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Une photo montre une balance symbolisant la justice.
Crédit : Philippe HUGUEN / AFP
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Mardi 18 novembre 2008, peu après 16 heures, le commissariat d'Hagondange est appelé pour un homme découvert sans vie, chez lui, dans la ville voisine d'Amneville. Vingt minutes plus tard, le commandant Jean-Claude Tholey entre dans la maison. La victime gît sur le canapé du salon. Ses pantoufles sont rangées sous le canapé, ses lunettes repliées sur la table. Aucune trace de lutte ou de désordre. L'homme, ensanglanté, a été tué dans son sommeil. Ce bain d'hémoglobine a souillé les murs et le plafond.
Le légiste dénombre huit coups au crâne portés avec un objet lourd, sans doute un marteau. Le meurtrier a ensuite tranché la gorge avec un couteau. Le mort du canapé est Patrick Constantien, 52 ans, un jardinier municipal. De santé fragile, porté sur l'alcool, il était en arrêt maladie. Son épouse Christine était partie chercher deux de ses trois filles, Sandra et Audrey pour les ramener au domicile. Quand elle est rentrée, elle s'est étonnée que Patrick dorme toujours. Elle l'a secoué, il ne bougeait pas.
Mardi 25 novembre 2008, une semaine après la mort de Patrick Constantien, une information judiciaire pour "homicide volontaire" est ouverte à Metz. Les policiers se demandent qui a pu s'en prendre à cet homme paisible, pêcheur à la ligne et passionné de mots fléchés. Sa femme, Christine Constantien n'a pas montré beaucoup d'émotion après le drame. Aucune larme versée devant les voisins et les journalistes. Elle explique que son mari recevait des menaces de mort et désigne un paquet de huit enveloppes.
Les enquêteurs de la PJ de Metz placent sous surveillance Christine Constantien. Depuis le début, elle ne semble pas concernée par le drame. Sa téléphonie révèle une surprise de taille. Depuis huit mois, elle a échangé plus de 39.000 SMS avec un dénommé "Séfarin" sur un site de rencontres en ligne. "Séfarin" a ainsi été le premier averti de la découverte du corps de Patrick Constantien. Mais cet interlocuteur n'existe pas vraiment. C’est un simple employé du site de rencontres. Christine a ainsi dépensé plus de 18.000 euros en SMS surtaxés. Elle est endettée a contracté plusieurs crédits.
La police étudie minute par minute, l'emploi du temps de Christine Constantien le jour du drame. On la suit facilement grâce notamment aux SMS échangés avec "Séfarin". Les policiers remarquent un trou d'une heure dans sa géolocalisation, entre un passage chez Lidl et un autre chez Cora. Pour eux, elle a tué son mari en repassant chez elle et a jeté les armes du crime. "Ils avaient des difficultés financières. Il s’avère aussi qu’il y avait une assurance vie dont elle aurait bénéficié au décès de son mari, ce qui aurait réglé mal de choses", indique Kevin Grethen, journaliste police-justice au Républicain Lorrain.
Mardi 10 mars 2009, l'épouse est placée en garde à vue. Après 48 heures de garde à vue, Christine Constantien est mise en examen pour assassinat et écrouée. Dans les mois qui suivent la graphologie la désigne comme l'auteure de la seule lettre manuscrite de menace du corbeau. Elle va aussi évoquer le trou d'une heure le jour du crime, entre deux visites au supermarché. Elle avait en fait rendez-vous avec un amant dans un hôtel. Elle n’a rien dit car elle avait honte.
Mercredi 21 septembre 2011, Christine Constantien, teint blême, pull informe, cheveux ternes, émerge dans le box des accusés de la cour d'assises de la Moselle, à Metz. "Elle est peu présentable, peu causante. En fait, on sent qu’elle a des choses à dire mais qu’elle n’ose pas les dire", se rappelle Kevin Grethen dans L'Heure du Crime, sur RTL. Au terme du procès, elle est condamnée à 25 ans de réclusion criminelle.
Lundi 19 mai 2014, Christine Constantien, est cette fois devant la cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle, à Nancy. Elle comparait libre, sous contrôle judiciaire après quatre ans et neuf mois de détention. Sa fille Audrey, qui ne lui adressait plus la parole, est revenue vers elle. Audrey et son avocate sont convaincues de l'innocence de Christine. "Pour moi cela ne colle pas. Ce qui ne colle pas, c’est le timing entre ce que l’on sait de la téléphonie et la médecine légale", déclare Me Marlène Schott.
Mercredi 21 mai 2014, Christine Constantien est acquittée. Elle n'a pas tué son époux, elle est libre. Plus de dix ans après l'acquittement de Christine Constancien, l'auteur des coups de marteau et de couteau sur Patrick Constancien n'a jamais été identifié et retrouvé. L’enquête n’a jamais redémarré. "C'est une famille qui a envie d'être paisible maintenant", glisse Me Marlène Schott, l'avocate de la fille cadette du couple.
- Me Marlène Schott, avocate au barreau de Metz. Avocate de la fille cadette du couple, Audrey Constantien.
- Kevin Grethen, journaliste police-justice au Républicain Lorrain pendant l'affaire.
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