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Vaccins : l’UE a-t-elle vraiment remporté son bras de fer avec les laboratoires ?

ÉCLAIRAGE - Pfizer-BioNTech et AstraZeneca ont annoncé que des millions de doses supplémentaires de leur vaccin allaient finalement être distribuées en Europe. Une bonne nouvelle en trompe-l'œil quant à la stratégie adoptée par Bruxelles.

Coronavirus : doit-on craindre une perte de doses de vaccins en France ?
Coronavirus : doit-on craindre une perte de doses de vaccins en France ?
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
Thomas Pierre & AFP

Plusieurs groupes pharmaceutiques ont promis lundi d'accélérer la production de vaccins anti-Covid. Le laboratoire allemand BioNTech a ainsi annoncé jusqu'à 75 millions de doses supplémentaires au deuxième trimestre pour l'UE.

Dans la foulée, le géant allemand Bayer s'est lui engagé à produire le vaccin d'un autre laboratoire du pays, CureVac, actuellement "en voie de certification" selon le ministre allemand de la Santé. L'objectif est une production de 160 millions de doses en 2022. Ces capacités s'ajoutent à une production dans le réseau existant de CureVac de 300 millions de doses cette année et un milliard en 2022. 

La veille, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait indiqué que le groupe anglo-suédois AstraZeneca, qui subit les foudres des dirigeants européens en raison d'importants retards de production, allait fournir 9 millions de doses supplémentaires par rapport à ce qui était offert la semaine dernière, soit 40 millions au total.

Des annonces qui surviennent après plusieurs jours de tensions du fait de livraisons inférieures à ce qui était prévu. 

Pression payante de Bruxelles ?

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La semaine passée, AstraZeneca avait expliqué ne pouvoir livrer qu'"un quart" des doses initialement promises à l'UE au premier trimestre. Vendredi, Paris avait alors appelé à "clarifier" ces retards de livraison à l'UE, les Européens ne pouvant être pénalisés au bénéfice d'un "autre pays". La Commission européenne avait alors publié en ligne, partiellement, le contrat signé avec AstraZeneca. 

Parallèlement, Bruxelles avait accentué la pression en adoptant un mécanisme permettant de contrôler les exportations hors de l'UE des vaccins qui y sont produits, mais aussi d'empêcher la sortie de doses destinées aux Européens. Un mécanisme qui n'inclura pas, au final, l'Irlande du Nord, du fait d'une escalade de tensions, nées au cours du week-end entre Londres et Bruxelles. 

Pour rappel, le Royaume-Uni importe les vaccins anti-Covid de Pfizer et BioNTech d'une usine en Belgique. L'UE a par ailleurs réclamé au laboratoire AstraZeneca de recourir à la production d'usines situées au Royaume-Uni pour fournir les doses promises aux Vingt-Sept. 

70% des Européens vaccinés cet été

L'UE a réaffirmé dimanche son objectif annoncé le 19 janvier : "Nous voulons que 70% des adultes de l'UE soient vaccinés d'ici à la fin de l'été", a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à la chaîne de télévision allemande ZDF

Malgré le ton résolument optimiste affiché, l'Union européenne reste comme jamais sous pression après les retards de sa campagne de vaccination. Les médias allemands étaient lundi sans pitié pour l'UE, accusée d'avoir commandé des vaccins trop tard et d'avoir mal négocié notamment avec AstraZeneca. 

Une "déclaration de faillite pour Bruxelles"

L'Europe affiche actuellement un bilan de vaccination inférieur à celui notamment du Royaume-Uni, où les partisans du Brexit y voient la confirmation du bien-fondé pour le pays d'avoir quitté l'UE. Il s'agit "d'une déclaration de faillite pour Bruxelles, une preuve d'incapacité des 27 Etats membres", fustige le journal populaire allemand Bild

"Comment peut-on, dans la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, négliger à ce point l'approvisionnement" de vaccins, dénonce de son côté Der Spiegel.
Si l'UE a ficelé un paquet de soutien à l'économie de 750 milliards d'euros pour faire face aux effets de la pandémie, elle n'a investi que près de 3 milliards pour l'approvisionnement en vaccins, "difficile de le justifier", pointe le magazine.

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