3 min de lecture Terrorisme

24 décembre 1994 : le vol Alger-Paris était détourné par quatre terroristes

Il y a 25 ans, sept ans avant le 11 septembre 2001, la France échappait de justesse à un attentat de masse après le détournement du vol AF 8969 Alger-Paris.

Le 26 décembre 1994, le GIGN lance l'assaut sur le vol Alger-Paris, contrôlé par quatre terroristes et détourné sur Marignane.
Le 26 décembre 1994, le GIGN lance l'assaut sur le vol Alger-Paris, contrôlé par quatre terroristes et détourné sur Marignane. Crédit : GEORGES GOBET / AFP
Maeliss
Maeliss Innocenti Journaliste

Le 24 décembre 1994, le vol AF 8969 est positionné sur le tarmac de l'aéroport Houari-Boumediène d’Alger. Il est censé décoller pour Paris en fin de matinée avec 229 passagers et 12 membres d'équipage. Mais quatre terroristes se revendiquant du GIA (Groupe islamique armé) parviennent à passer la sécurité et à monter à bord pour prendre tout le monde en otage.

Les pirates de l'air veulent être entendus. Ils réclament une conférence de presse pour parler de l'islam et de l'Algérie, alors en pleine guerre civile. Ils veulent aussi décoller pour Paris et y tenir une nouvelle conférence de presse. Pour parvenir à leurs fins, ils menacent de tuer des otages. Trois seront abattus d'une balle dans la tête.

Bloqué sur le tarmac, l'avion finit par décoller après des heures et des heures de négociations. Les terroristes croient à l'excuse du manque d'essence et acceptent de faire escale à Marseille. Ce n'est que le 26 décembre, à 3h12 du matin précisément, que le vol AF 8969 atterrit à Marignane. Le GIGN, qui existe alors depuis dix ans, intervient 14 heures plus tard…

Un assaut de 16 minutes

À 17h12 le 26 décembre, le premier escadron, composé de huit hommes, monte dans l'avion. Les quatre terroristes sont retranchés avec trois otages dans le cockpit. Ils se transforment en kamikazes et tirent dans tous les sens. Thierry Prungnaud, adjudant-chef du GIGN, dans les quatre premiers gendarmes à agir, en neutralise deux avant d'être gravement blessé.

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Dans l'avion, tout le monde hurle. Des renforts arrivent. Les passagers sont évacués par deux toboggans. Jean-Paul Borderie, le co-pilote coincé avec les terroristes dans le cockpit, saute par le hublot et permet aux tireurs d'élite d'avoir une meilleure vue de l'intérieur de l'appareil.

L'assaut dure 16 minutes. C'est le commandant de bord qui annonce que tous les terroristes sont morts et qu'aucun autre otage n'a été tué. Cet assaut a marqué l'histoire de France et du GIGN, dont tous les membres ont été érigés en héros. Un film de Julien Leclercq leur a d'ailleurs rendu hommage en 2011.

Le cockpit du vol AF 8969, après l'assaut du GIGN le 26 décembre 1994.
Le cockpit du vol AF 8969, après l'assaut du GIGN le 26 décembre 1994. Crédit : GEORGES GOBET / AFP

Bilan humain : trois morts et dix blessés

Trois hommes ont été tués pendant cet attentat, qui aurait pu, sept ans avant le 11 septembre être la première attaque terroriste de masse de l'histoire. Dix gendarmes ont aussi été blessés.

Un commissaire algérien d'une trentaine d'années a été tué d'une balle dans la tête. Il avait présenté sa carte professionnelle et invoqué Dieu. Son identité n'a jamais été révélée. Bui Giang To, diplomate vietnamien, a également été abattu d'une balle dans la tête.

Le même terrible sort a été réservé à Yannick Beugnet, 28 ans, et cuisinier de l'ambassade de France. Son corps a été jeté sur le tarmac de l'aéroport par les terroristes, qui l'ont laissé prononcer ces derniers mots : "Je m'appelle Yannick Beugnet. Je travaille à l'ambassade de France et notre vie est en danger maintenant. Si vous ne faites rien, ils vont nous exécuter, il faut absolument faire quelque chose rapidement".

Qui étaient les terroristes ?

Abdallah Yahia, 25 ans, était le chef de ce commando terroriste. Son second, Makhlouf Benguettaf, était un islamiste évadé de prison. Leurs complices étaient surnommés "Lofti" et "Maboul".

Pour s'approcher de l'avion, les pirates de l'air se sont faits passer pour des policiers qui procédaient à un contrôle d'identité. Ils ont ensuite sorti leurs armes et crié qu'ils prenaient le contrôle de l'avion, ordonnant aux femmes de se couvrir la tête.
Dans les premières heures de la prise d'otage, les terroristes ont utilisé différents noms de code pour faire croire qu'ils étaient nombreux. Mais les autorités ont vite compris leur manège. Ils ont tous été tués dans l'assaut et inhumés en France. Leurs familles n'ont jamais voulu récupérer les corps.

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