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Affaire Epstein : quel rôle a joué le Français Jean-Luc Brunel ?

ENQUÊTE - Après le suicide du financier et prédateur sexuel présumé Jeffrey Epstein, l'affaire pourrait connaître des répliques en France, Jean-Luc Brunel est soupçonné d'avoir "livré des dizaines de jeunes filles".

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3 minutes pour comprendre du 19 août 2019 Crédit Image : STEPHANIE KEITH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Cindy Hubert édité par Marie Sasin

Plus d'une semaine après le suicide du financier et prédateur sexuel présumé Jeffrey Epstein, l'affaire pourrait connaître des répliques en France, où plusieurs voix ont réclamé l'ouverture d'une enquête. Un nom pourrait être en première ligne, celui d'un Français, soupçonné d'avoir "livré des dizaines de jeunes filles" à Epstein via son agence de mannequinat.
 
Il est accusé d'avoir profité de très jeunes filles il y a plus de 30 ans déjà. Au tout début des années 1990, Zoë Brock débarque à Paris pour tenter sa chance en tant que top model. La Néo-Zélandaise a tout juste 17 ou 18 ans, elle n'est plus sûre. Sa carrière est entre les mains de Jean-Luc Brunel et c'est lui qui l'héberge dans son immense appartement.
 
"C'est un homme qui faisait peur, tordu et malade. Quand vous vivez un événement traumatique tout reste en mémoire : l'odeur, les sons, l'agencement exact de la chambre. Je me souviens exactement de sa voix. Il était en train de préparer des rails de cocaïne, il m'a dit de venir dans sa chambre. 'Tu sais un jour Zoë, tu vas coucher avec moi'. Je me suis sentie vraiment en danger", confie-t-elle.

Les filles étaient sa monnaie d'échange

Craig Pyes, réalisateur du documentaire
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La mannequin finit par s'enfuir, mais d'autres n'auront pas son courage. À l'époque, un documentaire fait l'effet d'une bombe. Plusieurs femmes accusent Jean-Luc Brunel de les avoir droguées et violées. Craig Pyes, le réalisateur se souvient qu'à l'époque, le Français semblait diviser les femmes en deux catégories : "celles qu'il respectait...et les autres".

"Pour celles dont il pensait qu'elles ne feraient pas de grands top models, Jean-Luc essayait d'avoir des relations sexuelles avec elles et si jamais elles osaient refuser alors leurs carrières s'arrêtaient subitement. Une des mannequins que j'ai interviewée comparait les fêtes que Jean-Luc organisait à des marchés aux bestiaux. Tu sais que tu es là pour finir dans le lit d'un de ses amis. Les filles étaient sa monnaie d'échange, c'est comme ça qu'il avait ses entrées partout, y compris auprès de personnes très riches et perverses comme Epstein", détaille Craig Pyes.

Aucune femme ne porte plainte

À l'époque, aucune femme ne porte plainte et le Français va poursuivre sa carrière outre-Atlantique. Une agence à Miami, une autre à New York. Mais les accusations d'agressions sexuelles continuent. "Jean-Luc aime le viol silencieux", peut-on lire dans le livre très documenté de Michael Gross publié en 1995. L'écrivain est l'une des rares personnes à avoir pu interviewer le Français, il l'a pisté pendant des années de Saint-Tropez jusqu'à Miami.

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"Voilà qu'arrive Jean-Luc Brunel avec une demi-douzaine de jeunes filles, des adolescentes mineures sans aucun doute. Je me suis dit : 'tiens Jean-Luc n'a pas changé, aucun remords'. Il continue de faire les mêmes choses, à Miami cette fois", dit Michael Gross.

Le milliardaire soutient l'agence du Français

Sa route croise finalement celle de Jeffrey Epstein. Le milliardaire soutient son agence "à hauteur de plus d'un million de dollars", selon sa comptable. De l'argent et des appartements contre des filles. Le nom de Jean-Luc Brunel apparaît à de multiples reprises dans les 2.000 pages qui viennent d'être déclassifiées par la justice américaine.

On trouve par exemple des notes écrites à la main laissées à Epstein par ses collaboratrices : "Jean-Luc a trouvé une prof pour t'apprendre le russe. Elle a deux fois 8 ans, les leçons sont gratuites".

Aucune poursuite pour l'heure en France

Aujourd'hui, au moins une plaignante vise nommément le Français aux États-Unis. En France, Jean-Luc Brunel n'est visé pour l'heure par aucune poursuite. Son avocat américain tient à le rappeler à RTL. C'est le seul qui reconnaît d'ailleurs être en lien avec le Français : aujourd'hui le septuagénaire est un fantôme, aucune adresse connue, des anciens proches aux abonnés absents.
 
"J'espère que la justice va réussir à le faire tomber", souffle Zoë Brock. Si l'ancienne mannequin a décidé de témoigner, c'est pour encourager d'autres femmes à parler. "Ces hommes agissent dans l'ombre, ils comptent sur notre silence, notre honte et nos peurs, alors je vous en supplie, allez porter plainte si vous le pouvez". Pour l'heure la justice française en est encore au stade des "vérifications", en coopération avec les autorités américaines.

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