2 min de lecture Justice

Affaire Élodie Kulik : 30 ans requis contre Willy Bardon, seul suspect encore vivant

Âgée de 24 ans, Élodie Kulik, avait été violée puis tuée en janvier 2002. Le procès du principal suspect se tient aux assises d'Amiens depuis le 20 novembre. Le verdict est attendu ce vendredi, dans la soirée.

Élodie Kulik, a été violée puis tuée en janvier 2002
Élodie Kulik, a été violée puis tuée en janvier 2002 Crédit : Facebook
Noémie Grinberg et AFP

L'accusation a requis 30 ans de réclusion contre Willy Bardon pour "enlèvement suivi de mort", commis sur Élodie Kulik en 2002, mais a requis l'acquittement pour les chefs de "viol" et de "meurtre".

Si la participation de Grégory Wiart, décédé en 2003, est "indéniable", "les deux hommes" que l'on entend sur l'enregistrement de l'appel aux secours "font forcément partie de ses ravisseurs" et "le seul proche" à "pouvoir être présent" et "reconnu sur la bande" par plusieurs témoins est Willy Bardon, a dit l'avocate générale Anne Laure Sandretto.


Élodie Kulik avait 24 ans. Elle était directrice d'agence bancaire à Péronne (Somme). Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, la jeune femme circulait en voiture après avoir dîné dans un restaurant de Saint-Quentin. Elle est victime d’un accident, provoqué par plusieurs agresseurs. Alors qu'elle est en train d'appeler les secours, elle est extraite de sa voiture, placée dans un autre véhicule et amenée à quelques kilomètres de là pour être violée et tuée. Son corps est retrouvé le surlendemain par un agriculteur près d’une piste d’aviation désaffectée : il a été brûlé, mais la combustion n'a pas été complète.

L'enquête a piétiné pendant 10 ans, avant que Willy Bardon soit renvoyé devant la cour d'assises de la Somme. Le procès s'est ouvert le 20 novembre. 

"Je n'y étais pas"

Willy Bardon
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Mercredi 4 décembre, pendant plus de trois heures, Willy Bardon, 45 ans, a été interrogé sur les faits. Il a maintenu être "étranger" aux faits, devant le père de la victime qui a crié sa douleur et sa "rage" envers les "bourreaux", mercredi aux assises de la Somme.

Puis les débats se sont à nouveau concentrés sur les voix qu'on entend sur l’effroyable appel de 26 secondes que passe Élodie aux pompiers, juste avant qu'on ne la tue. L'une d’elles semble être celle de Grégory Wiart, confondu par son ADN mais décédé en 2003.


Certains proches ont dit, en garde à vue en 2013 et à la barre, avoir reconnu l’autre comme étant celle de Bardon. La faute à la "pression" des gendarmes, aux conditions des gardes à vue, répète inlassablement le seul homme sur le banc des accusés, dont l'ADN n'a pas été retrouvé sur la scène du crime, précisant : "c'est un timbre qui ressemble à ma voix". "Le timbre, c'est le visage de la voix", veut croire Me Seban, avocat de la défense.

Bardon finit par s'énerver et interroge : pourquoi il n'y pas eu de comparaisons de la bande sonore avec sa voix de l'époque des crimes ? Pourquoi la cassette, portant l'enregistrement de sa voix au début des années 2000 et qu'il avait fournie aux enquêteurs, s'est perdue ? 

Pas d'explication mais "une perte regrettable", reconnaîtra la présidente, Martine Brancourt.

"C'est horrible ce qui est arrivé à cette pauvre fille", "ce qui est arrivé à Monsieur Kulik, je ne le souhaite à personne", a redit Bardon, tout en ajoutant que, pour lui aussi, c'est "dur".

Le verdict est attendu ce vendredi 6 décembre, dans la soirée. 

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