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Une pétition réclame une enquête sur la mort de Jason Arday, ancien universitaire de Cambridge, après un "harcèlement" sur fond de racisme

Une pétition du groupe militant Good Law Project réclame une enquête après la mort de Jason Arday, ancien professeur de Cambridge. Plus jeune professeur noir de l'histoire de l'université, il avait démissionné début août après un "harcèlement médiatique" sur fond de racisme.

L'univeristé de Cambridge, au Royaume-Uni

Crédit : Brook Mitchell / AFP

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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Plus de 32.000 personnes, dont plusieurs députés, ont signé une pétition exhortant le Premier ministre britannique Andy Burnham à ouvrir une enquête publique sur le harcèlement médiatique dont aurait été victime l'universitaire décédé Jason Arday, ont indiqué dimanche 16 août les organisateurs.

La pétition a été lancée par le groupe militant Good Law Project après la découverte, vendredi, du corps de Jason Arday, qui avait été nommé il y a trois ans plus jeune professeur noir de l'histoire de l'université de Cambridge. La police a indiqué que son décès n'était pas à ce stade considéré comme suspect, semblant privilégier la piste d'une mort naturelle ou d'un suicide et enquêtant pour en déterminer la cause.

"Good Law Project" soutenait Jason Arday depuis qu'il avait démissionné, au début du mois, de l'université et de son poste de membre du Jesus College. "Ce que j'ai vécu est allé bien au-delà d'un simple désaccord académique", avait écrit Jason Arday au moment de sa démission, dénonçant des "accusations incessantes".

Les doutes s'étaient accumulés sur ses travaux, dont sa thèse de doctorat, mais aussi ses affirmations sur son parcours jusque-là considéré comme modèle. Ces deux institutions ont ouvert des enquêtes sur des allégations de plagiat et d'inventions ou d'exagérations concernant son parcours personnel. Pour ses défenseurs, le racisme a motivé une partie de l'examen pointilleux de son parcours.

"La réalité extrêmement difficile que vivent les universitaires noirs"

"Il ne fait aucun doute que la mort tragique du Dr Arday est la conséquence directe, prévisible et prévue du harcèlement médiatique", a écrit le Good Law Project sur son site web. "La couleur de sa peau a joué un rôle déterminant dans ce harcèlement", dénonce également le groupe.

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"Jason a été la cible d'une campagne de harcèlement continu pendant plus de trois ans après avoir accepté son poste de professeur", a dénoncé sa famille. "Cette campagne de désinformation a été insupportable pour Jason", a-t-elle ajouté. 

Plusieurs journaux ont publié des enquêtes sur Jason Arday. Outre ses travaux, certaines de ses affirmations concernant son parcours ont été contestées, notamment qu'il aurait couru 30 marathons en 35 jours. Dans un entretien accordé au Times en août, il reconnaissait avoir commis des "erreurs" sur le plan académique mais assurait qu'on le présentait à tort comme "un fraudeur universitaire".

Cette mort "devrait alerter sur la réalité extrêmement difficile que vivent les universitaires noirs dans le milieu académique", a dit à la BBC le professeur Kehinde Andrews, un ami de Jason Arday, spécialisé dans l'histoire et la pensée politiques noires.

Accusé par un ancien confrère

Les accusations portées contre Jason Arday, âgé de 41 ans au moment de sa mort, avaient fait l'objet d'une large couverture médiatique dans la presse britannique après qu'un autre universitaire - Nathan Cofnas, qui se définit lui-même comme un "réaliste racial" et qui a été démis de ses fonctions à Cambridge en 2024 après avoir été accusé de racisme - a déclaré en juillet avoir découvert de nombreux cas de plagiat dans les travaux du défunt.

Les médias britanniques et les commentateurs de droite se sont emparés de cette polémique, affirmant que Jason Arday, qui a contesté ces accusations, avait indûment bénéficié des politiques en matière de diversité, d'égalité et d'inclusion.

Good Law Project a déclaré que "de nombreux signataires" de sa campagne avaient "averti en privé plusieurs médias que leur acharnement à l'encontre du Dr Arday risquait de le pousser au suicide". Une veillée en hommage à l'universitaire décédé doit avoir lieu lundi soir à Trafalgar Square, à Londres.

La mort de ce Britannique de 41 ans est "une tragédie", a réagi samedi le Premier ministre Andy Burnham. "Ce n'est pas le moment de porter des jugements hâtifs. C'est plutôt un moment de réflexion pour comprendre comment on en est arrivé là", a-t-il ajouté.

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