3 min de lecture Procès

Affaire Élodie Kulik : Willy Bardon condamné à 30 ans de prison

Âgée de 24 ans, Élodie Kulik, avait été violée puis tuée en janvier 2002. Le procès du principal suspect encore vivant se tenait aux assises d'Amiens depuis le 20 novembre.

Élodie Kulik
Élodie Kulik Crédit : Facebook
Noémie Grinberg et AFP

Willy Bardon est condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour viol, enlèvement et séquestration suivis de mort commis sur Élodie Kulik en 2002. Le verdict, rendu par la Cour d'assises de la Somme est tombé ce vendredi 6 décembre au soir.

Un peu plus tôt dans la journée, l’accusation avait requis 30 ans de prison contre le seul accusé encore vivant dans cette affaire, mais avait en revanche requis l'acquittement pour les chefs de "viol" et de "meurtre". Les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocate générale.

À l'issue de 13 jours d'une audience "hors norme", qui ont vu défiler "47 témoins et experts" à la barre, relater les quelque 180 auditions menées par les enquêteurs, "vous avez à juger des faits qui remontent à presque 18 ans (...) et dont les marques et ravages sont encore présents", avait dit aux jurés Ségolène Attolou, l'une des deux avocates générales.

Si la participation de Grégory Wiart, décédé en 2003, est "indéniable", "les deux hommes" que l'on entend sur l'enregistrement de l'appel aux secours "font forcément partie de ses ravisseurs" et "le seul proche" à "pouvoir être présent" et "reconnu sur la bande" par plusieurs témoins est Willy Bardon, avait dit l'autre avocate générale Anne Laure Sandretto.

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En dehors de l'enregistrement, il n'y a pas de preuve "scientifique", mais certains comportements l'accablent, notamment son "angoisse" tout au long de l'enquête à chaque audition de témoin, ou encore ses "multiples mensonges devant les gendarmes et juges d'instruction pour se défaire de sa proximité avec Wiart", avait insisté Laure Sandretto.

Je n'y étais pas

Willy Bardon
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Mercredi 4 décembre, pendant plus de trois heures, Willy Bardon, 45 ans, a été interrogé sur les faits. Il a maintenu être "étranger" aux faits, devant le père de la victime qui a crié sa douleur et sa "rage" envers les "bourreaux".

Puis les débats se sont à nouveau concentrés sur les voix qu'on entend sur l’effroyable appel de 26 secondes que passe Élodie aux pompiers, juste avant qu'on ne la tue. L'une d’elles semble être celle de Grégory Wiart, confondu par son ADN mais décédé en 2003.

 Certains proches ont dit, en garde à vue en 2013 et à la barre, avoir reconnu l’autre comme étant celle de Bardon. La faute à la "pression" des gendarmes, aux conditions des gardes à vue, répète inlassablement le seul homme sur le banc des accusés, dont l'ADN n'a pas été retrouvé sur la scène du crime, précisant : "c'est un timbre qui ressemble à ma voix". "Le timbre, c'est le visage de la voix", veut croire Me Seban, avocat de la défense.

Bardon finit par s'énerver et interroge : pourquoi il n'y pas eu de comparaisons de la bande sonore avec sa voix de l'époque des crimes ? Pourquoi la cassette, portant l'enregistrement de sa voix au début des années 2000 et qu'il avait fournie aux enquêteurs, s'est perdue ? 

Pas d'explication mais "une perte regrettable", reconnaîtra la présidente, Martine Brancourt.

"C'est horrible ce qui est arrivé à cette pauvre fille", "ce qui est arrivé à Monsieur Kulik, je ne le souhaite à personne", a redit Bardon, tout en ajoutant que, pour lui aussi, c'est "dur".

Un verdict 18 ans après les faits

Élodie Kulik avait 24 ans. Elle était directrice d'agence bancaire à Péronne (Somme). Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, la jeune femme circulait en voiture après avoir dîné dans un restaurant de Saint-Quentin. Elle est victime d’un accident, provoqué par plusieurs agresseurs. Alors qu'elle est en train d'appeler les secours, elle est extraite de sa voiture, placée dans un autre véhicule et amenée à quelques kilomètres de là pour être violée et tuée. Son corps est retrouvé le surlendemain par un agriculteur près d’une piste d’aviation désaffectée : il a été brûlé, mais la combustion n'a pas été complète.

L'enquête a piétiné pendant 10 ans, avant que Willy Bardon soit renvoyé devant la cour d'assises de la Somme. Il aurait dû comparaître avec l’autre principal suspect, Grégory Wiart, confondu par son ADN lui, mais décédé dans un accident en 2003.

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