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Affaire Luka Rocco Magnotta : l’horrible raison pour laquelle identifier la victime a été difficile

PODCAST - Dans "Les Voix du crime", le porte-parole de la police montréalaise de l'époque raconte pourquoi l'identification de la victime, dont le corps a été démembré et les morceaux expédiés à différents endroits du Canada, a été "complexe".

Luka Rocco Magnotta
Luka Rocco Magnotta
Crédit : SPVM / AFP
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Cassandre Jeannin & Jean-Alphonse Richard

Le 25 mai 2012, les internautes découvrent une vidéo surréaliste dans laquelle on voit un homme, le visage dissimulé, en train de poignarder à plusieurs reprises à l'aide de ce qui ressemble à un pic à glace une personne allongée sur un lit. La vidéo est signalée aux autorités, impossible de savoir où a eu lieu le supposé crime et de connaître l’identité de l’auteur. Aucune suite n’est donnée. 

Quelques jours plus tard à Ottawa, le parti conservateur canadien reçoit un mystérieux colis. Il s’agit d’un pied humain. Un autre paquet, destiné au parti libéral, est intercepté au centre de tri de la Poste. À l’intérieur une main. Plusieurs questions se posent : s’agit-il d’une menace, qui est l’auteur du crime et à qui appartiennent ces restes humains ?

Le même jour, la police de Montréal, le SPVM, reçoit un signalement. Une valise toute neuve, de laquelle coule du sang et se libère une odeur pestilentielle, semble avoir été abandonnée dans les poubelles du quartier de la cote des neiges au sud est de la ville.

Les policiers pensent ouvrir la valise et confirmer que ce n’est pas bon mais finalement c’est un corps humain

Ian Lafrenière, porte-parole de la police montréalaise de l'époque

Le porte-parole de la police montréalaise de l'époque, Ian Lafrenière, se souvient du jour où la police a découvert cette valise. "C’était un appel qui était passé disant que dans les ordures il y avait une valise et du sang. C’est un appel comme on reçoit parfois et ça peut être un animal, plusieurs choses. Des appels de ce type là on en reçoit souvent et finalement c’est non fondé", explique-t-il.

"Les policiers se présentent, pensent ouvrir la valise de voyage et tout bonnement confirmer que ce n’est pas bon mais finalement c’est un corps humain. État de choc pour eux et comble pour moi c’est l’équipe de travail de ma conjointe, qui est policière au SPVM, qui fait cette découverte", poursuit-il.

Le corps a été démembré et les morceaux ont été expédiés à différents endroits du Canada

Ian Lafrenière, porte-parole de la police montréalaise de l'époque
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Après cette macabre découverte, la piste qui vient immédiatement "c’est la thèse de l’homicide. J’épargne les détails mais vous comprenez que le corps a été démembré et les morceaux du corps ont été expédiés à différents endroits du Canada, explique Ian Lafrenière. Au niveau communication ça a été horrible à gérer : plusieurs fuseaux horaires, plusieurs types de médias".

Pour l’identification c’était complexe (...) Ce n’est pas une identification habituelle

Ian Lafrenière, porte-parole de la police montréalaise de l'époque

Mais alors qui était cette victime ? "On se retrouve avec une victime qui n’est pas canadienne, qui vient de l’étranger. Ce n’est pas une identification habituelle. Normalement on y va avec le visage ou les empreintes dentaires, mais on n’avait pas ça, relate l'ancien porte-parole de la police montréalaise. C’était particulier de dire 'on recherche la tête' et ça nous a manqué pendant longtemps."

Celle-ci a finalement été retrouvée des semaines plus tard en plein jour dans un parc très fréquenté par les familles à Montréal. La victime est identifiée comme étant Jun Lin, étudiant chinois dont la disparition avait été signalée par des amis étudiants quelques jours auparavant. "Pour les gens d’origine chinoise quand on parle de la tête c’est un élément extrêmement important pour le respect, pour la dignité", rappelle Ian Lafrenière.

C'est après cette identification particulièrement difficile que la traque de celui qu'on a surnommé le "dépeceur de Montréal" a pu commencer.

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>> Les Voix du crime sont avocats ou avocates, enquêteurs ou enquêtrices, proches de victimes, de suspects ou de coupables. Ces témoins-clefs se confient au micro des journalistes de RTL. Des témoignages inédits, qui apportent un éclairage nouveau sur la justice et les grandes affaires criminelles d’aujourd’hui.


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