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"Un Afro-Américain me menace" : à New York, un homme filme une scène raciste

Alors qu'un homme noir lui demandait de promener son chien en laisse, comme cela est obligatoire, une femme blanche a appelé la police prétendant qu'un Afro-Américain la menaçait. Celle-ci a par la suite dû présenter ses excuses publiquement.

Amy Cooper a dû s'excuser après avoir appeler la police en prétandant être menacé par un homme afro-américain
Amy Cooper a dû s'excuser après avoir appeler la police en prétandant être menacé par un homme afro-américain Crédit : Capture vidéo Christian Cooper
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et Philippe Corbé

À New York, une femme blanche a dû s'excuser après avoir appelé la police, prétendant être "menacée" par un Afro-Américain, qui lui demandait simplement de tenir son chien en laisse comme cela est obligatoire. 

Lundi 25 mai, Christian Cooper, passionné d’ornithologie, se balade dans Central Park dans une zone où les chiens doivent être tenus en laisse pour protéger les oiseaux. Une obligation rappelée sur un panneau installé à proximité. Comme cela lui arrive fréquemment, il croise une femme qui ne respecte pas la règle et lui demande poliment d'attacher son chien. Mais celle-ci refuse.

Christian décide alors de filmer la scène, ce qui provoque la fureur de la promeneuse, Amy Cooper (les deux protagonistes portent le même nom de famille mais n'ont aucun lien de parenté, ndlr). Menaçante, elle s'approche de l'homme et lui demande d'arrêter. Face au refus ferme mais calme de Christian, elle décide d'appeler la police. "Je prends une photo et j'appelle les flics", peut-on l'entendre dire dans la vidéo. "Je vais leur dire qu'il y a un homme afro-américain qui menace ma vie", finit-elle par lâcher.

"Je suis en promenade et il y a un homme afro-américain qui menace ma vie et celle de mon chien", explique-t-elle à son interlocuteur. Alors que Christian reste impassible, attendant seulement qu'Amy attache son chien, celle-ci prend une voix effrayée pour tenter de convaincre les forces de l'ordre. Dans le même temps, elle finit par attacher son chien, ce qu'attendait Christian, qui avant de terminer sa vidéo lui lance un simple "merci".

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Postée sur les réseaux sociaux, la vidéo a rapidement suscité l'indignation. Beaucoup d'internautes ont dénoncé le racisme de cette femme et le fait qu'elle mentionne la couleur de peau de Christian pour tenter de faire venir la police, face à un homme nullement menaçant comme elle le prétend. 

Aux États-Unis les personnes noires étant davantage victimes d’arrestations disproportionnées et de violences policières, Amy Cooper a utilisé le stéréotype de l’homme noir menaçant pour tenter de tourner la situation à son avantage.

Placée en congé administratif par son employeur

Peu de temps après, l'identité d'Amy Cooper a été rendue publique. Sur CNN, elle a expliqué que sa vie volait en éclats car son employeur ayant eu connaissance de cette vidéo l'a placée en congé administratif le temps de mener une enquête interne. "Nous prenons ces sujets très au sérieux et nous ne pardonnons aucune forme de racisme", a précisé sur Twitter la société de placements en valeurs mobilières Franklin Templeton

Je ne voulais d'aucune manière blesser cet homme

Amy Cooper
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Amy Cooper a présenté ses excuses sur CNN. "Je ne suis pas raciste", a-t-elle assuré. "Je ne voulais en aucune manière blesser cet homme ou la communauté afro-américaine. Je pense que j'avais peur. Quand on est seule en promenade, on ne sait pas ce qui peut se passer. Ce n'est pas excusable, ce n'est pas défendable", s'est-elle justifiée. 

De son côté Christian Cooper a expliqué : "Je l'ai filmée car c'est important d'avoir des preuves. Malheureusement, à notre époque, il y a des drames comme celui d'Ahmaud Arbery, où des hommes noirs sont pris pour cible. Cette femme pensait pouvoir exploiter cela à son avantage et je ne pouvais pas le laisser passer."

Concernant les excuses d'Amy, il affirme : "Si elles sont sincères et si elle prévoit désormais de promener son chien en laisse quand elle passera à cet endroit, nous n'avons aucun problème, elle et moi".

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