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Affaire Grégory : l'analyse graphologique, la clé de l'enquête

Le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory ont été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivie de mort". Peu avant cela, cette dernière avait été confondue par son écriture, similaire à celle d'un des corbeaux.

La ville de Lépanges-sur-Vologne où a été tué le petit Grégory
La ville de Lépanges-sur-Vologne où a été tué le petit Grégory
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Le mystère de la mort du petit Grégory est-il en passe d'être élucidé ? L'affaire a pris un tournant décisif ce vendredi 16 juin. Plus de 32 ans après le meurtre du petit garçon de 4 ans, retrouvé pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, sa grand-tante Jacqueline Jacob a été mise en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Son mari Marcel Jacob est lui aussi sous le coup d'une mise en examen pour les mêmes chefs d'accusation. Et si cette affaire, qui intrigue le pays depuis 1984 a pu être relancée, c'est avant tout grâce à des analyses graphologiques, qui se sont révélées confondantes.

Pendant près de trois ans, la famille Villemin, celle de Grégory, a reçu plus de mille appels émanant de corbeaux différents. Tout a commencé en 1981, au moment où le père du petit garçon, Jean-Marie Villemin venait d'obtenir une promotion en tant que contremaître dans une usine automobile. Lui et son épouse Christine reçoivent des appels tantôt silencieux, tantôt avec de la musique. Les grands-parents de Grégory sont également la cible de ces appels anonymes

Les appels sont ensuite remplacés par des lettres, écrites entre 1983 et 1985. La première est déposée derrière les volets de la maison des Villemin, le 4 mars 1983 soit un an et demi avant l'assassinat du petit Grégory. "Je vous ferez votre peau a la famille Villemin" peut-on notamment lire sur le courrier anonyme truffé de fautes d'orthographe. S'en suivront quatre autres, trois adressée aux parents de Grégory, et une à Albert et Monique Villemin, les grands-parents de l'enfant. Et selon les enquêteurs, l'épouse du frère de Monique Villemin, autrement dit la grand-tante du petit garçon serait l'auteur d'au moins une de ces lettres

Le mot "chef" désignant le père de Grégory repris plusieurs fois

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"Les conclusions sont confondantes", a affirmé le procureur général de la République Jean-Jaques Bosc, faisant référence à des analyses graphologiques réalisées par les enquêteurs. Jacqueline Jacob aurait donc envoyé une lettre de trois pages, en écriture cursive, à l'attention des grands-parents de Grégory. Datant du 17 mai 1983, le courrier comporte une multitude d'insultes envers plusieurs membres de la famille et dénonce un traitement de faveur à destination du "chef", qui désigne Jean-Marie Villemin. Un surnom qui revient étrangement dans la lettre de revendication du meurtre du petit Grégory, envoyée au parents le 16 octobre 1984, le jour du crime. "J'espère que tu mourras de chagrin, le chef. Ce n'est pas ton argent qui te rendra ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con". Si l'auteur n'est pas formellement connu, la justice a constaté "une similitude importante des termes" utilisés dans ce document et dans la lettre de 1983, attribuée à Jacqueline Jacob. 

Jamais interrogée durant les cinq premières années de l'enquête, elle avait été convoquée une première fois en décembre 1989 par le juge d'instruction mais s'était dérobée. Finalement entendue deux ans plus tard, elle s'était montrée particulièrement réticente à répondre aux questions. D'autre part, son emploi du temps du mardi 16 octobre 1984, jour de la découverte du corps de Grégory n'a jamais pu être reconstitué avec certitude, tout comme celui de son époux Marcel. "L'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue", avaient considéré les enquêteurs de l'époque. 

Lien avéré entre les lettres anonymes et les appels

Vendredi 16 juin, jour de leur mise en examen, le procureur de la République Jean-Jacques Bosc a assuré lors d'une conférence "que le dossier révèle l'existence d'un lien indissociable entre les trois lettres anonymes de 1983, le courrier posté le jour du crime et l'enlèvement de l'enlèvement de l'enfant. Ce même lien se retrouve entre ces écrits anonymes et les appels téléphoniques anonymes qui ont été passés par le corbeau, qui était double parce que nous savons qu'il y a un homme et une femme", a-t-il expliqué. Il a notamment précisé que ces liens avaient été établis par "la similitude des termes retrouvés dans les lettres et les appels anonymes". S'agissant du couple mis en examen, "la localisation des appels n'a jamais été contredite par un quelconque alibi de leur part, ou par l'impossibilité de les passer". Le couple nie pour le moment toute participation aux faits reprochés.

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Affaire Grégory : qui sont les protagonistes ? Crédit Image : ERIC FEFERBERG / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :

 

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Affaire Grégory : l'analyse graphologique, la clé de l'enquête
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