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Union européenne : le coût du travail varie de 1 à 10

ÉDITO - Avec 42 euros par heure, le Danemark est le pays de l'UE où le travail est le plus cher, près de dix fois plus qu'en Bulgarie.

Union européenne : le coût du travail varie de 1 à 10
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Union européenne : le coût du travail varie de 1 à 10
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Loïc Farge
Loïc Farge

On parle beaucoup durant la campagne présidentielle des écarts du coût du travail au sein de l'Union européenne. La première puissance commerciale du monde assemble des pays qui sont séparés par des gouffres en termes de coûts horaires du travail. Entre un salarié danois et un bulgare, le rapport est de 1 à 10,  selon des estimations pour l'année 2016 publiées jeudi 6 avril par l'Office européen des statistiques Eurostat.

À Copenhague, l'heure de travail revient à 42 euros. À Sofia, vous avez le même ouvrage pour 4,40 euros. Ces coûts comprennent les salaires, les traitements et les cotisations à la charge de l'employeur. Derrière le Danemark, se placent la Belgique (39,20 euros), la Suède (38 euros), le Luxembourg (36,60 euros), et en cinquième position la France, où l’heure de travail coûte 1 euro de moins que chez notre petite voisin.

Nous restons au-dessus de la moyenne de la zone euro, qui frôle les 30 euros. Nous avons globalement un coût horaire légèrement supérieur à celui de l'Allemagne. En moyenne, car dans l'industrie nos usines affichent depuis cette année un coût du travail inférieur à celui des manufactures allemandes.

En fait, le point le plus important, celui qui distingue la France des autres poids lourds de l'Union, c'est la part des coûts qui s'ajoutent au salaire brut. L'heure de travail française est de loin la plus chargée d'Europe : 33,2% du montant total, contre une moyenne de 23% dans le reste de l'UE.

Le coût horaire légal du travail, facteur marginal

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La première raison pour laquelle c'est l'élément le plus important est évidente : quand vous multipliez le coût horaire mini de 9,76 euros par 33%, vous placez un frein très fort à l'augmentation du Smic. La seconde raison, c'est que ce différentiel de charges crée un point de vulnérabilité qui alimente le courant des travailleurs détachés. Dans toute l'Europe (Italie, Suède, Espagne, France), ces salariés touchent théoriquement pour la même tâche un salaire identique à celui des travailleurs locaux.

En revanche, leurs employeurs ne payent que les charges de leurs pays d'origine. Ainsi si vous employez un Maltais à Paris, les coûts additionnels passent de 33 à 6% du Smic horaire. Ce sont donc les charges du soudeur polonais, par exemple, qui font le dumping social. Le coût horaire légal du travail est donc un facteur plutôt marginal, qui ne pèse pas fondamentalement sur le marché du travail hexagonal. C'est la disparité du poids des charges qui fait la différence et alimente l'emploi détaché.

La note du jour

15/20 à Thomas Grenon. Le directeur général du Laboratoire national des Essais - qui mesure nos consommations d’énergie, les nanoparticules, la qualité de l’air ou les positions GPS - a spectaculairement redressé une situation lourdement déficitaire grâce à un accord d’entreprise qui a été validé en interne par référendum. Une première pour un établissement public.

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