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"Un accord tricoté depuis six mois" : les coulisses de la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris, attendus en France mercredi

Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris ont quitté l’Iran mardi 7 avril sous convoi diplomatique. Après une nuit à Bakou, en Azerbaïdjan, ils doivent rentrer en France mercredi, mettant fin à près de trois ans de détention et de tractations diplomatiques.

Des affiches de Cécile Kohler et Jacques Paris, à l'Assemblée nationale, le 15 septembre 2025

Crédit : Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Georges Malbrunot sur la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris : "La France avait de quoi négocier un échange"

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Anne-Sophie Lapix & Sophie Joussellin

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Ils sont enfin libres.  Cécile Kohler et Jacques Paris sont en passe d'être rapatriés en France. Le président de la République Emmanuel Macron a officialisé la bonne nouvelle depuis Lyon, ce mardi 7 avril, évoquant "un soulagement".

Les deux Français, détenus depuis près de quatre ans en Iran, ont quitté Téhéran à l'aube ce mardi 7 avril "sous convoi diplomatique avec l’ambassadeur de France et ont rallié l’Azerbaïdjan, pays frontalier situé au nord de l’Iran, pour passer la nuit à Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, puis demain [mercredi 8 avril] ils vont rentrer en France, ils seront accueillis par le centre de crise", a détaillé le journaliste spécialiste du Moyen-Orient Georges Malbrunot, invité de RTL ce mardi 7 avril.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a pu s’entretenir avec eux par téléphone dès leur sortie du territoire iranien. Sur le réseau social X, il indique qu’ils ont exprimé leur "émotion" et leur "joie" à l’idée de retrouver leur pays.

Plus de trois ans de détention en Iran

Les deux enseignants avaient été arrêtés en mai 2022, lors du dernier jour de leur voyage touristique en Iran. Les autorités iraniennes les accusaient d’avoir participé à des manifestations d’enseignants et d’avoir été en contact avec des militants syndicaux.

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L’été dernier, ils avaient été accusés d’espionnage au profit d’Israël et condamnés à 20 et 17 ans de prison, des accusations rejetées par Paris. 

Ils ont passé plus de trois ans dans la prison d’Evin, à Téhéran, avant d’être assignés à résidence à l’ambassade de France à partir de novembre dernier.

De longues négociations entre Paris et Téhéran avec Oman en médiateur, et une otage iranienne en France comme monnaie d'échange

La libération des deux Français est le fruit de plusieurs mois de discussions entre Paris et Téhéran. Depuis le début de la guerre en Iran, le ministre des Affaires étrangères français s’est entretenu à six reprises avec son homologue iranien.

Un dernier appel dimanche 4 avril a permis de finaliser l’accord. La dégradation de la situation sécuritaire en Iran, dans un contexte de guerre, a pesé dans la décision des autorités iraniennes, incapables d’assurer pleinement la sécurité des deux ressortissants français.

"Cette sortie définitive de l’Iran s’est faite avec l’accord des autorités iraniennes", précise Georges Malbrunot. Il évoque aussi "un accord tricoté depuis six mois" entre les deux pays.

Le journaliste souligne également le rôle d’intermédiaires : "Oman est le médiateur des prises d’otages en Iran (…) la France n’a pas de contact avec le guide suprême donc Oman a l’habitude de jouer ce rôle-là".

L'assignation à résidence de Mahdieh Esfandiari, une Iranienne condamnée en France et citée comme possible monnaie d'échange contre Cécile Kohler et Jacques Paris, a été levée, a déclaré mardi son avocat à l'AFP, quelques heures après l'annonce de la sortie d'Iran des deux Français. "Le commissariat l'a appelée" pour lui signifier que la mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (Micas) émise par le ministère de l'Intérieur "est levée", a précisé Me Nabil Boudi. 

Un retour imminent en France

Les deux ex-otages sont attendus en France mercredi. À leur arrivée, ils seront examinés par des médecins avant de retrouver leurs proches.

"Ils vont être examinés par les médecins puis vont retrouver leurs familles", explique Georges Malbrunot. Après plusieurs mois passés à l’ambassade de France à Téhéran, cette période a déjà constitué une transition vers un retour à la vie normale. "Ils ont passé quatre mois à l’ambassade de France, ils ont pu se réacclimater avec la vie normale, donc le sas de décompression a déjà eu lieu", ajoute-t-il.

Leur arrivée en France doit ainsi marquer la fin d’une longue épreuve et le début des retrouvailles. "Ils vont retrouver la grande joie de retrouver leur famille", conclut le journaliste.

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