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Des soutiens du Hezbollah dans le sud du Liban célébrant le cessez-le-feu le 16 avril 2026
Crédit : ibrahim AMRO / AFP
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La société libanaise est plus fragile que jamais. La guerre menée par Israël contre le Hezbollah est suivie de tensions internes. D'un côté, les chrétiens veulent la paix avec l'État hébreu, tandis que les musulmans chiites et sunnites y sont fermement opposés. Avec la crainte d'une guerre civile, le Liban semble être assis sur un baril de poudre.
La majorité des Libanais avaient qualifié de "folie" le déclenchement du conflit par le Hezbollah contre Israël au début du mois de mars 2026 en solidarité avec l'Iran, son allié. Si cette réaction avait montré un rare élan de solidarité au sein de la population, les choses se sont rapidement compliquées. En occupant la région chiite du sud-Liban, en rasant des villages et en provoquant l’exode de ses habitants, Israël a fait renaître le réflexe confessionnel.
De nombreux chiites affirment que le Hezbollah est leur réel protecteur, car l’armée libanaise ne peut pas les défendre. Ces croyants se réfugient dans des secteurs chrétiens ou sunnites de Beyrouth, suscitant la crainte que ces derniers soient visés dans des frappes israéliennes.
Le spectre des tensions communautaires resurgit dans un pays où elles n’ont jamais vraiment disparu. Dans ce pays historiquement divisé, les chrétiens regardent plutôt vers la France (ancienne puissance mandataire), les sunnites se tournent vers l’Arabie saoudite et les chiites vers l’Iran.
Certains chrétiens les plus véhéments envers le Hezbollah appellent même à un fédéralisme et à une séparation des autres communautés. Ils ne sont probablement pas majoritaires à adopter une telle posture séparatiste, mais gagnent du terrain.
Cette hypothèse d'autonomie des chrétiens reste une chimère, comme le rappelle l’échec de leur flirt avec Israël dans les années 1980 pendant la guerre civile. Une impossibilité renforcée par l'absence d’homogénéité démographique au Liban, à l'inverse de l'Irak où les Kurdes occupent seuls des provinces et y exercent en autonomie. Dans la plupart des régions libanaises, chrétiens, chiites et sunnites cohabitent.
D’autres questions attisent les divisions, comme le désarmement du Hezbollah - réclamé par les chrétiens et les sunnites - ou la perspective de paix avec Israël. Cette dernière est souhaitée par une majorité de chrétiens, tandis que les musulmans s'y opposent tant que l’État hébreu occupera une frange de terre au sud.
Il n'y a pas de risque de retour de la guerre civile dans l'immédiat. Le Hezbollah, même affaibli, reste la formation la plus puissante militairement. Plusieurs chrétiens et sunnites libanais réclament son désarmement par la force par l’armée. Le problème est que cette armée est à l’image du pays : multiconfessionnelle. Elle éclaterait en cas d'intervention, avec des risques d’affrontements communautaires.
L’autre risque est que le gouvernement libanais, sous la pression des États-Unis et d’Israël, soit forcé de désarmer la milice chiite pro-iranienne, en échange d’un retrait militaire israélien du sud du pays. Un scénario très dangereux car le Hezbollah, menacé, pourrait renouer avec des assassinats ciblés ou descendre dans les rues, comme il le faisait en 2008.
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