2 min de lecture Affaire Grégory

Affaire Grégory sur Netflix : "L’honneur de mon mari est sali", s'insurge la veuve du juge Lambert

VU DANS LA PRESSE - Nicole Lambert, la veuve de Jean-Michel Lambert, premier juge à avoir instruit le dossier sur la mort du petit Grégory en 1984, critique la "vision partiale" du récent documentaire Netflix consacré à l’affaire.

Photo non datée du petit Grégory Villemin, 4 ans, retrouvé noyé le 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans la Vologne.
Photo non datée du petit Grégory Villemin, 4 ans, retrouvé noyé le 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans la Vologne. Crédit : AFP
Florise Vaubien
Florise Vaubien Journaliste

Nicole Lambert s'exprime peu, mais cette fois elle est sortie du silence pour défendre son mari, celui que la presse surnommait "le petit juge". Jean-Michel Lambert avait été le premier juge instruit sur l'affaire du meurtre de Grégory en 1984. Il a mis fin à ses jours, en 2017, quelques semaines après que l'affaire soit relancée. Le magistrat avait été vivement critiqué à l'époque pour sa conduite des investigations. Critiques que l'on retrouve dans le récent documentaire Netflix, Grégory, sorti le 20 novembre 2019. 

La veuve du juge Lambert y voit un acharnement, "une vision partiale" qui "attise une haine dangereuse". Elle s'est longuement confiée dans les colonnes du Parisien, rappelant que deux procédures sont en cours "pour diffamation et atteinte à la mémoire" de son défunt mari. "Cela fait trente-cinq ans que l'honneur de mon mari est sali, mais maintenant qu'il n'est plus là, ma fille et moi sommes en première ligne", a-t-elle déploré. 

Des incohérences et des mensonges

Nicole Lambert pointe notamment des incohérences et des "mensonges" dans le documentaire notamment en ce qui concerne le renvoi aux assises de Christine Villemin, la mère de Grégory. "Il est faux de dire que c'est lui qui a renvoyé Christine Villemin aux assises. C'est la cour d'appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) et les trois magistrats qui la composent qui (...) ont pris cette décision de renvoi", assure-t-elle. 

Et de renchérir : "Cette scène ou Jean Ker [NDLR : photographe reporter de Paris Match] prétend avoir mis en garde mon mari sur le fait que Jean-Marie Villemin voulait abattre Bernard Laroche ! Ce monsieur a la mémoire très courte…". D'après elle, il s'agirait là aussi d'un mensonge : son mari n'aurait jamais été prévenu des intentions meurtrières du père de Grégory. 

Les médias responsables de son suicide

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"Les médias l'ont quelque part poussé au suicide, notamment un, qui a divulgué un extrait des carnets intimes du juge Simon [NDLR : qui a repris toute l'enquête en 1987] où mon époux est durement critiqué (...).  Si il avait su (...) que ce magistrat critiquait en réalité un peu tout le monde, ça lui aurait sans doute sauvé la vie", conclut la veuve du juge Lambert. Elle regrette un acharnement médiatique qui aurait poussé son époux à mettre fin à ses jours le 11 juillet 2017 quelques semaines après la relance de l’enquête. Le "petit juge" avait au préalable envoyé une lettre à l'Est Républicain où il expliquait qu'il refusait de jouer le rôle de "bouc émissaire". "L’âge étant là, je n’ai plus la force de me battre", avait-il conclu dans sa lettre d'adieu.

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