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Affaire Laetitia : Tony Meilhon condamné en appel à la réclusion criminelle à perpétuité

La cour d'appel de Rennes confirme le verdict du premier procès, sans la mesure de rétention de sûreté. Le meurtrier de Laetitia Perrais a écouté sa condamnation en souriant. Il ne se pourvoira pas en cassation.

Un croquis de Tony Meilhon devant les assises de Rennes le 13 octobre 2015.
Un croquis de Tony Meilhon devant les assises de Rennes le 13 octobre 2015.
Crédit : BENOIT PEYRUCQ / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

"Je suis un danger pour moi-même autant que pour les autres", avait reconnu Tony Meilhon, ce lundi 26 octobre, devant les assises d'Ille-et-Vilaine, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer.

Le meurtrier de Laetitia Perrais a été condamné en appel à Rennes à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans. En janvier 2011, il avait tué et démembré la jeune fille de 18 ans. Immédiatement après l'annonce de sa condamnation, Tony Meilhon a souri à plusieurs reprises en s'entretenant avec ses avocats, pendant de longues minutes, dans le box des accusés. 

Sa peine n'a pas été assortie d'une mesure de rétention de sûreté, comme cela avait été le cas en première instance à Nantes, en 2013, et comme l'avait requis l'avocat général Stéphane Cantero ce lundi. Cette mesure, rarement utilisée, permet de placer les condamnés ayant exécuté leur peine, mais présentant un risque élevé de récidive, dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté. C'est précisément ce qui avait justifié l'appel de Tony Meilhon. En revanche, il avait lui-même réclamé la perpétuité dès son premier procès.

"Ma fille repose en paix une fois pour toutes"

"Dès le début, j'avais dit que la rétention de sûreté me paraissait inéquitable et injuste", a réagi son avocat Me Benbrahim, qui avait demandé aux jurés, durant sa plaidoirie, de faire preuve de "compassion" à l'égard de son client. "La mort de Laetitia mérite peut-être la perpétuité", avait-il déclaré. "Mais devez-vous aller au-delà ?", avait-il interrogé, après avoir rappelé "la trajectoire de souffrance" de Tony Meilhon. Compte-tenu de la décision de la cour, celui-ci "ne va pas se pourvoir en cassation", comme il avait menacé de le faire à l'issue des débats. "Le dossier est fini aujourd'hui", assure Me Benbrahim. 

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Le père de Laetitia, Franck Perrais, se dit "content, satisfait : on ne pouvait pas aller au-delà. Ma fille repose en paix une fois pour toutes". La soeur de la victime, Jessica Perrais, sa mère et son parrain sont discrètement sortis de la salle d'audience en évitant les médias. 

Meilhon reconnaît être "dangereux"

Jessica "est soulagée que ce soit la fin d'une histoire judiciaire", a indiqué son avocate Cécile de Oliveira, prenant la précaution d'ajouter : "J'espère qu'effectivement, Tony Meilhon ne va pas se pourvoir en cassation". "Ça fait quatre ans que ça dure, j'aimerais qu'on en finisse une bonne fois pour toutes", avait déclaré Jessica Perrais au cours des débats. Pour la première fois, la jeune femme avait trouvé la force de s'exprimer devant le meurtrier de sa soeur. 

Avant que la cour ne se retire pour délibérer, Tony Meilhon a admis avoir "commis l'irréparable. Quoi que vous décidiez, rien ne sera réparé", a-t-il déclaré, crâne et visage rasés, en veste, cravate et chemise sombre. "L'avocat général a dit une chose sensée : 'Il est dangereux'. C'est vrai : j'étais dangereux", a poursuivi l'accusé. "Si on me pose la question, je dirai : 'non, on me fait pas sortir de prison'. Dehors, je suis un danger pour moi-même autant que je suis un danger pour les autres". Mais Tony Meilhon a nié une nouvelle fois avoir démembré le corps de sa victime. Les enquêteurs n'ont trouvé aucune preuve de complicité et l'homme qu'il a dénoncé a récusé ces accusations. 

Des jurés en larmes

Dans la matinée, les avocats des parties civiles avaient prononcé dans la matinée des plaidoiries très douloureuses. S'adressant directement à Laetitia, enlevée, tuée puis démembrée le 19 janvier 2011, Me Emmanuelle Henry, l'avocate de son parrain Alain Larcher, a fait monter les larmes aux yeux de plusieurs des neuf jurés, sept femmes et deux hommes, mais aussi du public. "Ta présence a plané à cette audience pendant quinze jours", a-t-elle déclaré. 

Tu n'es pas un 'dossier', Laetitia, tu es une princesse.

Me Henry, avocate du parrain de Laetitia

"Tu n'es pas un 'dossier', Laetitia, tu es une princesse", a-t-elle ajouté. "Tu es très courageuse, tu voulais t'en sortir et tu y étais presque arrivée...", a-t-elle salué. Placée en foyer à 8 ans avec sa soeur jumelle, puis en famille d'accueil en 2005, Laetitia était apprentie serveuse lorsque sa route a croisé celle de Tony Meilhon, alors âgé de 31 ans et sorti de prison quelques mois plus tôt.

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