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Affaire Daval : "J'ai dû annoncer la découverte du corps", raconte le procureur

DOCUMENT RTL - Emmanuel Dupic, le procureur qui a dirigé l'enquête sur la mort d'Alexia Daval raconte sur RTL les coulisses des investigations.

Jonathann Daval aux funérailles de son épouse, Alexia, le 8 novembre 2017, à Gray
Jonathann Daval aux funérailles de son épouse, Alexia, le 8 novembre 2017, à Gray
Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP
DOCUMENT RTL - Le procureur chargé de l'affaire Daval raconte pour la première fois les coulisses de l'enquête
04:44
Alice Moreno - édité par William Vuillez

Il y a quatre ans, fin octobre 2017, des enquêteurs découvraient le corps d'Alexia Daval dans un bois de Haute-Saône. Son mari, Jonathann, apparaissait alors effondré. On se souvient de ses larmes face caméra lors de la marche blanche en hommage à sa femme. Mais Jonathann, le veuf éploré est en fait le meurtrier d'Alexia. Il l'a étranglée, frappée et a trahi tout son entourage, le public aussi, qui avait suivi de très près cette affaire.

Mais les soupçons pesaient en fait sur Jonathann dès les premières heures qui ont suivi la disparition de la jeune femme. Pour la première fois, le procureur qui a dirigé l'enquête raconte sur RTL les coulisses des investigations. Emmanuel Dupic, procureur de la République de Haute-Saône, était aussi l'avocat général au procès Daval. Le procureur se souvient parfaitement du jour de la disparition d'Alexia.

"Je m'en souviens très bien parce que c'est une affaire qui a marqué mon parcours professionnel. Nous sommes un samedi, le 28 octobre, je suis en famille chez moi au moment du déjeuner et je vais recevoir un appel des gendarmes, qui ont reçu le témoignage du mari Jonathann Daval, indiquant que sa femme était partie en début de matinée, réaliser un footing et qu'il ne l'avait pas retrouvée", se souvient-il. 

"Un grand acharnement"

"Vous avez deux hypothèses. C'est soit elle a quitté le domicile familial, ce qui peut arriver, ou alors, il s'est passé quelque chose de grave. Compte tenu du contexte particulier, je demande aux gendarmes de réentendre beaucoup plus longuement Jonathann Daval, sur les circonstances de la disparition", poursuit Emmanuel Dupic.

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"C'est un moment important parce que tout d'abord, on va constater sur son corps des petites traces qui ressemblent à des griffures", dit-il. Finalement, après deux jours de recherches dans la région, les gendarmes retrouvent un corps dans un bois au bout d'un chemin forestier. "On retrouve une jeune femme qui a été partiellement brûlée, qui présente des traces probablement de strangulation au niveau du cou et qui présente également un visage extrêmement tuméfié, c'est à dire qu'elle a reçu des coups importants sur le visage".

"Les professionnels du crime vous diront qu'effectivement, ce sont des manifestations plutôt d'un meurtrier qui se situe dans la sphère familiale. C'est un meurtrier qui connaît sa victime parce qu'il y a un grand acharnement", explique le procureur. 

Jonathann Daval entendu à 5 reprises

Emmanuel Dupic raconte ensuite le moment où il a dû annoncer la découverte du corps aux proches d'Alexia : "C'est un moment qui est extrêmement rare et très difficile, où je dois à la fois annoncer à la famille qu'on a découvert un corps carbonisé qui prend un nom, celui de leur fille. Et puis, au même moment, indiquer la découverte de ce corps à un suspect, Jonathann Daval". 

Ce dernier est alors "complètement affecté. J'ai le souvenir de le voir pleurer. Donc, c'est quelque chose qui est très déstabilisant", dit-ilC'est donc trois mois après la découverte du corps d'Alexia que Jonathann passe aux aveux. "C'est une audition, une garde à vue qui va être difficile puisqu'il va être entendu à cinq reprises en 48 heures. Et c'est seulement à la fin, à la cinquième audition, qu'il va enfin reconnaître les faits. Ça fait partie des catégories des aveux qu'on obtient parce qu'on est acculé. On est dos au mur", explique Emmanuel Dupic.

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