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Syrie : "On a oublié les intérêts de la Russie et de l'Iran", dit Mazerolle

ÉDITO - L'éditorialiste revient sur le changement de stratégie diplomatique de la France vis à vis de la Syrie, depuis 2011 et le début de la guerre civile.

Une famille syrienne prise dans les frappes aériennes à Jisreen
Une famille syrienne prise dans les frappes aériennes à Jisreen
Crédit : ABDULMONAM EASSA / AFP
Syrie : "Avec les meilleures intentions du monde, on s'est trompé en 2011", dit Mazerolle
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Syrie : "Avec les meilleures intentions du monde, on s'est trompé en 2011", dit Mazerolle
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Jean-Yves Le Drian était ce mardi 27 février à Moscou pour rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov et aborder la situation en Syrie, notamment celle du fief rebelle de la Ghouta orientale. La trêve humanitaire ordonnée hier par Vladimir Poutine n'ayant pas été respectée aujourd'hui.

Toutefois, le voyage du ministre français des Affaires étrangères était utile, parce qu'on ne peut pas reprocher à la France de déployer son énergie pour tenter de mettre fin à cette situation dramatique que le secrétaire général de l'ONU a qualifié "d'enfer sur terre"

C'est une mission presque impossible, mais qui vaut la peine d'être tentée parce qu'elle est strictement humanitaire et parce qu'elle fait pression sur Vladimir Poutine ; elle le place en face de ses responsabilités, sans pour autant chercher à le défier ou à l'humilier. 

Pourtant, depuis des mois, la France discute avec Poutine et ne fait plus du départ de Bachar al-Assad une condition indispensable, comme c'était le cas auparavant. C'est un changement de stratégie, mais qui a le mérite de prendre en compte les réalités : un principe fondamental à respecter pour être efficace sur la scène internationale.

La Syrie est une mosaïque de populations aux intérêts divergents

Olivier Mazerolle
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Avec les meilleures intentions du monde, on s'est trompé en 2011 et dans les années suivantes. La griserie des Printemps arabes, la pression des défenseurs des Droits de l'homme, le désir de montrer que la France ne se tenait pas du côté des dictateurs, ont fait oublier l'extrême complexité de la Syrie ; ce pays est une mosaïque de populations aux intérêts divergents.

Aussi abominable soit-il, le régime d'Assad avait et a des partisans, en particuliers chez les Chrétiens qui voient en lui un protecteur contre les extrémistes musulmans. On a surestimé la force des vrais démocrates qu'on était bien incapable d'armer, on a totalement oublié les intérêts de la Russie et de l'Iran pour qui la Syrie est une pièce essentielle et qui n'abandonneront pas Assad parce qu'il est la caution légale de leur présence à Damas. 

Pour mettre fin à la guerre, ce qui est la priorité des priorités, il était urgent de reprendre en compte toutes ces réalités

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