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Ukraine : faut-il craindre une prochaine invasion militaire russe ?

ÉCLAIRAGE - Kiev s'inquiète du renforcement militaire russe à ses frontières. Si Moscou dément toute velléité belliqueuse, les autorités ukrainiennes disent craindre une invasion imminente.

Image satellite prise le 1er novembre 2021 montrant un important déploiement de forces  terrestres russes près de la ville de Yelnya, près de la frontière russe
Image satellite prise le 1er novembre 2021 montrant un important déploiement de forces terrestres russes près de la ville de Yelnya, près de la frontière russe
Crédit : Handout / Satellite image ©2021 Maxar Technologies / AFP
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Thomas Pierre & Emilie Baujard

Quelles sont les intentions du Kremlin ? Alors que ses forces russes se massent à la frontière ukrainienne, faut-il craindre une invasion ? Et est-elle imminente ? Les tensions sont en tout cas encore montées d'un cran cette semaine. 

Mercredi, les États-Unis ont évoqué des "preuves" montrant que la Russie envisageait "d'importants actes agressifs contre l'Ukraine", sans pour autant donner de précisions. "La Russie a fait des plans pour des actions agressives significatives contre l'Ukraine, plans (qui) incluent des efforts en vue de déstabiliser l'Ukraine de l'intérieur ainsi que des opérations militaires à grande échelle", a déclaré le chef de la diplomatie américaine.

Antony Blinken a notamment accusé Moscou de réunir "des dizaines de milliers (de soldats) de forces de combat supplémentaires" près de la frontière. "Nous ne savons pas si le président Poutine a pris la décision sur l'invasion. Nous savons qu'il est en train de mettre en place la capacité de le faire rapidement, s'il le décide", a-t-il ajouté. 

Une "opération éclair" ?

Lundi, l'Ukraine avait déjà appelé ses alliés à agir vite pour dissuader la Russie de toute invasion, estimant qu'une offensive de Moscou pourrait être déclenchée "en un clin d'œil", au moment où d'importantes troupes russes continuaient à se masser aux abords du pays. Fin octobre, des vidéos ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, affirmant montrer des mouvements de troupes, chars et autres armes lourdes russes en direction de la frontière ukrainienne.

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Selon le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, la Russie aurait ainsi accumulé environ 115.000 troupes autour de l'Ukraine, ainsi qu'en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014, et dans les territoires sous contrôle séparatiste dans l'est du pays. "Ce que nous voyons est très sérieux. La Russie a déployé une large force militaire près de la frontière ukrainienne. Cela inclut des chars, des systèmes d'artillerie, des systèmes de guerre électronique, des forces aériennes et navales", a-t-il énuméré.

Mi-novembre, le Center for Strategic and International Studies (CSIS) estimait ainsi que les militaires se trouvaient à seulement 250 kilomètres au nord de la frontière, soit "à distance de frappe de l'Ukraine". "Il n'est pas clair si la Russie se prépare à une opération éclair conventionnelle dans l'est de l'Ukraine dans un avenir proche", précisait alors le CSIS. 

"Une invasion sans raison" ?

Mais une offensive russe serait bien "en préparation" pour la fin janvier ou début février, assurait dimanche le chef du service de renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov. Selon le haut gradé, cette opération, qui se déroulerait en trois phases, comprendrait des débarquements amphibies dans les villes portuaires d'Odessa et de Marioupol, des frappes aériennes et des bombardements d'artillerie et une invasion blindée à l'est, ainsi qu'une incursion terrestre à travers la Biélorussie.

Néanmoins, Alexandre Baounov, analyste chez le centre Carnegie de Moscou, a déclaré à l'AFP qu'il pourrait "difficilement imaginer une invasion sans raison". 

Coup d'État en préparation ?

En outre, ces mêmes services de renseignement ukrainiens assuraient disposer d'informations sur un projet de déstabilisation intérieur de Kiev, impliquant des personnes en Russie. "J'ai reçu des informations selon lesquelles un coup d'Etat aura lieu dans notre pays les 1er et 2 décembre", déclarait la semaine passée Volodimir Zelenski.

Mardi, le Premier ministre ukrainien Denys Shmygal a lui aussi ouvertement accusé le Kremlin de vouloir renverser le gouvernement pro-occidental à Kiev. "Nous avons des données secrètes qui démontrent les intentions spéciales (pour fomenter un coup)", a-t-il déclaré. "Ils préparent quelque chose". 

La Russie, qui s'est emparée de la Crimée en 2014 et est accusée de soutenir les séparatistes qui combattent Kiev, a fermement nié préparer une attaque, reprochant à l'Otan d'attiser les tensions. Moscou a accusé à son tour l'Ukraine de masser des troupes dans l'Est du pays. D'après une porte-parole de la diplomatie russe, 125.000 soldats, soit "la moitié des forces armées ukrainiennes", se trouveraient dans cette zone située près des frontières russes. 

Une tactique de Poutine contre l'OTAN

Dans le passé, la Russie a déjà massé des troupes à la frontière avec l'Ukraine, notamment en avril, lorsqu'environ 100.000 militaires y avaient été déployés. Moscou avait assuré à l'époque les avoir retirés peu après l'annonce du premier sommet entre Vladimir Poutine et Joe Biden. Certains analystes ont alors affirmé que la Russie avait montré ses muscles pour se mettre en position de force à l'approche de cette rencontre.

Mercredi, Vladimir Poutine d'ailleurs appelé à des négociations avec l'Occident en vue d'obtenir des "garanties juridiques" contre l'extension de l'Otan à l'est. La Russie ne veut pas que Kiev rejoigne cette organisation qu'elle perçoit comme une menace. Alors que Moscou et Washington discutent encore de l'organisation d'un nouveau sommet entre Poutine et Biden, des experts estiment que la Russie pourrait bien recourir à la même tactique. 

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