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"Il était soumis à des moqueries incessantes" : après la mort d’un ancien professeur de Cambridge soupçonné de plagiat, ses proches dénoncent du harcèlement sur fond de racisme

Jason Arday, ancien professeur de Cambridge, a été retrouvé mort vendredi. Depuis quelques temps, il était sous le feu des critiques pour des soupçons de plagiat. Ses proches dénoncent une campagne de désinformation sur fond de racisme, Jason Arday ayant été le plus jeune professeur noir de l'histoire de la prestigieuse université britannique.

L'univeristé de Cambridge, au Royaume-Uni

Crédit : Brook Mitchell / AFP

Au Royaume-Uni, grande émotion après la mort d'un ancien professeur de Cambridge, au coeur d'un scandale de plagiat

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Marie Billon & AFP - édité par Laurène Rocheteau

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Une histoire qui secoue le Royaume-Uni depuis quelques jours. Après la découverte vendredi 14 août de la mort de Jason Arday, ancien professeur de Cambridge, qui se trouvait au coeur d'un scandale de plagiat, beaucoup dénoncent le racisme qui aurait mené à un examen exacerbé du moindre détail du parcours du professeur. 


"Ce que j'ai vécu est allé bien au-delà d'un simple désaccord académique", avait lui-même écrit Jason Arday lors de sa démission le 5 août dernier, dénonçant des "accusations incessantes". Des proches et anciens collègues pointent également du doigt "un harcèlement" sur fond de racisme contre lui, depuis sa nomination il y a 3 ans. 

Jason Arday faisait partie du 1% de personnes noires possédant le titre de Professeur au Royaume-Uni. En 2023, il était d'ailleurs devenu le plus jeune professeur noir de la prestigieuse université britannique. 

Une "chasse aux sorcières raciste"

Jason Arday avait récemment été sous le feu des critiques pour des suspicions de plagiat, notamment dans sa thèse de doctorat. Plusieurs médias avaient également questionné certains éléments de son parcours, comme le fait qu'il ait été diagnostiqué autiste étant enfant et n'avait pas su parler avant l'âge de 11 ans. Certaines informations sur son CV semblent également avoir été embellies, comme un livre qui n'a jamais été publié ou le fait qu'il aurait couru 30 marathons en 35 jours. 

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Les accusations de plagiat ont été initialement formulées par un chercheur américain, Nathan Cofnas, lui-même renvoyé de Cambridge en 2024 après avoir été accusé de racisme. Après avoir défendu son professeur et dénoncé une "ignoble campagne" le visant, Cambridge avait fini par ouvrir une enquête début août. Dans un entretien accordé au Times en août, Jason Arday reconnaissait avoir commis des "erreurs" sur le plan académique mais assurait qu'on le présentait à tort comme "un fraudeur universitaire".  

De nombreuses personnes issues du milieu universitaire estiment que le professeur faisait face à un niveau de suspicion si intense que celui-ci ne pouvait s'expliquer que par du racisme. L'organisation Stand Up to Racism, qui organise une veillée lundi soir à Londres en mémoire de l'ex-professeur, a affirmé que sa mort était "le résultat d'une chasse aux sorcières raciste".  

Le maire de Londres, Sadiq Khan, estime quant à lui que le professeur a été "victime d'une humiliation publique pernicieuse à laquelle d'autres personnes dans sa situation n'auraient tout simplement pas été confrontées".  

Ses proches dénoncent une "campagne de désinformation"

Jason Arday a été retrouvé mort vendredi dans le sud de Londres. La police a indiqué que son décès n'était pas à ce stade considéré comme suspect, semblant privilégier la piste d'une mort naturelle ou d'un suicide. Une enquête va être menée pour en déterminer la cause. 

Les proches du professeur dénoncent une situation devenue insupportable : "Jason a été la cible d'une campagne de harcèlement continu pendant plus de trois ans après avoir accepté son poste de professeur", a dénoncé sa famille. "Cette campagne de désinformation a été insupportable pour Jason."

Simon Baron-Cohen, professeur à Cambridge, avait échangé avec Jason Arday le matin de son décès. "Il n'arrivait vraiment pas à s'en sortir. Il était soumis à une surveillance et à des moqueries incessantes qui remettaient en cause le moindre détail de sa vie", dénonce-t-il auprès de RTL. "Il ne parvenait pas à surmonter la perte de sa carrière, celle de sa réputation, et il avait l'impression de ne plus pouvoir continuer."

Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a évoqué "une tragédie", déclarant qu'il n'était "pas le moment de porter des jugements hâtifs" mais plutôt "un moment de réflexion pour comprendre comment on en est arrivé là".

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