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"Sa vie est menacée" : pourquoi la libération de Shelly Kittleson, cette journaliste américaine enlevée en Irak, est si risquée

Shelly Kittleson, journaliste américaine, a été enlevée en Irak mardi 31 mars 2026, probablement par une milice chiite pro-iranienne. Leur montée en puissance dans un pays politiquement fragmenté met à mal ses perspectives de libération.

La journaliste américaine Shelly Kittleson enlevée le 31 mars à Bagdad.

Crédit : AFP

Les coulisses des prises d'otage en Irak, dernier terrain de jeu des Iraniens au Moyen-Orient

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Georges Malbrunot - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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C'est une journaliste américaine très aguerrie qui a été enlevée en Irak mardi 31 mars 2026. Shelly Kittleson travaillait à Bagdad depuis une dizaine d’années, après un passage en Afghanistan. Cette jeune femme frêle mais courageuse et passionnée avait l'habitude de se rendre dans le sud chiite du pays, mais aussi au nord, dans des zones où les djihadistes sunnites se terrent encore. 

Depuis la guerre entre son pays et l’Iran, l'Américaine de 49 ans est devenue une cible pour les milices chiites locales pro-Iran. Ces dernières ont déjà enlevé une chercheuse israélo-russe, restée en détention pendant plus de deux ans jusqu’à sa libération en septembre 2025. 

L’Irak est l’un des derniers pays du Moyen-Orient où l’Iran exerce une réelle capacité de nuisance, grâce à ses relais politico-militaires, pour arracher des concessions à ses ennemis.  

Les milices pro-iraniennes en Irak veulent "copier" le modèle de Téhéran

Même s'ils restent les premiers visés, les Américains ne sont pas les seuls. Dans la nuit du 12 au 13 mars 2026, un soldat français est mort dans une attaque de drone menée par ces factions armées pro-iraniennes. 

L'un de leurs chefs, Abou Alaa al-Oualahi, avait reconnu lors d'une interview à Bagdad en octobre 2019 que lui et ses hommes travaillaient pour les Gardiens de la Révolution. Leur objectif était de copier le modèle iranien en Irak, avec des milices plus fortes que l’État et son armée. 

Ces factions, enrichies par la contrebande de pétrole, pèsent politiquement grâce à leurs ex-membres devenus députés. À cette époque, le chef avait laissé entendre qu'en cas de conflit entre les États-Unis et l'Iran, son groupe prendrait des soldats américains en otage. 

Peu de perspectives pour la libérer

La libération de Shelly Kittleson semble compliquée. Les Américains font la guerre à Téhéran, qui soutient ses milices en Irak. Depuis un mois, les États-Unis ont tué plusieurs de leurs chefs. D’autre part, le pouvoir irakien fragmenté est faible face à la nébuleuse des groupes armés. 

Une opération commando américaine pourrait être tentée pour la libérer, mais elle ne serait pas sans risque. Les preneurs d'otages vont probablement l’utiliser pour exiger de Washington l’arrêt de leurs frappes meurtrières contre les dirigeants de ces milices, faute de quoi la vie de la journaliste serait menacée. Une vidéo prochaine de Shelly Kittleson pourrait nous en dire plus sur les exigences de ses ravisseurs envers les États-Unis.

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