2 min de lecture Moyen-orient

Syrie : Moscou échoue à faire stopper l'aide humanitaire dans le pays en guerre

La Russie demandait à l'ONU de faire fermer un point de passage humanitaire à la frontière avec la Turquie. Mais le Conseil de sécurité a refusé, le 10 juillet.

Un camp de réfugiés en Syrie (illustration)
Un camp de réfugiés en Syrie (illustration) Crédit : Delil souleiman / AFP
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Benoît Collet et AFP

La Russie a échoué une deuxième fois à faire approuver par le Conseil de sécurité de l'ONU une réduction de l'aide humanitaire transfrontalière en Syrie, le 10 juillet. L'autorisation transfrontalière de l'ONU, qui permet d'acheminer de l'aide à la population syrienne sans l'aval de Damas, existe depuis 2014 et expire ce même jour.

La Russie, qui juge que ce mécanisme empiète sur la souveraineté de son allié syrien, veut supprimer le point d'entrée de Bab al-Salam, à la frontière avec la Turquie.

Jusqu'à présent, les Occidentaux refusent et veulent conserver cet accès. En janvier, Moscou avait déjà réussi à imposer à l'ONU de réduire fortement le dispositif, de quatre à deux points de passage frontalier et pour six mois contre un an depuis sa création.
 
Pour l'ONU, maintenir le plus possible de points de passage est crucial, surtout face au risque de la pandémie de Covid-19 qui gagne la région. David Miliband, président de l'ONG International Rescue Committee, a dénoncé "un jour noir" pour les Syriens et une "honte".

2,8 millions de personnes sous perfusion humanitaire

"La Russie et ses opposants au Conseil voient ces échanges comme un moyen de gagner des points politiques face à l'autre mais il ne s'agit pas d'un jeu", a souligné Richard Gowan de International Crisis Group, tandis que Louis Charbonneau de Human Rights Watch mettait en garde contre une aggravation "inutile d'une crise humanitaire déjà désastreuse".

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Quelque 2,8 millions de personnes dépendent de l'aide humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie, notamment dans le dernier grand bastion rebelle d'Idleb, selon les Nations unies.

Dans un camp de déplacés d'Idleb, Abu Salem, père de quatre enfants, affirme qu'il est impensable, pour beaucoup de réfugiés qui ont perdu leur maison après neuf ans de guerre, de vivre sans cette aide : "Les Russes nous ont déplacés de nos maisons, nous ont bombardés et nous ont tués. Maintenant, ils sont passés à l'aide que nous recevons."

La guerre en Syrie a fait plus de 380.000 morts et des millions de déplacés depuis le début de la guerre en 2011 avec la répression des manifestations antigouvernementales.

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