3 min de lecture Syrie

Syrie : un charnier de 42 victimes de l'État islamique découvert à Palmyre

L'armée syrienne a annoncé avoir retrouvé les dépouille de 42 personnes exécutées par l'État islamique, des civils et des militaires. La cité antique a été reprise des mains des jihadistes vendredi 25 mars, après dix mois d'occupation.

L'État islamique a récemment diffusé une vidéo de la destruction du temple de Bel à Palmyre.
L'État islamique a récemment diffusé une vidéo de la destruction du temple de Bel à Palmyre.
Anne-Sophie Blot
Anne-Sophie Blot
et AFP

Après la reprise vendredi 25 mars de Palmyre, cité antique occupée pendant dix mois par le groupe État islamique (EI), l'armée syrienne a annoncé samedi 2 avril avoir découvert un charnier contenant les cadavres de 42 personnes exécutées par les jihadistes. "L'armée a découvert un charnier comprenant les restes humains de 24 civils, dont trois enfants, et de 18 militaires", a affirmé une source militaire syrienne. D'après cette source et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), il s'agit de dépouilles d'officiers et de membres de leurs familles exécutés par l'EI après son entrée en mai 2015 dans la ville. 
Certaines dépouilles ont été identifiées, selon la source qui a précisé que l'armée était à "la recherche d'autres charniers". "L'EI a exécuté en totalité au moins 280 personnes durant son occupation de Palmyre", précise Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Malgré les horreurs de la guerre en Syrie qui a fait plus de 270.000 morts depuis mars 2011, les annonces de découvertes de charniers sont rares dans ce pays.  

Craintes de nouveaux pillages par l'armée

Les hommes de Daech ont également détruit de nombreux trésors archéologiques dans cette cité connue pour ses ruines classées au patrimoine mondial de l'Humanité et surnommée "la Perle du désert". Ils ont notamment mis en scène ces dernières semaines l'explosion des temples de Bêl et Baalshamin, ainsi que les tours funéraires et l'Arc de triomphe.

Mais certains experts craignent de nouveaux pillages par l'armée syrienne. Cheikhmous Ali, un archéologue syrien exilé en France a récemment déclaré à l'AFP : "l'armée syrienne doit prendre ses responsabilités en protégeant le site, or ce n'est pas le cas". Il s'alarme sur le fait qu'aucun archéologue n'est présent sur place pour empêcher d'éventuels pillages par les troupes syriennes, notamment au sein du musée de la ville antique

La population ne revient pas

Près d'une semaine après le départ des jihadistes de Palmyre, la population, estimée entre 50.000 et 70.000 personnes avant la guerre et à 15.000 durant la présence de l'EI, n'était toujours pas revenue. "Les gens ont peur des représailles du régime mais aussi des mines plantées un peu partout par l'EI dans la ville", juge le directeur de l'OSDH. "En plus, de nombreuses maisons ont été aplaties par les bombardements de l'aviation russe avant la prise de Palmyre." 
À 70 km à l'ouest de la cité antique, l'armée bombardait intensément la ville de Sokhné encore tenue par l'EI et que le régime veut reprendre pour sécuriser Palmyre. Le commandement militaire syrien avait affirmé que la région de Palmyre serait la base à partir de laquelle s'étendront d'autres opérations contre l'EI, notamment à Deir Ezzor, située dans l'est du pays, et Raqqa (nord), la capitale syrienne du groupe

Menaces des États-Unis

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Les États-Unis ont promis que le chef de l'EI "paiera pour ses crimes". Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'organisation jihadiste qui a revendiqué de nombreux attentats meurtriers en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, est activement recherché par les Américains qui affirment avoir tué le numéro deux de l'organisation, Abdel Rahmane al-Qadouli. Une coalition internationale menée par Washington mène des frappes aériennes contre l'EI en Syrie et en Irak, parallèlement aux opérations de l'armée syrienne et de son allié russe contre les jihadistes. 

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