartient au lunetier Alain Affelou. La star des opticiens est rapidement mise hors de cause : il loue son jet à une compagnie privée, SN THS. Mais parmi les clients de cette entreprise figure un certain Nicolas Sarkozy.

Une juge d'instruction de Marseille, Christine Saunier-Ruellan, demande une expertise sur 3 vols de l'ex-Président réalisés entre décembre 2012 et février 2013, et facturés à la société LovGroup. Celle-ci appartient à Stéphane Courbit, et les factures de ces vols ont été retrouvées lors d'une perquisition du siège de la société SN THS, celle qui a affrété l'avion qui transportait les 700 kg de cocaïne. Le dossier est cependant classé sans suite, après une expertise minutieuse des justificatifs présentés par Nicolas Sarkozy.

3. Une enquête parallèle en France sur un large réseau

La justice française révèle cependant qu'une enquête avait déjà été ouverte pour des "comportements suspects" de passagers d'un Falcon 50 en 2012. Un douanier qui avait accueilli Pascal Fauret, Bruno Odos et Nicolas Pisapia est aussi mis en examen. Les quatre Français arrêtés par les autorités dominicaines clament leur innocence et maintiennent pourtant qu'ils ne savaient pas qu'ils avaient embarqué avec de la drogue à bord. Une quarantaine d'agents de douanes, de policiers et d'agents portuaires a aussi été arrêtée dans la foulée par la police dominicaine. Seuls 10 d'entres eux sont finalement poursuivis pour "complicité".

4. Un procès tardif

Près d'un an et demi après les faits, les quatre Français sont finalement convoqués devant la justice dominicaine le 5 juin 2015. Entre temps, ils ont été relâchés en liberté conditionnelle après plus de 15 mois de détention provisoire. Dans ce procès qui a été repoussé à de nombreuses reprises, les quatre accusés risquent jusqu'à 25 ans de prison.

Ils écopent finalement de 20 ans de prison pour trafic de drogue. Quatre autres accusés sont finalement condamnés à des peines allant de 5 à 10 ans de prison. Les quatre Français font finalement appel et restent en liberté conditionnelle.

5. Les deux pilotes parviennent à rentrer en France

Le dernier coup de théâtre de cette affaire intervient le 27 octobre. Alors qu'ils sont toujours sous le coup d'une interdiction de quitter la République dominicaineles pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos parviennent à regagner le territoire français.

Les circonstances de cette ex-filtration restent floues pour l'instant : selon BFMTV, les deux hommes auraient été aidés par des "des copains militaires", "des marins" mais aussi "deux ex-agents de la DGSE". Les accusés auraient amorcé leur évasion en prétextant une balade de plaisance en mer avant d'être recueillis par un bâtiment au large. Les deux pilotes auraient ensuite pris un avion pour la France depuis la Martinique à l'aide de passeports français fournis par leurs "amis militaires".

Contrairement aux rumeurs qui planaient à l'annonce de cette nouvelle, les autorités françaises ont fermement démenti être impliquées dans cette opération. Une information qui a été confirmée par les pilotes par la suite. En revanche, il semble que l'eurodéputé FN Aymeric Chauperade ait peut-être joué un rôle dans cette affaire. L'ancien conseiller spécial du président de la République reconnaît avoir dîné avec les deux pilotes la semaine dernière. Il a toujours condamné la façon dont l'affaire avait été jugé et a réaffirmé après les faits que "face à des juges douteux, la seule solution est de scier les barreaux".

6. Le volet français d'Air Cocaïne relancé

Pascal Fauret s'est expliqué sur les raisons de son départ lors d'une conférence de presse ce mardi 27 octobre à la mi-journée. Il est revenu sur les conditions particulièrement difficiles de sa détention, avec "la lie de la société dominicaine". Son avocat, Eric Dupont-Moretti, a insisté sur le fait que les deux hommes restent à la disposition de la justiceDeux cas de figure sont envisageables aujourd'hui : les deux pilotes peuvent être simplement convoqués par la justice ou appréhender par les gendarmes pour la préparation d'un futur procès. Pour la suite, ils seront placés en contrôle judiciaire ou en détention provisoire dans l'attente du procès du volet français de l'affaire Air cocaïne.

Les avocats des deux ressortissants restés sur le sol de République dominicaine dénoncent la fugue des pilotes, qui va nettement compliquer la défense de leurs clients au moment du jugement en appel. L'avocat d'Alain Castany parle ainsi "d'un abandon pur et simple, voire une mise en danger" par Pascal Fauret et Bruno Odos.

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ÉCLAIRAGE - Deux des quatre Français arrêtés en mars 2013 à l'aéroport de Punta Cana, avec 700 kg de cocaïne à bord d'un avion, ont réussi à quitter la République dominicaine pour regagner la France. Ils avaient été condamnés à 20 ans de prison en août 2015.
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2015-10-27 16:29:00
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