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Affaire Luka Rocco Magnotta : la traque internationale du "dépeceur de Montréal"

PODCAST - En mai 2012, les découvertes de restes humains dans une valise à Montréal et celle, quelques jours plus tôt, d'une sordide vidéo postée sur internet, va mener le Service de police de Montréal jusqu'en Europe, en passant par Paris.

Luka Rocco Magnotta escorté par la police
Luka Rocco Magnotta escorté par la police
Crédit : - / SPVM / AFP
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Constance Willemet & Jean-Alphonse Richard

Le 29 mai 2012, le Service de police de Montréal (SPVM), est appelé au pied d'un immeuble, après la découverte, par le concierge, d’un torse humain dans une valise jetée aux ordures dans la ruelle. Le même jour, un pied est découvert dans un colis posté au bureau national du Parti conservateur à Ottawa, puis une main dans un autre colis intercepté dans un centre de tri de Postes Canada et destiné au Parti libéral du Canada. Il s'agit de la même victime. 

Les médias sont déjà nombreux à couvrir l'affaire. C'est le commandant Ian Lafrenière qui prend la parole pour les tenir informés tout au long de l'enquête. Dans le dernier épisode des Voix du crimes, l'ex-porte-parole du SPVM se rappelle des enjeux de communication auxquels il a dû faire face. 

La première urgence est de retirer l'horrible vidéo du crime, qui a été publiée quelques jours plus tôt. Partagée massivement, on y voit une silhouette poignarder le corps d'un homme avec un pic à glace. Son auteur est un certain Luka Rocco Magnotta, dont les papiers d'identité sont justement retrouvés dans les poubelles près de la valise ensanglantée. "Rapidement, les gens se sont intéressés à cette vidéo. On a tenté de la faire retirer à plusieurs reprises, ça a été presque un échec. On a même accusé une compagnie de l'ouest canadien pour l'avoir hébergé", raconte Ian Lafrenière. 

Quelqu'un qui allait jusqu'à faire un crime de cette nature-là et qui voulait toute cette attention sur les médias sociaux, on n'avait jamais vu ça

Ian Lafrenière

Le lien est rapidement fait et les enquêteurs pénètrent dans l'appartement de Luka Magnotta. Les analyses confirment qu'une scène de crime y a bien eu lieu, cette affaire est de l'ordre du jamais vu. "Quelqu'un qui allait jusqu'à faire un crime de cette nature-là et qui voulait toute cette attention sur les médias sociaux, on avait peine à y croire", se souvient l'ex-commandant.

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Sur internet, Luka Rocco Magnotta est déjà traqué par les internautes pour des crimes contre les animaux : il avait posté en ligne une vidéo de chatons qu'il torturait. "Ces gens-là ont pu être mis à contribution et nous fournir de l'information sur les allées et venues de Magnotta. Cela nous a permis de voir toutes les identités sous lesquelles il fonctionnait et ça nous a aidé énormément dans notre traque", explique l'ancien porte-parole. 

Les enquêteurs découvrent des échanges sur un site de rencontre entre le meurtrier et un dénommé Jun Lin, étudiant chinois venu étudier au Québec. Ce dernier a été porté disparu quelques jours plus tôt. La tête du corps est finalement retrouvée dans un parc de Montréal et identifiée : Jun Lin est la victime de la vidéo

Au niveau de la communication, ça a été des journées d'enfer

Ian Lafrenière

Lorsque les enquêteurs retrouvent sa trace, Luka Magnotta est en fuite et devient l'homme le plus recherché du Canada. Il est finalement repéré de l'autre côté de l'Atlantique, dans le secteur des Batignolles, au nord-ouest de Paris. La police française prend le relais. "L'aide de nos collègues français a été incroyable, souligne Ian Lafrenière. Au niveau de la communication, ça a été des journées d'enfer. Je travaillais au Canada avec trois fuseaux horaires, plus en France avec le décalage que l'on connaît. Je devais me lever à plusieurs heures de la journée, j'ai fait beaucoup d'entrevues en Chine et en Europe pour expliquer ce qui se passait".

Arrêté le 4 juin 2012, après avoir été repéré dans un cyber café de Berlin, Luka Magnotta n'a pas fait preuve de résistance. Le patron de l'établissement l'avait reconnu et dénoncé à la police alors qu'il lisait des articles en ligne sur sa propre poursuite. "Il a utilisé les médias sociaux pour se glorifier, mais ce sont ces même médias qui l'ont amené jusqu'à nous et qui l'ont fait s'écrouler", soulève l'ancien porte parole Ian Lafrenière.

Jugé pour meurtre prémédité, outrage à un cadavre et utilisation de la poste pour envoi de matériel obscène, Luka Rocco Magnotta est condamné le 23 décembre 2014 à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

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