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Affaire Jubillar : qui est Delphine, disparue depuis le 15 décembre 2020 ?

PODCAST – Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, Delphine Jubillar disparaît mystérieusement. Très vite, les soupçons se posent sur son mari, Cédric.

Delphine Jubillar, portée disparue dans le Tarn depuis le 16 décembre 2020
Delphine Jubillar, portée disparue dans le Tarn depuis le 16 décembre 2020
Crédit : Archives personnelles
PORTRAIT - Qui est Delphine Jubillar, disparue depuis décembre 2020 ?
00:08:49
Isabelle Choquet

Delphine Jubillar était une chic fille avec des rêves simples : un travail au service des autres, un mari attentionné, des enfants, une maison. La vie de famille idéale qui lui a manqué dans ses jeunes années. Ses rêves ont disparu avec elle une nuit de décembre 2020. Reste l’image de cette mariée radieuse, qui a dit oui pour le meilleur… et pour le pire.

La France entière la connaît sous ce nom, Delphine Jubillar. C’était le sien depuis sept ans. Avant, elle était Delphine Aussaguel née en 1987 à Albi dans le Tarn. Son enfance est marquée par le divorce de ses parents et la mort prématurée de son père, mécanicien. Elle n’a que 12 ans. Delphine vit alors dans un HLM de Gaillac avec sa mère Marie-Thérèse et ses deux petits frères. La sœur aînée a déjà quitté la maison.

C’est une jeune fille discrète, pudique, mais sociable. Une jolie brune élancée au regard évanescent. C’est à 18 ans qu'elle rencontre Cédric Jubillar, dans une soirée d’anniversaire. Il est apprenti peintre. Elle prépare son bac Sciences Médico-sociales et rêve de devenir infirmière. Très vite, le couple s’installe à Albi. 

Ses enfants, c’était sa vie, sa priorité, la prunelle de ses yeux

Une amie de Delphine

Avec sa détermination tranquille, Delphine décroche son diplôme et elle trouve un poste de nuit à la clinique Claude Bernard. Prise de service à 19h, fin de service vers 7h30 du matin. En semaine, les amoureux se croisent. Une vie à deux en pointillés, pas assez pour se connaître vraiment, assez pour s’imaginer un avenir. En 2013, c’est le mariage. À la mairie, en petit comité, le jeune couple ne roule pas sur l’or. La famille trouve qu’elle mérite mieux que ce garçon immature, un peu instable. Mais bon, c’est son choix. 

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Pour construire la maison de leurs rêves, les jeunes mariés achètent un terrain à Cagnac-les-Mines. Un premier enfant naît en 2014, un petit garçon, Louis. Puis une petite sœur, Elyah. Delphine adore ses enfants, ses amours comme elle les appelle. Elle les couve, elle les affiche sur les réseaux sociaux. "Ses enfants, c’était sa vie, sa priorité, la prunelle de ses yeux", disent ses amies dans Le Point. La jeune maman portait autour du cou un médaillon en forme de goutte. Il renfermait un peu du lait maternel qui avait nourri sa petite Elyah… 

Alors que Delphine devient maman, la sienne s’éteint. Marie-Thérèse est atteinte d’une maladie neurodégénérative qui va la ronger pendant deux ans. Delphine l’accompagne jusqu’à sa mort en 2016. "Elle lui a tenu la main jusqu’à son dernier souffle", dit un ami. À 28 ans, la voilà orpheline. La blessure ne se refermera pas. En 2019, après la naissance de sa fille, elle écrit sur sa page Facebook : "Trois ans aujourd'hui. La douleur est toujours là, tu me manques. J'aurais tant aimé te présenter ta petite fille. Je t'aime".

À partir du moment où Cédric était là, ce n'était plus du tout la même personne

Une amie de Delphine

Heureusement il y a ses deux frères et sa sœur, ses cousines, et un cercle d’amies fidèles. Des mamans rencontrées devant l’école, des collègues aussi. Le boulot, ça compte pour Delphine. Elle s’est engagée dans une unité Covid. Elle défend la cause des blouses blanches. C’est une généreuse, une altruiste. Celle qui prend toujours des nouvelles, qui pense aux autres avant de penser à elle. Elle est indépendante, féministe aussi. Elle aime les randonnées, la série La casa de papel et le rock écorché vif de Damien Saez.

Les copines se retrouvent régulièrement, chez l’une, chez l’autre. La plupart du temps, Cédric n’est pas là. Et tant mieux. Car en présence de son mari, la jeune femme pleine de vie semble s’éteindre. "Quand on était entre filles, dit une amie dans l'émission Sept à huit sur TF1, c'était Delph, la rayonnante. On rigolait de tout et de rien sans filtre. À partir du moment où il était là, ce n'était plus du tout la même personne". Il n’est pas bien grand, Cédric, 1 mètre 65, mais il la rabaisse en permanence. Il lui parle mal. Il est grossier, parfois brutal avec son fils.


À Cagnac, ils donnent l’image d’une famille unie, le jeune couple, les enfants, les deux chiens. Elle, toujours souriante, toujours soignée, maman épanouie... mais femme meurtrie. Car la réalité n’est pas à la hauteur de ses rêves. La maison construite par Cédric et ses copains est perpétuellement en travaux, le peintre plaquiste n’arrive pas à la terminer. Il travaille, oui, "au rythme d’un fumeur de joints", disent les voisins au Point

Notre relation est une évidence

"L'amant de Montauban"

Dans le lotissement, on ne peut pas la rater, leur maison avec ses parpaings rouges apparents, son balcon sans garde corps, et ce fatras entassé dans le jardin. Un chantier permanent, certains disent même "une déchetterie". Delphine, ça lui pèse. Dans ce jardin impraticable aux allures de terrain vague, la poussette de Louis a du mal à avancer. Alors qu’elle attend son deuxième enfant, elle tombe deux fois, sur le ventre, dans un chemin mal dégrossi, Cédric avait promis un escalier. 

Et puis les Jubillar ont des soucis financiers. La petite entreprise de Cédric a été coulée par le Covid, c’est Delphine qui fait bouillir la marmite. En juin 2020, le couple fête ses 7 ans de mariage mais le cœur n’y est pas, il n’y est plus. Elle est de plus en plus une maman, de moins en moins amoureuse... mais elle a envie de l’être. En avril elle a sauté le pas. Elle s’est inscrite sur un site de rencontres. 
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