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2 min de lecture
Des Gardiens de la Révolution à Téhéran (Iran), le 10 janvier 2025.
Crédit : Morteza Nikoubazl / NurPhoto / NurPhoto via AFP
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Attaquée par Israël et les États-Unis depuis 28 jours, la République islamique d’Iran tient tête à ses adversaires, pris de court. Une résilience nourrie par un mélange de préparation et de système D. Donald Trump avait pourtant annoncé au début du conflit qu'il durerait "quatre semaines ou moins".
D'abord, le régime s'était préparé. Il était persuadé qu'une nouvelle guerre éclaterait après celle de juin 2025. Téhéran a décentralisé sa défense en une mosaïque de régions autonomes. Chaque commandant se sachant menacé avait désigné un remplaçant, lequel en a fait de même et le suivant aussi.
L'Iran n'est pas seulement dirigé par un seul homme. C'est en réalité un système. Les Gardiens de la Révolution sont un immense réservoir. Ces dernières semaines, ils ont même rappelé des anciens des premières heures de la révolution comme Yahya Rahim Safavi. En Iran, les ministres de la Défense changent, mais finissent par revenir au poste initial.
Mohammad Ghalibaf, par exemple, qui négocierait avec les États-Unis, a été battu à plusieurs reprises à l'élection présidentielle. Mais ce pilote de ligne qui venait en France pour faire valider son permis de pilotage a été remis dans le circuit au Parlement. Bref, comme on dit à Téhéran, "on ne meurt jamais vraiment dans le système iranien".
Ils sont effectivement infiltrés en raison des nombreux assassinats ciblés, mais pas au point que leurs ennemis connaissent d'où les missiles sont tirés. Par exemple, la maison-mère pour la fabrication des missiles était à Partchine près de Téhéran. Elle a été frappée. Mais des succursales enfouies dans la montagne existaient avant la guerre pour la fabrication des drones.
L'Iran a commencé une production de drones armés en 1995, c'est-à-dire 20 ans avant la France. Aujourd'hui, la Chine aide discrètement. Mais surtout Téhéran, sanctionné depuis 45 ans, a rapidement compris que son salut viendrait d'une autonomisation de sa production, grâce à des ingénieurs bien formés, ou encore à des transferts de technologies venant de l'Allemand Siemens et du Français Alstom.
Ils ont fabriqué des centrales électriques et en ont exporté en Irak. Idem dans le nucléaire. Israël a tué des dizaines de scientifiques, mais les universités en forment des milliers d'autres. Finalement, les sanctions étaient un piège, elles ont rendu l'Iran en partie autonome.
La levée de ces sanctions est d'ailleurs l'une des exigences iraniennes dans les négociations qui ont lieu actuellement. Téhéran pensait l'avoir obtenu en négociant son nucléaire en 2015. Mais Donald Trump s'est retiré de l'accord en 2018 et a imposé de nouvelles sanctions. Elles ont d'ailleurs nourri l'effondrement économique, à l'origine des manifestations du début de l'année réprimées dans le sang. Pour un régime jouant sa survie, cette levée des sanctions est tout simplement vitale.
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