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Tchétchénie, Géorgie, Ukraine... Ces guerres menées par Poutine depuis 2000

ÉCLAIRAGE - Depuis son arrivée au pouvoir en 2000, le maître du Kremlin aura déployé ses troupes en Tchétchénie, en Géorgie ou en Ukraine. Retour sur 22 ans de conflit armé.

Vladimir Poutine et l'ancien président Dmitry Medvedev lors d'une cérémonie à Moscou, le 23 février 2018.
Vladimir Poutine et l'ancien président Dmitry Medvedev lors d'une cérémonie à Moscou, le 23 février 2018.
Crédit : Yuri KADOBNOV / AFP
Thomas Pierre & AFP

De la Tchétchénie à la Syrie en passant par l'Ukraine, la Russie de Vladimir Poutine a été impliquée dans plusieurs guerres depuis la chute de l'Union soviétique en 1991. Le 24 février dernier à l'aube, après des mois de tensions, le président russe Vladimir Poutine a annoncé une "opération militaire" en Ukraine. En réalité, il s'agit d'une invasion de son voisin inféodé qui sonne comme un nouveau chapitre à 22 ans de pouvoir et de conflit armé orchestré par le maître du Kremlin. 


Fin 1994, après avoir toléré durant trois ans l'indépendance de facto de la Tchétchénie, Moscou fait intervenir son armée pour mettre au pas cette république du Caucase russe. Se heurtant à une résistance acharnée, les troupes fédérales se retirent en 1996. Mais en octobre 1999, sous l'impulsion du Premier ministre Vladimir Poutine bientôt élu à la présidence, les forces russes entrent à nouveau en Tchétchénie. 

Cette "opération antiterroriste" intervient après une attaque des indépendantistes tchétchènes contre la république caucasienne russe du Daguestan et plusieurs attentats meurtriers en Russie, attribués aux Tchétchènes par Moscou. En février 2000, la Russie reprend la capitale Grozny, rasée par l'artillerie et l'aviation russes. Mais la guérilla se poursuit. En 2009, le Kremlin décrète la fin de son opération. 

La "guerre éclair" en Géorgie

À l'été 2008, la Géorgie lance une opération militaire meurtrière contre l'Ossétie du Sud, territoire séparatiste prorusse qui échappe au contrôle de Tbilissi depuis la chute de l'URSS et une guerre au début des années 1990. La Russie riposte massivement en envoyant ses troupes sur le territoire géorgien et inflige en l'espace de cinq jours une cinglante défaite à l'ex-république soviétique. Les combats font plusieurs centaines de morts.


Dans la foulée, le Kremlin reconnaît l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, une autre province séparatiste, et y maintient depuis une forte présence militaire. Les Occidentaux dénoncent une occupation de fait. 

L'Ukraine, déjà, en 2014

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En 2014, après le mouvement pro-Union européenne du Maïdan et la fuite en Russie du président Viktor Ianoukovitch, Moscou annexe la péninsule ukrainienne de Crimée, une annexion non reconnue par la communauté internationale. Dans la foulée, des mouvements séparatistes prorusses émergent dans l'est de l'Ukraine, à Donetsk et Lougansk, régions du Donbass frontalières de la Russie. Deux républiques sont autoproclamées, entraînant un intense conflit armé.


Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les rebelles en envoyant des hommes et du matériel. Moscou a toujours démenti, ne reconnaissant la présence en Ukraine que de "volontaires" russes. Le conflit a diminué en intensité à partir de 2015 et la signature des accords de paix de Minsk. 


Depuis fin 2021, Moscou mène de vastes manœuvres militaires terrestres, aériennes et maritimes autour du territoire ukrainien, positionnant à ses frontières jusqu'à plus de 150.000 militaires. Après plusieurs mois de tensions, Vladimir Poutine reconnaît l'indépendance des deux républiques sécessionnistes et ordonne à ses troupes de s'y déployer. Quelques jours plus tard, le 24 février, le ministre ukrainien des Affaires étrangères évoque une "invasion de grande ampleur". 

Intervention en Syrie

Mais depuis 2015, la Russie est aussi déployée militairement en Syrie en soutien aux forces du président Bachar al-Assad. L'intervention, à grand renfort de bombardements meurtriers et de destructions massives, a changé le cours de la guerre et permis au régime de Damas de remporter des victoires décisives, regagnant le terrain qu'il avait perdu face aux rebelles et aux jihadistes.


Moscou dispose de deux bases militaires en Syrie : l'aérodrome de Hmeimim dans le nord-ouest du pays et le port de Tartous, plus au sud. Plus de 63.000 militaires russes ont servi dans la campagne syrienne.

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